La vie qui prend & la vie qui reprend ses droits

Carnets de route

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J’ai lu l’histoire. La sienne. La tienne.

J’ai lu entre les lignes la vie qui s’éteint, la nuit qui prend le pas sur les jours, les nuits d’insomnie, les jours de folie.

J’ai vu ici et là-bas des traces de pas sur le sol, des petits pas orphelins, des cœurs affolés, des mains tendues, des rêves brisés.

J’entends parfois les plaintes, silencieuses, les blessures qui suintent sous les larmes épaisses, les bruits du dehors qui cognent fort dedans.

J’imagine la fièvre qui glace le sang, le sang qui n’irrigue plus rien, la vie qui fléchit, l’amour qui grandit.

Autour des lits, au creux des souvenirs bien ficelés, trop frais, parfois gelés, tant de drames, opaques, tant de sourires pour cacher ce qui peine, le chagrin qui perle, les mots qu’on déverse sur la page blanche, pour oublier qu’on survit, pour chasser le blues des dimanches. Sans elle. Sans eux. Sans lui.

Je les regarde de loin croiser le fer, y croire, se faire violence, avancer, contre le vent. Contre les ténèbres. Partir loin pour mieux revenir. S’effondrer puis grandir.

Je les vois blessés, amputés, exténués. Je les admire, la victoire au bout des doigts, les pieds ancrés dans le sol mouvant des incertitudes du quotidien. Je croise la maladie, la mort, la dépression, la peur, le doute, le chagrin, la santé qui décline, la colère, la honte, le dégout, la séparation.

Au milieu des départs incohérents, des adieux déroutants, un vaste champ de possibles, de rêves qui s’accrochent, de projets qui tiennent chaud, de mains qui caressent l’avenir, le cœur encore un peu fragile.

J’ai lu l’histoire. La sienne. La tienne.

J’ai lu et j’ai souri. Au-delà de tout ce qui nous arrache des cris, la vie se tient, immobile, elle attend son heure, l’heure du pardon, du chagrin qui se tarit, de la colère qui s’apaise, des bleus à l’âme qui s’atténuent, des déchirures qui s’estompent, l’heure des maux qui se dissipent, de la violence qui éclate, de la peur qui s’éloigne. La vie nous prend par la main, fidèle. Et nous la suivons, certains que d’heureux lendemains nous attendent, que demain porte en lui tous les espoirs, de nouvelles chances.

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24 thoughts on “La vie qui prend & la vie qui reprend ses droits

    1. C’est plutôt la tristesse des autres qui m’émeut Tony – j’ai l’impression qu’elle me dit de saisir chaque seconde de la vie, de m’émerveiller de chaque mot magique.
      Je t’embrasse et douce soirée à toi.

      Liked by 2 people

      1. La sienne, oui, j’aime pas quand l’amour fait mal. Et puis celle de tous ces autres que je lis ici et là, les sourires forcés, les larmes ravalées, les deuils (surtout ceux qui sont contre nature – la mort d’un enfant par exemple), le chômage, la pauvreté. J’ai l’impression d’être à l’abri Tony. Alors je peux partager un peu de ce qui me touche…

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  1. Comme toujours tes mots sonnent justes Marie, la vie finit toujours par reprendre ses droits . Mais parfois elle met du temps et l’impatience nous gagne 🙂 Bonne soirée Marie Bisous

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  2. Ton texte est beau et émouvant…
    Une vie qui s’en va est toujours triste, mais c’est un éternel recommencement. La graine ne meurt-elle pas un peu pour donner la vie à une plante?
    Gros bisous Marie

    Liked by 1 person

    1. Rachel, tu as raison. La vie, la mort, tout est un cycle qu’il faut accepter. Même si dans certains cas le départ est plus compliqué, douloureux, délicat.
      Je t’embrasse et te souhaite une douce journée.

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Un petit mot doux pour la route...

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