Harcèlement scolaire – Briser la loi du silence

Ca commence doucement, par vague puis ça prend des proportions impressionnantes et ça démolit, ça brise, ça tue aussi parfois. Hier soir France 3 proposait une soirée film et débat sur le harcèlement à l’école.

Le film, dur et émouvant, montrait le parcours d’une jeune adolescente de treize ans, qui a vu sa vie basculer en quelques mois (brimades, insultes, cyber-harcèlement), jusqu’à mettre fin à ses jours et de celui de ses parents, qui se battent aujourd’hui pour toutes celles et ceux qui souffrent de ce harcèlement en silence, derrière les murs bétonnés de leur école, collège ou lycée.

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16 thoughts on “Harcèlement scolaire – Briser la loi du silence

  1. C’est terrible ce genre de chose. Mes enfants sont à l’école Anglaise. Ils sont super sensibilisés par ce problème. A la maison, je les mets en garde contre ce que j’appelle l’effet de groupe. Ce que l’on se permet de faire en groupe que l’on ne ferait jamais seul. Je leur demande de faire attention a ce qu’ils font avec leurs copains et de ne pas faire des choses qu’ils ne feraient pas en étant seul. C’est tellement lâche et moche de se liguer contre quelqu’un. Je pense que nos enfants ne sont pas bêtes, il faut leur parler les sensibiliser. Je suis sure que cela peut éviter des vies brisées. Merci pour ce bel article. Bonne journée.

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  2. C’est une situation qui fut longtemps tabou ! 😦 Les réseaux sociaux l’ont amplifiée mais permet aussi de voir qu’elle existe ! Ne jamais passer sous silence ce genre d’agression et être vigilant ! Merci pour ce billet Marie 🙂 Belle journée Bisous

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  3. La première fois que j’ ai parlé à ma mère du harcèlement d’un enfant et du fait qu’il me frappait (j’ai mis du temps), ma mère s’est déplacée jusqu’au gamin, à la sortie des classes. Nous étions en Primaire, ma mère a terrorisé le gamin qui me terrorisait (ma mère faisait peur à tout le monde), et la réaction qui a suivi fut particulière pour moi : l’intégralité de l’école a eu pour consigne (qui l’a donnée ?) de ne plus m’adresser la parole (meilleure amie comprise). J’ai donc été mise à ban de l’école, j’en ai profité pour lire tranquillement pendant les récrés (c’était à la fois dur, et simple. Vraiment particulier) ; j’y ai perdu ma première meilleure amie (dans les faits, ce n’est pas plus mal, vu la réaction ^^). C’était une école qui avait une seule classe par niveau, ça donnait sans doute une sensation de “village”.

    Au collège, deux autres enfants m’ont tabassée, et ça s’est installé dans le temps (j’espérais que ça s’arrêterait tout seul). Cette école-ci avait 5 à 6 classes par niveaux, je me suis donc préparée psychologiquement à ce que toute l’école ne me parle plus et je suis allée voir ma mère, qui cette fois, a téléphoné aux parents concernés. J’ai su plus tard que l’un deux était battu par son père, et avait à cette occasion pris une raclée. Les quelques amis de ces enfants m’en ont voulu, mais cela s’est arrêté là. L’école était trop grande pour se sentir concernée par ce fait plutôt individuel, il n’y a pas eu de conséquences, les choses se sont arrêtés là.

    Parler, dans ces deux cas précis, m’a servi 🙂

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  4. J’ai vu ce film, hier soir, Marie. Il m’a bouleversée. Surtout que je l’avais pris en cours sans savoir de quoi il s’agissait et que je ne m’attendais pas du tout à cette issue tragique. Je ne m’attendais pas à ce que “ça” aille aussi loin ! Je ne savais pas que c’était tiré d’un fait réel dramatique. Je croyais que Marion allait finir par en parler à ses parents et que tout serait rapidement résolu. Et c’est bien ça, le problème, apparemment. On n’imagine pas que le harcèlement puisse aller aussi loin ni que les victimes puissent se taire aussi longtemps, et encore moins aller jusqu’à mettre fin à leurs jours. C’est atroce. Tu as tout à fait raison, Marie. Il faut absolument en parler.

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  5. Coucou Marie, en réponse à tes questions… je te cite “En accompagnant les jeunes victimes et les agresseurs aussi.” Très juste! J’aime que tu inclues les “agresseurs” aussi parce de n’aborder qu’une part de cette interaction “malsaine/douloureuse” ce n’est pas une solution. Il faut responsabiliser chaque partie: celui qui agresse et qui doit l’admettre et puis creuser plus loin quant au pourquoi… et celui qui subit et qui participe (à sa façon, inconsciente) à cette dynamique et creuser avec lui son pourquoi aussi (pour qu’il puisse s’exprimer, se réaffirmer, retrouver sa force d’être en pleine confiance/conscience et amour de soi)
    Plein d’amour pour toi et l’enfant que tu as été 🙂

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  6. Bonjour,
    Je suis professeure. Je n’ai pas regardé le téléfilm hier.
    Je connais néanmoins la situation et les circonstances du drame raconté dans ce film. Mon commentaire n’a nullement pour but de remettre en question votre article. En tant qu’enseignante (et en tant qu’individu, tout simplement), je suis très sensible aux problèmes de harcèlement (j’ai d’ailleurs ce matin réfléchi avec mes élèves sur la notion de groupe et d’individus, sur la notion de parole – ce qu’on vt dire, ce qu’on dit, comment on le dit, comment le message est réceptionné…).
    Ce téléfilm montre un ressenti qui, à ma connaissance, ne traduit pas la complexité de la situation.

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  7. je n’ai pas été victime de harcèlement… j’ai vu le film sur l’histoire de Marion. Un seul mot m’est venu: terrifiant. J’ai pensé à mes enfants… à mon grand qui vient d’entrer au collège… c’est flippant…
    Avec ce film, je réalise en plus naïvement qu’on peut passer à côté… on peut, nous parents, ne rien voir… et donc ne rien faire… c’est tragique.
    j’avoue avoir été choquée par le comportement des profs… principalement du principal…
    Concernant les jeunes… je ne comprends pas comment on peut devenir harceleur sans réaliser le mal qu’on fait…

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  8. Un beau billet Marie on imagine pas comme cela doit être difficile à vivre à digérer au quotidien ce sujet si longtemps tabou, en parler est essentiel pour ne plus vivre seul face à ce harcèlement … bises

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  9. Des insultes, des moqueries lorsque j’etais en primaire mais rien de (trop) dramatique. Ca m’a cependant marque, j’en avais marre et étais heureuse de rentrer a la maison. Mais c’était une autre époque aussi.
    Internet fait beaucoup plus de degat qu’on ne le pense, que les jeunes ne puissent imaginer!
    Pas de solution pour le moment, si ce n’est observation et discussion régulière, avec ses enfants

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  10. Bonjour,
    J’ai été victime de harcèlement pendant tout le collège. Au Lycée ce n’était pas réglé mais ça allait quand même un peu mieux. J’en garde un souvenir “gris”, je sais pas si tu comprends ? c’est une période où la couleur de mes souvenirs est grise. j’écoutais les chansons les plus tristes d’Eminem.
    J’en ai parlé à ma mère assez rapidement… et elle m’a claqué au visage une réponse que JAMAIS je ne ferai à mon enfant : “arrête de te sentir toujours sous les autres”. euh, je m’en prenais plein la tête, ça n’avait rien à voir. alors là oui clairement je me suis dévalorisée à partir de ce moment-là, ça c’est clair…
    heureusement, en 3ème un professeur m’a enfin écouté et comprise. le pauvre ne pouvait au final pas faire grand chose mais son seul soutien m’a fait du bien. des faits similaires sont remontés également d’autres enfant et le “chef” de la bande qui me martyrisait a été définitivement exclu. mais bon ses “sbires” étaient toujours là…
    des gens qui maintenant me demandent en amis sur facebook, mais bien sûr rêve. à l’époque j’ai songé au suicide aussi, mais juste songé, je sais que je ne serais pas allée au bout. mais après coup je me demande même comment ce n’est pas arrivé vu tout ce qui s’est passé.
    en tout cas je me suis promis d’être ouverte à 100% pour mon fils si il veut me parler. ce qui n’empêche que je serai tout aussi impuissante :(. de nos vues de mamans on se dit “je vais tout défoncer et aller faire un scandale”. malheureuse ce serait pire…
    donc je ne sais vraiment pas comment régler ce fléaux. parfois je croise les autres bébés de la crèche, tout mignons et je me dis “qui me dit que ce sont pas des futurs harceleurs ?”. c’est un sujet si complexe….

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  11. Je suis peinée d’apprendre que tu as été victime de harcèlement.
    C’est bien que tu aies eu le courage d’en parler. Car il faut du courage pour le faire.
    Et je suis certaine que cette expérience t’a rendue forte,même si la cicatrice doit être visible.

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  12. Je n’ai pas vu le téléfilm (j’avais un dessin à finir), mais je connaissais l’histoire de Marion.

    En tant qu’EX-enseignante (j’insiste sur le EX, les conditions n’étaient pas celles que j’attendais, et pour t’en sortir il faut sucer les boules de l’administration et de l’inspection, bref je m’égare), dans ma très courte carrière (2 ans woohoo), j’ai assisté à un épisode de harcèlement envers un élève (ce n’est pas allé aussi loin que pour Marion, je précise).

    Le profil de l’élève en question: un garçon poli, solitaire, fan de jeux vidéos, peu sportif, des résultats disparates mais toujours actif à l’oral quelle que soit la matière (dans ma matière il était très bon, oral comme écrit), un nom à consonance allemande. Après pour le caractère en dehors des cours, je n’en sais pas plus, mais j’ai cru comprendre qu’il pouvait se battre si on le provoquait trop (ce n’est jamais arrivé devant moi mais ça m’a été raconté, donc à prendre avec des pincettes hein).

    Au début de l’année, il était assis à côté d’un autre élève (très calme limite amorphe), puis il s’est mis tout seul. Je lui avais demandé s’il s’était disputé avec son camarade, il m’a répondu que oui mais qu’il ne voulait pas en parler. J’ai respecté (c’était au mois d’octobre et j’étais nouvelle dans l’établissement, je ne connaissais pas le passif de tout le monde).
    Puis à un cours, il m’a demandé s’il pouvait changer de place parce que deux autres élèves l’embêtaient et l’empêchaient de travailler. J’ai accepté, et comme les deux autres étaient morts de rire, je les ai punis.
    A la fin de l’heure, j’ai parlé à l’élève et je lui ai demandé quels étaient ses rapports avec la classe, s’il se faisait souvent embêter, depuis combien de temps, comment etc.
    Il se faisait continuellement emmerder depuis la 5è (il était en 3è), il m’a dit qu’il en avait parlé à l’administration mais que rien n’avait été fait. Du coup je lui ai dit que j’allais en reparler moi-même parce que se faire passer de la colle dans le cou et se faire traiter de nazi à cause de son nom (ça, je l’ai appris plus tard, mais rien que la colle c’est pas normal), c’est pas possible.
    J’en ai parlé à ma tutrice de l’époque: “mais il est bizarre de toute manière, il est spécial”
    Le CPE: “oui je sais mais il est particulier aussi, mais je vais le convoquer et je vais aussi convoquer celui qui l’embête”. Rien n’a été fait, il n’a convoqué personne.
    Le principal: “il est bizarre”
    ILS SONT SÉRIEUX LÀ ???? J’avais même fait coller celui qui l’emmerdait, il n’a jamais eu sa convocation en retenue. Genre comme si c’était pas grave quoi.

    ‘Fin je sais pas, que l’élève soit bizarre ou pas bizarre, s’il se fait harceler on l’aide non ? Et après on va me sortir que je ne fais pas assez pour la progression des élèves (coucou l’enfoiré de principal), alors que je suis la SEULE à avoir essayé de faire avancer les choses pour qu’un élève ne se fasse plus harcelé (entre autres hein, j’ai aussi proposé de faire du bénévolat de remise à niveau pour un autre élève qui n’avait pas fait de 5è et qui s’est retrouvé on ne sait comment catapulté en 4è avec comme bagage uniquement ses cours de primaire et de 6e, et qui en plus faisait chier toute la classe, etc.)

    Bon après à la fin de l’année, ça avait l’air d’aller mieux (de ce que je voyais en cours, après quand je le questionnais il ne donnait pas trop de détails, c’est pas quelqu’un qui parle facilement – hormis la participation en classe qui était au top). J’espère que le lycée se passe bien pour lui, en plus il a changé de cadre donc il est avec de nouvelles personnes (et, j’espère, une administration COMPÉTENTE et soucieuse d’aider les élèves qui se font emmerder au lieu de couvrir ceux qui foutent la merde, ce qui le changerait complètement) 😉

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  13. coucou Marie,
    j’ai voulu regarder le film, mais j’avais trop la boule au ventre, alors j’ai zappé quelques passages par ci par là, et vu la fin du film, le combat de la mère de Marion. Le débat qui a suivi était vraiment intéressant. Oui le harcèlement existe, non ce ne sont pas juste des histoires ou des jeux entres gamins, cela marque durablement, cela te suit à vie. Sans doute n’ai-je pas été la personne la plus harcelée au collège (en primaire, j’étais protégée par mon père, la terreur de l’école, on lui envoyait tous les emmerdeurs pour les recadrer…je risquais même pas d’être un tout petit peu emmerdée… la claque une fois arrivée au collège), mais cela marque durablement.
    Même à 35 ans, on garde des réflexes : la peur du regard des autres quand on est seul, si on entend une remarque désagréable dans la rue, on est persuadé que c’est pour soi. Il y a peu j’ai vraiment mis ma confiance dans la mauvaise personne, et c’est très dur de s’en relever. Bref, on a l’impression d’être toujours socialement à la marge, j’ai peur de ne pas être appréciée dans les groupes etc. (bien sûr je n’ignore pas qu’une grande partie de mon mal-être tient au fait que dans le fond, j’ai manqué d’amour parternel – ok cétait le “méchant” à l’école, mais ça ne fait pas tout).
    Bref, aujourd’hui, quand je vais travailler, je suis particulièrement sensible aux situations de harcèlement dont sont victimes certains élèves. Et malheureusement, je dois dire toute mon impuissance. Il y a 5 ans à peu près, une élève s’est retrouvée rouée de coups de pieds par une élève de sa classe dans les vestiaires. Personne n’a réagi. J’ai entendu la harceleuse dire “elle, elle est faite pour être frappée”. J’ai dit à la victime que ses parents devaient porter plainte! C’était une enfant qui pleurait beaucoup, elle avait toujours peur de ne pas être à la hauteur, une proie facile dans cette jungle qu’est le collège (quoiqu’en primaire, c’est pas mieux…). La direction n’a pas poussé les parents dans cette direction bien sûr… faut pas faire de vagues. La harceleuse n’avait pas vraiment pas de parents, elle vivait en foyer, bref.
    C’est cela que je reproche à notre société : si t’es une victime c’est que tu l’as bien cherché finalement, et les harceleurs sont des leaders (si si, j’ai entendu ça dans un CESC – comité d’éducation à la santé et à la citoyenneté- par une mère d’élève… elle ne pensait pas à mal en plus…).
    Moi j’encourage les élèves qui se font emmerder à se défendre. C’est pas bien du côté où je me situe, mais à un moment donné, faut pas se laisser faire quoi!
    La ministre et sa réforme grmpffff, mais au moins en qui concerne le harcèlement à l’école, elle a mis en place des choses utiles.
    Maintenant reste le grand chantier des réseaux sociaux : je vais justement commencer à préparer une séquence là-dessus pour les Ulis.
    Désolée pour le pavé, bisous!

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  14. Je n’ai pas vu le téléfilm, mais ma meilleure amie m’a envoyé un message pour me dire qu’elle le regardait, et que ça faisait peur pour nos filles.
    Avec les dérives d’Internet, c’est effectivement quelque chose qui me fait beaucoup réfléchir. Comment se sentiront nos enfants à l’école? Est-ce qu’ils seront des victimes? Est-ce qu’on les insultera? Frappera? Harcèlera sexuellement? Est-ce que leur vie sera marquée par la cruauté des autres? Ca me pose réellement question…
    J’ai mal vécu certaines périodes dans ma scolarité. Parfois moquée, souvent isolée, je n’ai jamais osé en parler.
    Rien de comparable avec l’histoire de Marion et d’autres jeunes pour qui l’issue est tragique. Mais assez pour m’en souvenir encore à trente ans.
    Alors s’il fallait proposer des solutions, je dirais de parler, beaucoup, d’aider les jeunes à se livrer. Les sensibiliser aussi, expliquer à quel point ça peut être grave, et que surtout, ça n’est pas normal. Ca ne doit pas passer sous silence…

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    • Je vais le lire Kelly. Merci pour ton message et Bienvenue! Je n’ai pas lu le livre mais je suis certaine qu’il est touchant et émouvant.

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Un petit mot doux pour la route...

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