Réflexions d’un jeune écrivain en herbe #4

Il y a toutes ces vies que l’on crée. Des vies souvent tragiques. Des larmes. Des sanglots. Des drames humains considérables. Des déceptions. Des chagrins. On égrène notre chapelet de douleurs refoulées, de destins chamboulés.

Et si pour une fois on changeait de cadre. Et si pour une fois on dessinait un personnage nouveau, bucolique, éprit de liberté, qui ferait sourire les anges. Si on essayait rien qu’une fois d’écrire sur le bonheur, pour voir. Si pour une fois on ne se laissait pas aller à parler des atrocités quotidiennes, de la banalité de nos existences. Si on prenait nos pinceaux pour colorier le monde avec des couleurs phosphorescentes, pour faire sauter les sentiments dans des flaques d’eau. Une fresque vivante pour faire taire les murs gris de Paris. Et si on osait pour une fois.

Trop souvent on recule le moment de passer à l’action. Ce n’est jamais le bon. On rêve d’écrire, d’en faire notre métier et on ne tente rien. On attend d’être prêt. On attend un déblocage quelconque. On continue de rêver, les yeux rivés sur l’horizon. Les cahiers s’entassent. Les heures d’écriture s’enchaînent. Le miracle tant attendu ne se produit pas. On attend le déclic, celui qui se laisse désirer. Le rêve s’effrite.

Au fur et à mesure des lignes, notre écriture mûrit. Notre vocabulaire s’étoffe. Notre inspiration ne nous lâche pas d’une semelle. Et une petite voix dans notre tête nous murmure « fonce, vas-y, tu peux le faire. Tu attends quoi au juste pour te lancer ? »

On attend d’avoir le cran, d’oser enfin. On attend que la peur nous quitte ou ne nous fasse plus douter de nous-même. On attend que nos doutes fassent moins de bruit. On attend avec brio. On attend avec excellence. On devient maître de cette attente qui nous dépossède doucement de ce qui fait notre force.

A force d’attendre on perd le goût, on doute davantage, on recule, on perd nos moyens. L’attente n’est productive que quand on sait y mettre un terme, quand on arrive enfin à dire stop.

 

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29 thoughts on “Réflexions d’un jeune écrivain en herbe #4

  1. Petitgris says:

    Sans être un livre sur les bisounours; je rêve d’un livre qui me parle du bonheur 🙂 Si tu te sens prête Marie, n’hésite pas , franchis le pas ! Tu as de si beaux mots pour le dire 🙂 Bonne soirée Marie Bisous

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    • Marie Kléber says:

      J’espère y parvenir un jour Paulette!
      Pour le moment, il me reste quelques histoires à achever.
      Mille merci. Je me souviendrais de tes mots.
      Bises

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  2. archiaccess says:

    Tu as tellement raison. Cette peur qui paralyse peut s’appliquer à plein d’autres choses de la vie. Elle nous fait douter, attendre, reculer, hésiter. Mais comme tu le dis, il faut savoir dire stop et dépasser ça. D’ailleurs c’est un des meilleurs moyens pour atteindre ses rêves 🙂
    Je t’embrasse Marie.

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    • Marie Kléber says:

      Tout à fait Elodie. Cela s’accorde avec de nombreux rêves, projets que nous avons. Il faut oser à un moment donné…
      Je t’embrasse ma belle, en espérant que tu vas bien.

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  3. Pidiaime Piwo says:

    Pour être hyper fortiche au “remettre à demain”, je suis on-ne-peut-plus d’accord avec ta conclusion. Attendre, c’est bien ; repousser par peur, dangereux. C’est tellement facile de trouver des excuses pour se dire qu’on commencera demain. Il faut savoir se donner des coups de fouets. Je pense que c’est possible lorsqu’on croit en nous et en nos rêves.

    Quant à écrire sur le bonheur, je pense que c’est un devoir, tout comme écrire sur la noirceur. Il y a de la lumière comme il y a des ténèbres dans ce monde !

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    • Marie Kléber says:

      Je crois que nous nous devons d’oser car le plus dur, ce sont les regrets (et en plus ils ne servent à rien!)
      Moi, j’aime ta conclusion, très réaliste. Merci Pidiaime.

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      • sarangatchy says:

        Disons qu’il n’y a pas si longtemps j’ai relu de vieilles lettres de quand j’étais petite et j’y ai découvert que je voulais écrire des livres une fois adulte. Bien avant de relire ces lettres j’ai ouvert une rubrique histoire de citation sur mon blog où j’élabore de courtes histoires à partir de citations.
        Et j’ai laissé trop longtemps cette rubrique sans nouveauté. Il est temps que je me replonge dans ma dernière histoire inachevée ^^

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    • Marie Kléber says:

      Je crois que j’ai besoin d’évacuer un gros morceau avant de me plonger dans la rédaction d’un tel roman Karine. Mais ça viendra. Et toi?
      Grosses bises de nous deux.

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  4. una idea says:

    Coucou Marie !

    Ah oui très bonne idée d’écrire avec des “couleurs phosphorescentes”. Un personnage inspirant qui “ferait sourire les anges” voici qui serait parfait à lire pour moi au milieu de mon insomnie 😉
    Gros bisous Marie 🙂

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    • Marie Kléber says:

      Il va falloir pallier à ça alors Una Idea. J’ai un recueil de nouvelles en cours qui pourrait bien accompagner tes prochaines insomnies..on fait ce qu’on peut avec ce qu’on a ma belle!
      Je t’embrasse fort.

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  5. sweetiejulie says:

    Et un jour, l’attente s’arrête pour que le projet voie le jour. Y croire, de toutes ses forces, ne pas s’abandonner à la peur. Et le stress ne peut que diffuser un peu d’adrénaline pour nous donner du courage face aux doutes. Merci pour ces mots pleins d’encouragement. J’ai envie moi aussi d’écrire sur le bonheur, de dire comme il est possible. Je t’embrasse.

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Un petit mot doux pour la route...

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