Réflexions d’un jeune écrivain en herbe #5

Ecrire, facile et difficile à la fois. On aimerait détenir les clés qui feraient de nos ouvrages des chefs d’œuvre (encore une histoire d’égo mal placé). Ce serait si bon de tenir entre nos mains le récit qui aurait le pouvoir de changer le cours de nos destins, de bouleverser les consciences !

Il existe toujours au fond de nous l’envie irrésistible, quasi-permanente d’écrire sans s’arrêter, de voir nos idées se livrer une bataille sans retenue. Envie d’avoir les mots justes, mots percutants. Envie d’accoucher de l’œuvre dont nous serions fiers.

Le serons-nous ? Pourrons-nous réellement tirer quelque fierté du devoir accompli ?

On nous répète sans cesse que les plus grands artistes ne sont jamais satisfaits. Si nous le sommes, même un peu, nous ne rentrons pas dans les cases. Notre nom ne dira jamais rien à personne. A quoi bon ?

On n’aime aussi à nous répéter que les grands artistes puisent leur talent dans la souffrance, dans des nuits apocalyptiques, au cœur de vagues si creuses qu’on pourrait s’y noyer, dans la consommation de substances nocives, des vapeurs de fumée, des océans d’alcool enivrants, dans des angoisses affolantes. Au bord du gouffre, naissent leurs plus belles lignes.

Nous ne faisons pas le poids avec nos passions dérisoires, nos rêves de pacotille, nous qui pensons que la souffrance ne sert à rien, nous qui nous accrochons au bonheur comme les feuilles d’octobre aux branches fatiguées des arbres dépouillés.

Qui sommes-nous pour nous qualifier d’artistes ?

Une énième question futile, une excuse de plus.

C’est tellement plus simple de reculer que de sauter !

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26 Comments

  1. Miss Plume says:

    Ne te pose pas la question, Marie ! Pour te lire et surtout avoir eu l’honneur d’avoir ton livre entre les mains,je peux te l’assurer : tu es une belle artiste !
    Bises ma belle !

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    1. Marie Kléber says:

      Merci ma jolie. Tous les mots que je reçois m’aident justement à me poser moins de questions et à être tout simplement (mais il y a toujours un creux de vague au cours duquel les doutes reviennent et jouent avec ma confiance).
      Je t’embrasse.

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  2. Who knows! One day will come….. 😉

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    1. Marie Kléber says:

      I hope for you…YOU CAN Carrie!

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      1. Thank you 🙂

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  3. Petitgris says:

    Mais chacun , artiste ou autre est différent. Pour se sublimer pas besoin de substances hallucinogènes ou de violentes douleurs. Un bonheur furtif, une rencontre inattendue peut mettre le feu à la plume de l’artiste 🙂 Ne te torture pas Marie, soit toi ! Bisous

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    1. Marie Kléber says:

      Tu as tellement raison Paulette!
      Etre soi, c’est le plus évident et le plus difficile parfois (mais quelle idée de se comparer aux autres aussi!)

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  4. Marie says:

    Tout à fait d’accord avec toi Petitgris, s’il fallait fumer la moquette pour pouvoir tenir un stylo !! Bref, on doit sûrement être tous artistes à la mode de chacun, les idées fusent de toutes parts, de n’importe qu’elles façons… Très belles écritures à tous !

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    1. Marie Kléber says:

      C’est vrai Marie, nous sommes tous différents. Et heureusement!

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      1. Marie says:

        Ah oui c’est clair ! En ce moment j’écris sur la pelouse de mon jardin dont j’ai tapissé mon blog ! Boutons d’Or ! … C’est toi qui aime bien mon herbe en plus !

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  5. zenopia says:

    Tes mots me portent depuis des mois… tu as du talent, tout simplement ❤

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    1. Marie Kléber says:

      Cécile, tes mots me touchent beaucoup. Merci pour ta présence et tes encouragements toujours aussi inspirants.
      Il ne me reste plus qu’à écrire encore et toujours.

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  6. Aileza says:

    Je me fais exactement les mêmes réflexions…
    Bises ❤

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    1. Marie Kléber says:

      On est des filles Cosmiques, c’est pour ça!!
      Grosses bises Aileza.

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      1. Aileza says:

        Oh que oui !

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  7. Illyria says:

    Réflexions intéressantes, mais il ne faut pas se comparer aux grands artistes, seulement faire du mieux que l’on peut! J’ai reçu ton livre et j’ai hâte de le lire en tout cas 😀

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    1. Marie Kléber says:

      C’est très juste – ne pas se comparer tout court. Etre soi et écouter son coeur, son inspiration. Nous n’avons rien à gagner à être comme les autres (même si parfois c’est tentant Illyria – ca parait plus facile!)
      Merci et bonne lecture!

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  8. missfujii says:

    La joie et le plaisir de pouvoir s’exprimer pleinement supplantent toutes les souffrances tout en dynamisant. Certes l’artiste, reste insatisfait car tout est à reconnaître, à reconquérir, en toute humilité, il accepte et comprend cet état d’insatisfaction comme le moteur de ses aspirations.Mais finalement un artiste n’existe que dans le regard de celui qui regarde, écoute ou lit son oeuvre

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    1. Marie Kléber says:

      C’est très vrai ce que tu dis Sabine! En effet quand je lis les messages de chacun, chacune sur mes mots, je me dis que c’est pour ça que j’écris, pour apporter du bonheur à celui / celle qui lit. Mon inspiration les inspire et la chaine est créée, des centaines de vies peuvent exister par le seul impact de mes doigts sur mon clavier.

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  9. Je ne sais pas s’il faut écrire dans la perspective de produire un chef d’oeuvre. Je veux dire, évidemment que tout écrivain en rêve, mais je crains qu’en voulant trop bien faire, on finisse par s’écarter de soi-même et de son essence. Je pense que les chefs d’oeuvres sont ainsi parce qu’ils s’ignorent. Il faut d’abord écrire pour se plaire à soi-même.
    à partir de quelle renommée produit-on des chefs d’oeuvres ? Si l’on touche une personne, le pari est-il gagné ? Je crois que oui, même si le reste du monde n’en saura rien.

    “Qui sommes-nous pour nous qualifier d’artistes ?”, je crois que tu avais déjà posé cette question 🙂
    L’artiste est celui qui créé, non ?

    Courage et Confiance, Marie ! 🙂 C’est vrai que reculer semble facile, je le fais presque tous les jours. Parce que créer c’est parfois douloureux. Mais merveilleux en même temps.

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    1. Marie Kléber says:

      Je crois que tu as raison Pdidiaime, se faire plaisir à soi. Ecrire pour partager, se partager (car nul ne le fait de la même façon).
      Si on pense d’abord à être lu, connu, à être le meilleur, je pense qu’on perd la notion première de l’écriture qui est de transmettre une histoire, des émotions, sensations, des images qui nous touchent. Et on se perd aussi un peu.
      Merci pour tes mots qui poussent mes réflexions dans le bon sens.

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      1. Oui, on perd un peu de transmission, c’est exactement cela 🙂
        Merci à toi !

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  10. Marie says:

    Pas si facile de se lancer, Marie. Tellement de questions, tellement de doutes. Mais au fond, est-ce qu’on n’aurait pas un peu tendance à chercher midi à quatorze heures ? À rechercher l’exceptionnel ailleurs, très loin, très différent, en, oubliant tout ce qu’il peut y avoir d’exceptionnel dans nos propres vies, si ordinaires, et pourtant… Pas tant que ça… Chaque vie est un roman passionnant ! Non ?!:-)

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    1. Marie Kléber says:

      Tu as raison, nous nous trouvons si facilement mille excuses pour ne pas nous lancer – c’est si facile! Mais terriblement frustrant aussi.
      Chaque instant de vie est une histoire à partager. On crée du plus, de l’autour, on se lance dans l’aventure, on imagine, on fait rêver. Tout l’art d’écrire réside dans le fait de rendre extraordinaire un fait tout simple, tr-s ordinaire.
      Heureuse de te lire ici et sur un sujet qui nous touche beaucoup toutes les deux.
      Affectueuses pensées.

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  11. sweetiejulie says:

    Il y a pourtant de très belles histoires qui ressortent de la joie, celle qui nous donne des ailes, toujours empreinte de pudeur. Et pourquoi se refuser d’être fier de ce que nous pouvons accomplir ? Je trouve qu’on passe du temps à se sentir malheureux, comme si c’était dans le chagrin le plus profond qu’on ressentait les choses les plus vraies. Je suis d’accord pour dire que la souffrance peut être sublimée dans l’art. Tout comme le bonheur et l’apaisement. Alors ne doute pas de la beauté de tes mots, et surtout, il me tarde de voyager de nouveau aux côtés de ta plume !

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    1. Marie Kléber says:

      Je te rejoins Julie.
      Je pense que le bonheur gagne à être partagé. Mais souvent on dit qu’on écrit pour panser nos plaies, pour guérir. Alors souffrir semble le seul moyen pour écrire quelque chose de beau qui a du fond.
      En te lisant, je pense en fait que nous avons un sérieux problème avec le bonheur, les choses simples, la légèreté!
      Merci de m’avoir conduite sur ce chemin Julie. Mes réflexions progressent dans le bon sens.

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