Réflexions d’un jeune écrivain en herbe #3

Nous possédons tous un stock plus ou moins effrayant des textes inachevés. Ils attendent patiemment leur tour, que nous les sortions des boites, carnets, dossiers ou tiroirs dans lesquels nous les avons rangés, en attendant que l’inspiration revienne. Nous passons. Nous les sortons, les relisons. Avant de les refermer, abattus à l’idée de devoir les retravailler, décortiquer leurs faiblesses, déceler les failles qui les rendent si banales.

Nous reculons, en pensant qu’il sera toujours temps d’y revenir. Nous attendons d’être prêts. Nous attendons parce que cela semble plus simple que de relever nos manches et nous mettre au travail. Et parce que nous avons terriblement peur, il faut bien se l’avouer, d’un résultat médiocre, qui nous replongera c’est certain dans un énième coma littéraire.

Nous écrivons souvent sur des sujets que nous maîtrisons. Nous parlons de ce qui nous fait mal, ou peur, de ce qui nous trouble, nous oppresse. Nous mettons des mots bout à bout pour parler de nos choix, de nos doutes, de nos drames, de nos histoires, pour nous en libérer. Chaque mot apparait comme un clin d’œil à un passé que nous souhaitons oublier. D’autres idées viennent chatouiller les extrémités de nos doigts. Elles ne font pas le poids face à l’écrasante solidité de tous nos échecs, de nos ratés.

Faut-il en passer par là pour enfin pouvoir se plonger dans une histoire inventée, dans un drame dont nous ne serions pas les héros ?

A suivre lundi prochain…

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17 Comments

  1. zenopia says:

    Aucune idée… mais tu nous diras Marie ❤

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    1. Marie Kléber says:

      Bien sûr Cécile!

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    1. Marie Kléber says:

      MERCI BEAUCOUP.

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  2. Ecrire est une épreuve de vérité

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    1. Marie Kléber says:

      C’est très juste Didier…J’ai l’impression que l’écriture nous donne la chance de tout donner de soi, si on la prend bien entendu.

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  3. Ah, c’est bien vrai tout ce que tu écris là…

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    1. Marie Kléber says:

      Je crois que tout écrivain se pose un jour ou l’autre ces questions ou du moins pense un peu à tout ça. Merci!

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  4. iotop says:

    Bon jour,
    Si ces écrits passent trop de temps dans la marmite de l’oubli, les récupérer dans leur jus d’un certain passé, je crains que la nouvelle fibre de mots, de phrasés, de style, ne viennent pas ternir l’effet d’origine.
    En tout état de cause, ces écrits là, ne sont plus que des fragments qu’il faut retisser avec délicatesse et ne pas rallonger la “sauce” outre mesure. 🙂
    Max-Louis

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    1. Marie Kléber says:

      Je suis assez d’accord Max Louis. D’ailleurs quand je relis certains textes je replonge dans un bain de souvenirs et je n’ose les toucher de peur de les massacrer… Chaque saison d’écriture ses charmes et son histoire. Merci!

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  5. escarpinsetmarmelade says:

    Je pense que l’inachevé donne le goût à l’écrivain, de poursuivre son chemin. L’inachevé est source intarissable de motivation et d’inspiration. Il est à la fois une crainte et un but. En même temps, la frontière est mince, qui sépare l’achevé de l’inachevé 😉

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    1. Marie Kléber says:

      Je te rejoins dans cette idée… Mais tant qu’il y a de l’inachevé, il y a doute et réticence à oser. Je trouve que le point final n’est pas toujours aisé à poser. Pourtant il vient souvent nous libérer. Mille merci.

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  6. petiteyaye says:

    vaste débat… hâte de connaître la suite de l’histoire 😉

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    1. Marie Kléber says:

      N’est-ce pas Petite Yaye! Ca arrive promis…

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  7. sweetiejulie says:

    C’est notre propre histoire que nous décidons parfois de raconter. Et au-delà de soi, celle des autres un peu. Attendre avant de continuer le récit, c’est aussi prendre le temps de tourner la page et mettre une distance avec ce que nous avons vécu. Parfois, le récit reste inachevé parce qu’on ne sait pas vraiment comment l’histoire se termine. Parfois, l’imagination vient sublimer la fin, parce qu’on a besoin de ce rêve, de ces paillettes.

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  8. sweetiejulie says:

    C’est notre histoire qui viendra guider nos mots, pour que nous puissions raconter ce que nous avons vécu. Et il y a un peu de la vie des autres aussi, parce que notre histoire résonne en eux. Attendre avant d’écrire la fin, c’est aussi prendre le temps de saisir le passé, établir cette distance nécessaire à l’écriture du récit, pour enfin pouvoir tourner la page.
    Parfois, le récit reste inachevé parce qu’on ne sait pas vraiment c’est la fin ou le début de quelque chose. Parfois, l’imagination vient terminer l’histoire, parce qu’on a besoin de rêves et de paillettes.

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    1. Marie Kléber says:

      J’aime ta façon d’appréhender les choses Julie. J’ai l’impression que l’écriture est un processus de libération, de deuil, une communion du passé, du présent, de demain, un mélange des genres. Aucune règle sauf celle de partager, d’inspirer, de créer. MERCI

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