Tous les hommes de ma vie #6

Plume et Poésie

Mercredi déjà, l’heure de vous présenter la suite de cette série qui semble parler à beaucoup et plaire à tous. Merci pour votre enthousiasme et vos partages qui me font toujours très plaisir. C’est parti!

Au risque de me répéter, ceci est une fiction…

       Certains hommes m’ont fait tourner la tête. J’étais prête à tout. Pour eux. Le meilleur comme le pire. J’encaissais tout, sans ciller, pour un beau sourire d’eux. Partagée entre désespoir et passion, je perdais mes moyens, ma raison. Tout me paraissait fade sans leur approbation, sans leur présence que j’estimais rassurante, mais qui n’était qu’une façon parmi d’autres de m’éviter de penser à moi et à mes relations dévorantes.

J’ai longtemps cru que c’était ça l’amour. Vivre pour l’autre. Vivre de l’autre. Quelle drôle d’idée ! Comme si le simple fait d’exister en soi ne valait rien. Comme si ma vie sans un autre pour la compléter était vaine et sans âme.

J’ai donc cherché l’amour au mauvais endroit, à chaque fois et j’ai gaspillé des larmes et de l’énergie pour rien.

C’est bien de s’en rendre compte. Cela m’aide à passer à autre chose. Enfin !

          Les hommes filent sans se croiser. Sans me croiser aussi. Sans se retourner. Ils quittent ma vie, sans un aurevoir, sans me dire merci de leur avoir ouvert ma porte, mon cœur, mon lit. Ils se faufilent dans la nuit. Et ne donnent plus signe de vie.

Même adieux déroutants. Même envie de tout foutre en l’air. Chaque fantôme semble me poursuivre, m’intimer l’ordre de ne pas m’en sortir. Je me sens liée corps et âme à ces hommes qui me délaissent.

J’ai cru en crever de leurs silences durs, de leurs non-dits inviolables, de leurs violents regards, qui semblaient me nier, m’intimer l’ordre de les laisser tranquilles, de ne pas chercher à les convaincre, de ne pas essayer de les faire changer d’avis. Ils cherchaient toujours à éviter mes larmes, à éviter me yeux remplis de pourquoi. Ils n’avaient aucune réponse pour moi. Ils avaient fait leur choix.

Au début je les harcelais, je voulais comprendre. Je n’y allais pas de main morte. Je me vengeais à ma façon. Je badigeonnais leur salle de travail de crème chantilly. Je taguais leur voiture la nuit. J’écrasais mes mégots de cigarette sur le sofa quand j’avais encore la clé, quand ils n’étaient pas là. Je me cognais dans tout pour avoir enfin l’impression d’exister. Et je me faisais terriblement mal, sans m’en rendre compte. J’avais l’impression que la vengeance me faisait du bien. Alors qu’elle n’apportait aucun soulagement, aucun repos à mon âme tourmentée, à mon cœur en mille morceaux.

Puis j’ai laissé tomber une fois, deux fois. C’est devenu une habitude. Ils me quittent sans ménagement. Et je déménage souvent par conséquent, histoire d’oublier les souvenirs qui me surprennent entre le salon et la salle de bain, au plus profond de mes draps, qui gardent leur parfum.

Complètement crétin.

Je reviens doucement de cette longue agonie que je m’impose à chaque fois. Leurs voix finissent par se perdre. L’écho de leurs rires aussi. Le souvenir de leurs mains ne laisse plus de caresses décevantes sur mon corps prisonnier de leurs ombres. Je reprends goût à la vie.

Torture. Brûlure. Morsure.

J’ai toujours rêvé d’une vraie rupture, de cris, de larmes, de corps qui se disputent l’espace, de déchirure, de mots qui cognent et se cassent sur le carrelage, de lettres d’amour coups de poing, de coups qui font mal et d’une dernière nuit d’amour, sensuelle, cruelle. Une nuit d’adieu pour tourner la page. Une nuit pour se souvenir que ce n’était pas qu’une histoire comme ça, une aventure de passage pour passer le temps, une histoire sans avenir certain. Une nuit pour s’avouer que ce n’était qu’une histoire de lit confortable, une histoire de peau, un mélange subtil d’envie, de désir, de folie, une histoire pour oublier que le temps passe et que nous n’avons aucun moyen de le retenir.

Une nuit pour tirer un point final.

Au final, je fais la collection de points d’interrogations.

Et je n’ai toujours pas réussi à résoudre une seule énigme.

Suite mercredi prochain

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One thought on “Tous les hommes de ma vie #6

  1. Peut-être pas Tony! Triste constat à 36 ans…
    Peut-être que les hommes et moi ne sommes pas faits pour nous aimer. Qui sait!
    Mais s’il y a une chose dont je suis sûre, c’est que les 2 que j’ai aimé, je les ai aimé VRAIMENT, comme tu dis. Trop sûrement. Trop exclusivement. Le premier m’a quitté sans un mot. Le deuxième, c’est moi qui suis partie, après trop de maux.
    Jamais deux sans trois, c’est ce qu’on dit! L’amour ça va dans les deux sens. On ne peut pas tout donner sans rien recevoir en retour, ou peu, trop peu.

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Un petit mot doux pour la route...

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