Quand le Monde dérape, que reste-t-il?

Plume et Poésie

Je te tiens dans mes bras. Entre les draps. Et l’air frais nous enveloppe, tandis que le soleil pointe et dessine des étoiles sur les toits de Paris. Le silence n’est perturbé que par le doux chant des oiseaux. Une odeur de café nous chatouille les narines. Celui du voisin. Nous attendons encore un peu avant de quitter notre endroit rassurant.

Tout autour, le monde dérape.

Je te regarde dormir. Si calme et apaisé. Dans quelques secondes il faudra te réveiller. Encore tout endormi, tu poseras ton front contre le mien, tes joues contre ma poitrine. Je fermerai les yeux pour profiter pleinement de ce câlin matinal, le premier avant une journée chargée. Tu te réveilles. Tu souris. Mon cœur flanche.

Tout autour, le monde dérape.

Je t’aime. Je te le dis tout bas. Je te le dis en passant mes bras autour de ton cou. Tu n’apprécies pas cette proximité en plein cœur des transports en commun. Tu as l’impression que les gens nous regardent de travers. Moi je nous trouve beaux tous les deux. On marche main dans la main. La dernière fois souviens-toi, la jeune fille en face nous a souris. On est libre ici.

Quand ailleurs, le monde dérape.

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C’est notre quatrième thé. Autour de la table, des friandises appétissantes, jus de fruits élégants, décor de rêve. Un cocon hors du temps. Nous nous abreuvons de nouvelles en tous genres, des derniers films visionnés, livre lus et aimés, des amours qui passent et des amoureux qui s’attachent. Nous évoquons nos souvenirs avec le sourire. Et nos bracelets tintent contre nos bras nus.

Tout autour, le monde dérape.

Nos pieds nus sur le sable fin. La tentation est là, de plonger tête la première. Notre premier bain de l’été. Nous attendons Agathe qui dévale la jetée. Maman pose un regard tend sur nous, ses trois filles. Papa est resté au frais, une citronnade posée sur la table basse, sous les pins. Cet été marque la fin de notre enfance. L’année prochaine tu pars dans une autre ville faire tes études. Agathe emménagera sûrement avec Charles. Nous ne serons plus que trois à la maison.

Tout autour, le monde dérape.

Son rire éclabousse le mur triste de mes jours. Chaque matin, en la croisant, c’est comme un peu d’espoir qui se glisse dans mon quotidien désarmant. Elle est vivante. Elle est libre. Je devrais l’être moi aussi dans mon propre pays. Un joli voile entoure son visage. Et efface les rides fragiles de ses joues. Elle fait ses propres choix.

Quand ailleurs, le monde dérape.

On en appelle à l’unité, à l’amour, quand la colère pointe. Et quand le monde vacille sous le poids de la folie, on se dit « je t’aime » pour contrer la peur.

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8 thoughts on “Quand le Monde dérape, que reste-t-il?

    1. Il faut se le dire plus souvent Carrie. Mais aussi être là pour les bons moments (on est trop souvent là pour les coups dur mais le beau mérite aussi qu’on s’y attache). Je t’embrasse.

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    1. C’est étrange Sabine. C’est naturel et pourtant nous avons du mal à le manifester (ou nous avons oublier…)

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Un petit mot doux pour la route...

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