Accepter ses failles pour naître soi…

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Il y a longtemps eu en moi cette force tantôt passionnée tantôt destructrice qui me poussait à bout, me faisait perdre me repères avec un mot. Le trop plein accumulé prenait des allures de folie quand mon corps tout entier ne pouvant plus contrôler mes pulsions se déchirait de tout son long dans un cri. Aigu. Je ne maîtrisais plus rien. Les digues explosaient et ma douleur s’étalait aux yeux de tous, plaie à vif.

Il y a longtemps eu en moi cette peur de pouvoir le meilleur comme le pire, de ne pas réussir à être heureuse, de me complaire dans mon état tantôt euphorique, tantôt accablé. Toute la beauté du monde pouvait me donner des ailes. Puis la noirceur du monde pouvait m’entrainer dans sa chute en un quart de secondes, sans que je ne puisse faire cesser cette descente infernale.

Il y a longtemps eu en moi l’envie qu’un combat s’impose, que ma vie devienne importante. Je voulais me battre à mains nues. Je prenais sur les frêles épaules toute la misère du monde. Je portais les chagrins, les regrets de générations avant moi. Comme si j’avais le pouvoir de tout transformer. Je ne supportais plus l’univers ouaté dans lequel j’avais baigné enfant. C’est pourtant lui qui m’a donné les bases solides qui m’ont un jour permis de rebondir, de remonter à la surface, de marcher à nouveau pieds nus sur l’asphalte brûlant. Sans crainte.

Il m’a fallu connaître et reconnaître ma fragilité, ma part d’ombre. Il m’a fallu du silence pour écouter parler mon cœur. Il m’a fallu une photo de petite fille pour me donner tous les courages. Il m’a fallu faire face à la douleur du monde et accepter son existence, mon impuissance à la faire cesser, pour savoir que ma souffrance ne servait à rien, qu’elle n’était ni un moteur pour moi, ni pour les autres, que ma souffrance n’avait d’autre but que de me séparer du monde.

Je ne me détruis plus. J’assume mieux mes doutes, mes failles, les creux d’ombre et le mystère qui entourent parfois celle que je suis. Et cette année j’espère pouvoir me livrer davantage ici, lâcher prise et oser ces mots qui frappent avec insistance contre la paroi de mes rêves, mais que je ne laisse pas sortir. Une histoire de peur et de morale mal placée. J’espère pouvoir les dépasser…

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28 thoughts on “Accepter ses failles pour naître soi…

  1. Pimoussekarine says:

    Coucou,
    Magnifique article rempli d’espoir. Je souhaite que pour 2017, tu arrives à faire ce que tu as envie. C’est rigolo, j’ai décidé également de me livrer plus sur moi-même, sur le blog.
    Vais-je y arriver? Je l’espère…
    Plein de bisous et douce soirée.

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  2. Isabelle Rouet says:

    Coucou Marie,
    Je t’admire de si bien réussir à te connaître, à te regarder en face. Je ne pense pas que beaucoup de gens aient le courage de vouloir reconnaître leur part d’ombre, de doutes… Toi tu le fais, et tu avances. Je ne suis pas un exemple, je pense aussi avoir mon côté bi-polaire, jai peur d’un peu trop creuser, la frivolité comme rempart à la terrifiante absurdité du monde, mais on est comme est, et finalement je pense qu’il faut toute une vie pour être soi 🙂
    bisous et continue à nous “éclairer” par tes textes, tu arrives à exprimer des choses pour les autres, c’est pas rien 😉

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    • Marie Kléber says:

      Coucou Zabou, toi et moi on se connait depuis longtemps et pourtant ce n’est que récemment que j’ai réussi à parler un peu plus de moi, sans imaginer ce que les autres allaient pouvoir penser de moi, de ce que je racontais. Toi tu as toujours été transparente, tu parles beaucoup mais je pense que c’est sain. Pour toi. Pour nous aussi. J’ai toujours vu ça comme une force. Parfois c’est compliqué d’aller voir profondément en soi, on y voit des choses qui peuvent nous troubler et nous faire perdre nos repères. Y aller à tâtons, prendre son temps. Tu as raison, c’est l’histoire d’une vie. On touche parfois du doigt quelque chose et puis il nous faut plusieurs années pour faire nos deuils.
      Merci pour tes encouragements ma belle. Je t’embrasse bien fort.

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  3. Rozie & Colibri says:

    J’espère que tu vas pouvoir les dépasser Marie. J’aimerais beaucoup lire ces mots qui frappent les parois de tes rêves (c’est tellement joli).
    Tu apprends à ne plus te faire souffrir, tu as compris que ta souffrance n’aiderait personne et ne serait jamais utile .. C’est déjà beaucoup ! Un long chemin.
    Tu es pleinement consciente que ce que tu as été, tu as pensé à toi, tu t’es réfléchie … Et tu avances.
    C’est chouette !

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    • Marie Kléber says:

      Merci beaucoup Rozie. Pendant longtemps j’ai reproduis un schéma familial compliqué. Maintenant tout ça n’est pas encore totalement derrière moi mais j’arrive à m’en détacher.
      Tes mots me touchent et m’ouvrent encore quelques portes. Belle et douce continuation à toi aussi.

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  4. mVmHmE says:

    Tu ne peux pas savoir à quel point tes mots trouvent écho en moi ce soir, précisément. Mes peurs me freinent, mes doutes aussi jusqu’au moment où j’envoie tout promener d’un geste de la main. L’instinct de survie, sans doute. Les questions font partie de la vie, meme si elles se font souvent trop envahissantes.
    Je te souhaite d’atteindre tout ce que tu souhaites, de devenir celle que tu veux être et de réaliser tes rêves.
    Je t’embrasse

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    • Marie Kléber says:

      Je te remercie pour tes mots Elodie et suis heureuse si mes mots t’apportent une lueur d’espoir ou un peu de paix. les questions nous font avancer mais elles sont parfois handicapantes quand on leur laisse trop de place, quand aucune réponse ne semble nous satisfaire.
      Je te souhaite à toi aussi des tonnes de rêves à dessiner. Tu en as l’énergie et tu as une passion en toi qui te portera toujours j’en suis sûre.

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  5. brooklyn37 says:

    Je suis d’accord avec les filles ci-dessus (bravo à elles en l’occurrence), c’est magnifique ce que tu as écris là, je suis vraiment très fier de lire un si bel article et de garder en moi ce goût sucré, comme si c’était un bonbon sucré (style fraise Tagada)…Marie, tu es belle dehors comme dedans…Et puis je voulais que tu saches que les conseilleurs sont les mauvais payeurs, finalement c’est toi qui est totalement dans le vrai !
    Bravo, tes mots ont fait “mouche”…
    Je t’embrasse
    Tony

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  6. Pidiaime Piwo says:

    Prends ton temps Marie, se découvrir à travers les mots n’est pas toujours chose aisée. Gérer sa souffrance, l’appréhender, la cotoyer, tout cela est si dur, nous n’en sommes pas tou·te·s capable, et j’admire le travail que tu fais là-dessus.

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    • Marie Kléber says:

      C’est très vrai Cléa, même si les mots nous aident à dépasser nos blocages, doutes, angoisses, peurs, questions incessantes.
      Le travail sur soi est un travail de tous les instants mais quand on se voit avancer, quelle belle victoire!

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  7. una idea says:

    Coucou Marie, le fait que tu écrives “il y a longtemps”, comme une histoire que l’on raconte, me fait penser que le présent qui s’ouvre à toi aujourd’hui va être différent, car tu es une autre aussi… Une belle renaissance qui s’annonce 🙂
    Gros bisous à toi ! et tes mots qui parlent de toi et sonnent si justes sont aussi un écho qui permet de réfléchir à soi…

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    • Marie Kléber says:

      Tout à fait Una Idea! Comme si j’avais eu une vie avant, qui n’avait rien à voir avec celle que je vis. Comme si j’étais deux personnes différentes. C’est étrange parfois. Et tellement bon le reste du temps.
      Je t’embrasse et merci pour ta fidélité. Doux weekend à vous 4.

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  8. Aileza says:

    Souvent tes textes sont des bijoux et celui-là plus que les autres…
    Je te souhaite d’arriver à dépasser ta peur. Tu as déjà parcouru un beau et long chemin, nulle doute que tu y arriveras. Quant à la morale mal placée… ce n’est qu’une prison dressée par des personnes qui n’ont qu’un passe-temps, le jugement. Ne t’occupe pas de leur regard, dis-toi que quoi que tu fasses, elles trouveront toujours à redire.
    Alors ose et sois toi même.
    Bises ❤

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  9. sweetiejulie says:

    Tu dois savoir à quel point tes mots deviennent les miens dans ce processus que tu décris. Être sur le chemin de la guérison, du pardon, c’est accepter de s’affronter avec bienveillance, de changer son regard de soi à soi pour une meilleure vie intérieure. Paraitre faible un temps et accepter sa vulnérabilité, c’est aussi devenir plus fort, se connaître mieux pour se faire confiance et pouvoir cheminer avec plus de sérénité.
    Chacun gère la souffrance à sa façon, le tout étant de réussir à se recueillir pour se recentrer, pour aller de mieux en mieux et ne pas s’y enfermer. Et personne ne peut juger les émotions par lesquelles nous passons, personne ne peut non plus invoquer la morale alors que les actes dont nous sommes victimes sont eux-mêmes immoraux !
    N’aie pas peur face aux ombres qui parfois t’envahissent, laisse la lumière qui vient de ton coeur y faire face. Et surtout tu sais que nous sommes là si tu as besoin d’exprimer tout ça. Nous ne jugerons pas.
    Je te souhaite de continuer à avancer sur ce chemin de la réconciliation et de la renaissance. Tes rêves vont grandir, tu vas t’épanouir et tu pourras alors les réaliser avec douceur et amour. Je t’embrasse avec beaucoup de tendresse.

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    • Marie Kléber says:

      Justement Julie j’avais choisi le mot BIENVEILLANCE en 2016 et je dois dire que ce mot m’a énormément apporté.
      C’est étrange cette impression d’avoir habité le monde des ténèbres pendant longtemps et d’aujourd’hui de pouvoir apprécier la lumière. Belle, généreuse, authentique!
      Merci pour tout et tout ce que tu partages avec tant d’amour. Je t’embrasse bien affectueusement.

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  10. ptitedelph says:

    Tes mots sont touchants, comme d’habitude et ils font preuve d’une immense maturité pour arriver à connaître ce fond de soi aussi bien. Je te souhaite de pouvoir te livrer autant que tu en auras envie et besoin. De gros bisous ❤

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  11. missfujii says:

    Derrière chaque défaut se trouve une qualité. Tout l’art consiste à développer et à canaliser cet aspect de sa personnalité pour qu’il devienne un atout majeur. Il convient effectivement de d’abord l’accepter pour pouvoir ensuite le transformer ! Nos défauts sont à considérer comme autant de miroirs auxquels il nous appartient de donner sens. Plus ils nous dérangent, plus ils sont le signe qu’une lutte a lieu dans votre inconscient, à votre insu. Il faut donc négocier avec eux de manière à ce qu’ils ne captent plus toute votre énergie. Rien de mieux qu’une métaphore pour stopper ce processus… Un porteur d’eau avait deux jarres. L’une était parfaite et l’autre percée. La jarre abîmée culpabilisa et se plaignit au porteur de ne lui permettre de ramener que la moitié de son contenant à destination. L’autre jarre, parfaite, était fière d’elle. Le porteur fit alors remarquer que, sur le chemin, du côté de la jarre percée, des fleurs poussaient régulièrement, ce qui n’était pas le cas de l’autre côté…

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Un petit mot doux pour la route...

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