Dans l’enfer Syrien…

509899

Texte original écrit en juin 2014 – 2 ans et demi après, la réalité dépasse l’entendement. Ne baissons pas les bras, ne laissons pas la haine prendre le dessus, continuons à élever nos voix pour que ce massacre cesse, luttons envers et contre tous pour la PAIX.

Sous les ruines, l’enfer se devine mais ne s’imagine pas, de crainte de voir les fantômes revenir sur les lieux du drame. Dans les rues commerçantes ravagées, les rires des enfants divisent le silence de plomb qui s’est abattu sur la ville depuis le commencement des hostilités. D’un côté l’espoir et l’envie de reconstruire. De l’autre, la terreur ancrée dans les yeux des survivants, écartelés et divisés.

Les maisons ne tiennent debout, que par le biais de minuscules blocs de béton reliant le bas avec le haut, l’avant avec l’arrière. Ceux qui sont revenus, cherchent ici et là des restes du passé, des souvenirs éparpillés et à moitié bouffés par les rats, qui ont fait de ces décombres leur terrain de chasse privilégié.

La route principale est jonchée d’ordures. Les enfants y jouent pieds nus, insouciants, comme si la guerre ne pouvait les atteindre. Ils ne regardent pas en arrière. Ils ne regardent pas l’avenir. Ils sont figés dans le présent, comme des statues de glace.

Les adultes font des va et vient entre le monde qu’ils ont quitté et celui qui leur fait face. Il y a quelques années, ils étaient pauvres mais ne se plaignaient de rien. Ils allaient travailler, gagner ce qu’il fallait pour vivre, pour nourrir leur famille. Ils ne demandaient rien d’autre. Ils n’enviaient personne. Aujourd’hui, ils n’ont plus rien. Ils se demandent comment ils vont tenir jusqu’au lendemain.

Ici et là, on croise des cadavres d’animaux, des restes de vaisselle ébréchée, portant les initiales d’une famille, dont il ne reste plus qu’un parent fatigué. Les carreaux des fenêtres ont été soufflés par les explosions à répétition. On les a remplacés par des bouts de tissus, des morceaux de cartons, récupérés au hasard.

Quand le soleil se couche, la ville se dresse dans le ciel noir, meurtrie, blessée dans sa dignité royale. De sa splendeur d’antan, il ne reste que des ruines grises, des maisons éventrées et offertes en pâture aux pillards de passage. Ses habitants ne sont plus que des ombres folles, qui se remémorent le passé et font fleurir la vie au milieu des décombres, pour ne pas sombrer ni mourir avant l’heure dite.

Au loin, les drapeaux du régime n’en ont que faire. Ils sont toujours debout. Ils sont le symbole d’une toute-puissance destructrice, qu’aucun pays ne se sent prêt à combattre. Il y a longtemps que la vie des Hommes ne fait plus le poids face au pouvoir et à l’argent.

Crédit Photo – Khalil Ashawi

Advertisements

8 Comments

  1. Catwoman says:

    La vie humaine a t’elle un jour fait le poids face au pouvoir et à l’argent ? On n’évolue pas, on ne grandit pas, on ne progresse pas …
    C’est un très beau texte

    Like

    1. Je me le demande aussi Catwoman…on le voit tous les jours chez nous et ailleurs. C’est révoltant!
      Mille merci.

      Like

    2. La Carne says:

      je pense qu’elle n’a et ne fera jamais le poids. Nos vies sont trop chères pour le peu qu’elles rapportent…

      Like

  2. Rachel says:

    Les images me fendent le coeur à chaque fois, c’est juste inhumain 😥

    Liked by 1 person

    1. Les images sont atroces Rachel. C’est difficile d’imaginer que des personnes vivent un tel enfer. Pourtant cet enfer certains le vivent ici, chez nous, la guerre en moins.

      Like

  3. marino says:

    On sent ta sensibilité à fleur de peau dans ce texte, continue d’écrire

    Liked by 1 person

  4. sweetiejulie says:

    C’est si dur ce qui se passe en Syrie, tellement inhumain… un vraie folie que rien ne semble pouvoir arrêter, en raison des enjeux géopolitiques, et des manipulations qui nous font croire que dans ces hommes, femmes et enfants qu’on assassine, il y a forcément DAESH et le risque du terrorisme.
    Ton texte est magnifique, bouleversant… Merci ❤

    Liked by 1 person

Comments are closed.