Le Blues de la Parisienne

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Je vous ai déjà dit que j’aimais Paris. Je n’ai pas toujours aimé Paris. Je n’aimais pas quand je n’y vivais pas. Paris me faisait peur – trop peuplé – trop grand. Depuis que j’y vis, j’aime. J’aime Paris qui vibre, Paris qui bouge, Paris qui aime. Paris est belle et audacieuse. Paris m’inspire, Paris respire. Paris me donne des ailes. Paris me guide et m’offre de belles découvertes. Paris m’a manqué pendant que je vivais ailleurs. Paris m’a toujours accueilli avec le sourire. Paris m’offre de jolies heures, de belles balades au gré de ses jardins et musées. Même quand Paris a peur, j’aime Paris.

Je ne suis pas une râleuse. Même quand Paris fait la tête, j’arrive à me souvenir de ce qui fait mon bonheur. Pour beaucoup Paris va vite et Paris court. Je n’adhère pas. Je prends Paris comme elle vient, quand je peux. Je ne me laisse pas happer par ses folies passagères. Paris m’envoute et sait me faire rire. Paris semble parfois hors du temps. Et le temps la rattrape, laissant mon cœur un peu plus triste, mes rêves un peu plus fades.

Mais hier dans le métro, serrée comme une sardine dans une boîte trop petite, j’ai eu un peu le blues. J’ai ressenti comme une envie d’être loin de Paris, loin de cette foule compacte qui chaque soir découvre à son grand désespoir, qu’une ligne de métro est bloquée : accident voyageur, colis suspect ou accident d’exploitation. Les mines joyeuses perdent de leur assurance et chacun regarde avec frénésie l’écran de son téléphone ou les panneaux du réseau, pour choisir en quelques secondes top chrono l’itinéraire le plus sûr pour arriver chez soi sans perdre son temps ou son reste de bonne humeur.

J’aime Paris et parfois j’aime aussi le métro. Pas tous les jours. Pas hier soir. Pas quand les trains sont en retard. Pas quand Paris crie, pousse, s’escrime à se frayer un passage, m’intimant l’ordre de ne rien dire, de bloquer ma respiration jusqu’à la prochaine station, croisant les doigts pour que rien ne vienne ralentir la difficile progression des rames vieillissantes. Pas quand un énième colis suspect sème le doute dans nos esprits encore un peu traumatisés, surtout si l’annonce se fait un vendredi soir, non loin d’un quartier endeuillé.

J’aime Paris même la nuit. Mais aujourd’hui je rêve de moins de frénésie, d’un endroit calme pour me ressourcer, d’un coin de paradis près de la mer, dans la maison de mon enfance, un coin tranquille pour reprendre des forces. Avant de retrouver Paris, vivifiante et amoureuse, comme au premier jour !

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29 Comments

  1. Rachel says:

    J’aime beaucoup Paris moi aussi, même si je ne trouve pas toujours folichons les trajets en métro!
    Je préfère de loin le bus, malgré les risques de bouchon, pour encore plus profiter de la beauté de la ville, surtout avec les illuminations 🙂
    Bisous Marie

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    1. Je te rejoins Rachel, le bus c’est toujours l’assurance de passer un bon moment – et oui une façon aussi de découvrir Paris sous un nouveau jour.
      Je t’embrasse et te souhaite une belle et douce journée.

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  2. zenopia says:

    Je ne suis pas fan de Paris, j’avoue… Nous avons des amis qui y vivent et nous pourrions y aller souvent mais bon, non… je crois que tout me semble y aller trop vite…
    Bisous Marie

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    1. C’est ce que tout le monde dit Cécile. Je crois que j’aime cette ville car je ne m’y sens jamais seule…
      Grosses bises et merci pour ton petit mot ici.

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  3. ellea40ans says:

    J’aime Paris mais je n’aime pas y être sous terre. Bonne journée à toi Marie

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    1. Je te comprends Stéphanie! Je crois que le métro m’a toujours attirée…et maintenant c’est l’escargot qui fait la danse de la joie quand on le prend!
      Douce journée à toi aussi.

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  4. Marie says:

    Ce doit être une ville passionnante, mais on doit s’y sentir parfois oppressé(e), dépassé(e), compressé(e)… Encore une question d’équilibre !

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    1. Parfois seulement! Pour ma part j’ai l’impression de prendre le meilleur et de laisser le reste de côté Marie et je suis heureuse d’avoir ce choix…
      On en revient à l’équilibre, le centre de tout, toujours!!

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  5. Catwoman says:

    J’ai des sentiments ambivalents pour Paris. Je sais que je ne pourrais y vivre car trop de monde pour moi, trop de stress, le métro, très peu pour moi. Mais y aller, une fois de temps en temps, comme l’autre week-end, oui, j’aime bien.

    Bises ma belle

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    1. Je comprends ma belle. Paris fait toujours un peu peur je crois. J’avais peur aussi quand je la voyais de loin. J’y passais quelques semaines par an et je me disais que je ne pourrais jamais y vivre. Et puis j’ai fais un pas vers l’inconnu et ce pas m’a libérée! Heureuse que tu ai apprécié en tous cas ton séjour Parisien! Grosses bises et belle fin de journée.

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  6. Aileza says:

    Je suis comme toi, tiraillée entre ma fascination pour cette ville et l’exaspération qu’elle provoque parfois chez moi. Je passe par des phases de rejet total pour après me dire que je ne pourrais vivre nulle part ailleurs… Va comprendre. ça s’appelle la passion, je crois 😉

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    1. Je crois que tu as raison. C’est un peu “je t’aime moi non plus” parfois Aileza…
      Je crois que je ne pourrais vivre ni sans Paris ni sans la mer. Du coup je partage mon temps entre les deux et chacune m’apporte ce dont j’ai besoin ou envie!!

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  7. Rozie & Colibri says:

    Si tu ne connais pas la chanson, écoute “Paris” de Camille. C’est ce que m’évoque ton texte. 🙂

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    1. Je vais partir découvrir cette artiste! Merci Rozie

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  8. Sophie says:

    J’aime Paris. Etant étudiante, je revais d’y habiter, mais ce n’était pas dans mes moyens 🙂 Donc je vis en banlieue et quand je vais à Paris c’est juste pour le plaisir, les sorties, les visites etc… La banlieue par contre je commence à saturer mais il y a mon boulot… j’attendrai la retraite pour profiter d’autres lieux plus apaisants

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    1. Beaucoup de parisiens sont attirés par la banlieue Sophie! Moi je ne me verrais pas y vivre. C’est vrai que Paris est cher! Dommage car vivre en son coeur doit être un privilège dont je ne pourrais me passer je crois. Où te vois tu vivre dans quelques années?

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      1. Sophie says:

        Au bord de la mer et pas trop loin de la montagne pour profiter des deux plaisirs. 🙂

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        1. L’équation parfaite!!

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  9. escarpinsetmarmelade says:

    J’ai écrit le pendant de ton billet, il y a quelques temps, justement sur la nostalgie que je ressens, maintenant que je suis loin de Paris. Comme toi, j’aime tout dans Paris, le jour, la nuit, le soleil, les jours de pluie, et même le périphérique… Tout ce qui fait que c’est une ville qui vibre, qui vit, qui aime comme tu dis… Et ça me manque beaucoup….

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    1. Comme je te comprends ma belle! Après tout dépend aussi de la vie que l’on mène et de nos priorités. Mais pour le moment je m’y sens pleinement bien et je ne me vois pas la quitter. Je t’envoie plein de pensées ensoleillées.

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  10. Je n’ai jamais vraiment aimé Paris, les grandes villes ne m’attirent pas plus que ça. Si je me suis sentie tout de suite bien à Bordeaux, c’est aussi parce que sa taille est raisonnable.
    Cela dit, la dernière fois que je suis allée à Paris, j’ai découvert le quartier de Saint Germain des Prés, et je dois reconnaître qu’il m’a séduite (même si je ne suis pas très objective car c’était le quartier de Boris Vian). À deux pas de Notre Dame, je le trouve très sympa.

    Pour le métro, malheureusement, tu dépends de ses aléas… Un des meilleurs aspects de mon travail à domicile c’est de ne plus avoir à subir les transports en commun du matin, et c’est un soulagement immense. Cela dit, quand je prenais le train tous les jours, j’essayais de ne pas me formaliser des retards ou suppressions, car je n’avais aucun pouvoir dessus et m’énerver contre ça aurait été de l’énergie gâchée.

    Je pense que pour aimer Paris il faut avoir beaucoup de patience !

    Et si tu ressens le besoin te t’échapper auprès de la mer, je ne peux que te conseiller d’écouter cette envie (ne serait-ce que pour un week-end). L’eau apaise.

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    1. Ah St Germain des Prés c’est presque un mythe! Justement c’est ce qui me plait à Paris, plein d’endroits différents et parfois quelques bulles “dépaysantes” qui donnent l’impression d’être ailleurs. Je comprends que la ville puisse impressionner, par sa grandeur justement.

      Parfois je me dis aussi que j’aimerais pouvoir me passer du bus et du métro. Mais j’ai appris à les aimer, pas tous les jours, et je me surprends parfois à apprécier la foule qui m’inspire quelques chroniques, histoires loufoques.

      Je pars me ressourcer dans une semaine. L’air de la campagne et de la mer vont me faire le plus grand bien Pidiaime. Merci et douce semaine à toi!

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  11. Isabelle R. says:

    J’avoue : je ne pourrais pas vivre à Paris! C’est super d’y aller pour un week-end, mais c’est trop grand, trop bondé, trop cher, trop tout quoi 😀
    Angers c’est la plus belle ville du monde, mais je dis ça, je dis rien 😉
    en plus la mer est à 1H30 de route!!
    Le climat est idéal, il n’y a pas de pollution.
    Tu devrais déménager, comme ça on serait voisines 🙂
    bisous

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    1. Et bien te voilà pleinement Angevine Zabou!
      Je ne suis pas contre être voisines – mais j’aurais du mal à quitter Paris! Si il y a une ville dans laquelle je me plairais je pense, c’est Lyon – Ce qui nous éloigne davantage!!
      Bises et bonne dernière semaine d’école.

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  12. La Carne says:

    Paris m’a toujours manqué… il m’a manqué avant que je n’y habite, de temps où je l’idéalisais… je n’ai pas été déçu. Il a été pour moi synonyme de liberté et possible. Il m’a manqué quand nous l’avons quitté pour l’ile. Il me manque encore quand nous y passons une journée et que nous le quittons… mon ventre se noue à chaque fois. Malgré tous ces défauts (l’amour ne m’a pas rendue aveugle), Paris ne m’a jamais déçue. 🙂

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    1. Je comprends chaque mot. Je crois qu’entre Paris et nous, c’est soit une belle histoire d’amour, soit un “jamais”!!
      Merci La Carne – pas d’envies de s’installer sur Paris?

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      1. La Carne says:

        j’en rêve. J’espère que nous y retournerons une fois que les enfants auront quitté le nid! 🙂

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  13. ptitedelph says:

    Je te comprends, j’ai souvent la même sensation avec Marseille et pourtant qu’est ce que je l’aime ma ville d’adoption, mais parfois tout est de trop. Trop de bruit, trop de puanteur, trop de gestes violents et j’ai besoin de me rappeler ce qui me fait aimer Marseille. J’ai la chance de pouvoir me ressourcer chez mes parents qui habitent un village. C’est comme un équilibre, parce que Marseille peut vite me manquer aussi. Je suis indépendante ici, côté transports, là-bas chaque déplacement est dépendant d’eux et je ne veux pas toujours les embêter évidemment. Et ici, après avoir dépassé les transports en commun qui sont ma hantise (même si j’ai une préférence pour le métro. Le bus, je n’ai aucun équilibre et suis souvent suspendue à une barre à contracter tout mon corps et à essayer de survivre aux odeurs corporelles), je sais que je peux me retrouver au calme. A nos villes qu’on aime, mais qui parfois nous épuisent les nerfs ❤ J'ai honte de dire que je n'ai jamais vu Paris, mais je n'en entends pas toujours parler en positif du coup j'ai du mal à me faire une véritable image, du coup ça fait du bien d'entendre aussi malgré tout qu'on peut l'aimer, ça change des "j'aime pas Paris" ^^ Une amie marseillaise a été mutée il y a quelques années, un jour, j'arriverai peut-être à venir qui sait :/

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    1. Oui Delphine, il faut trouver le juste milieu. J’imagine que Marseille doit aussi vivre à 100 à l’heure. Ce que j’aime aussi à Paris c’est la banlieue pas loin et beaucoup de parcs. Parfois on s’éloigne une journée et on a l’impression d’avoir quitter Paris un weekend entier! Tu sais avant de venir à Marseille, cette ville aussi me faisait peur. Comme quoi il faut voir et puis ensuite se faire son idée. Tout n’est jamais entièrement noir. J’espère que 2017 nous offrira une belle occasion de nous voir en vrai Delphine! Je t’embrasse bien fort et merci.

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