Un enfant unique, et alors ?

Quand j’étais plus jeune, que je rêvais couple, famille, enfants, je me voyais aisément à la tête d’une famille nombreuse. Quatre ou six enfants. Je crois sincèrement que je ne savais pas vraiment ce que cela signifiait « avoir un enfant ». Entre avoir l’enfant et l’élever, l’éduquer, le guider, il y a différents paliers que nous, parents, découvrons au fil du temps.

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Si vous me suivez depuis quelque temps, vous savez tous que ma grossesse a été psychologiquement très compliquée. Mais je peux aujourd’hui dire qu’il s’agit d’un beau souvenir pour moi. Il y a d’un côté la vie que j’avais rêvée. Et de l’autre la vie que je construis au jour le jour.

Trouver l’équilibre entre celle que j’étais, celle que je suis, celle que j’aurai aimé être aussi. Je pense que je suis une maman ordinaire, qui essaye de faire de son mieux, avec tout l’amour qu’elle a en elle. Il ne faut toutefois pas se leurrer, je ne suis pas parfaite. Et je ne cherche pas à l’être. Je suis souvent pas mal perdue, atterrée devant la façon dont parfois mon escargot se comporte, attristée quand j’entends à longueur de journée « quel mal élevé ! » (même quand c’est dit sans arrière-pensée négative), peinée de ne pas toujours gérer les crises avec calme et bienveillance. Je me sens parfois coupable ou complètement à côté de la plaque, dépassée dans des tas de circonstances. C’est dans ces moments-là que je me dis, mais comment je ferais avec un deuxième ?

La vision que j’avais de l’enfant est complètement erronée. Il faut dire que le modèle que j’ai sous les yeux depuis 35 ans est le modèle que mes parents m’ont transmis. Ni bon, ni mauvais d’ailleurs. C’est ce qui a fonctionné pour eux. Ma sœur et moi étions des enfants très calmes et réservées. Rien à voir avec la terreur que j’ai sous les yeux. Tous les jours ne se ressemblent pas heureusement et je profite pleinement des moments de calme, de tendresse, des moments câlins ou des instants que nous passons ensemble, à rire, à jouer, à raconter des histoires, à chanter.

Au détour de conversations, de recherches sur Internet, on lit et on relit les mêmes idées d’éducation bienveillante, sans cri, sans punition, d’écoute attentive et de communication non-violente. Sur le papier, c’est très beau. Dans la pratique, moins évident déjà. Et quand on n’y arrive pas, on se sent encore plus moche qu’au départ.

Elever un enfant, c’est poser des limites, dire non et s’y tenir, même quand on n’a juste envie de lâcher prise, c’est tester, apprendre, accepter que tout ne se passera pas toujours comme prévu, souffler, rater certaines choses, réussir parfois, culpabiliser, perdre ses moyens, grandir, voir son enfant s’épanouir, le voir gagner en assurance, guider. Et j’en passe, je n’en suis qu’au début de cette fabuleuse, parfois éreintante, expérience.

Ce qui me fait souvent dire que je ne souhaite pas d’autre enfant. Et ce n’est ni quelque chose qui me peine ou me chagrine. Juste un constat. Cela choque souvent les personnes de mon entourage. Comme si c’était quelque chose de tragique ou d’ignoble. On dit souvent que les mentalités ont évolué. Pas tant que ça, les gens se permettent toujours de commenter nos choix, comme si on leur demandait leur avis.

Chacun ses choix à partir du moment où ils sont faits avec le cœur et non pas par contrainte vis-à-vis de ce que la société nous dicte de faire, de ne pas faire. Tout comme ne pas souhaiter avoir d’enfant ou en élever dix, faire le choix d’un enfant unique se respecte.

Et vous, que pensez-vous de l’enfant unique ? Avez-vous choisi de n’en avoir qu’un ? Ou bien est-ce les circonstances de la vie qui vous ont contraints ? Pourquoi ce choix ou un autre ?

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14 thoughts on “Un enfant unique, et alors ?

  1. Corinne (Couleur Café) says:

    Je suis complètement d’accord, la maternité ce n’est pas toujours rose. C’est beaucoup de bonheur mais beaucoup de responsabilités et de pétages de plomb aussi. Avec les années, je suis devenue une maman sereine. Il m’arrive encore d’élever la voix, mais je n’en éprouve plus de culpabilité. Je trouve que certaines situations sont telles que même celles qui se disent mamans parfaites n’auraient pu garder leur calme.
    Sinon, pour le nombre, j’ai toujours eu voulu un garçon et une fille. J’ai un garçon et une fille, mais depuis quelques mois, j’ai envie d’un ou de deux de plus même si je sais qu’à mon âge, ce ne serait pas raisonnable. Avoir un enfant unique m’a effleuré l’esprit quand j’ai eu mon aîné, car notre relation était très fusionnelle, mais je me suis trouvée avec une grande envie d’un deuxième et j’ai lutté pour l’avoir. Maintenant, ils sont là et me comblent tellement de joie !
    Le choix du nombre d’enfants est un choix intime qui ne regarde absolument personne, comme tu l’as dit, pourvu que çà vienne du coeur. Bises.

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  2. MamzelDree says:

    Je ne suis pas encore maman, donc je sais que mes idéaux ne sont pas très réalistes. Quoiqu’il en soit, la maternité est certes une chance mais aussi un choix. Et ça ne se commande pas, je veux dire qu’il n’y a pas (plus?) de modèle établi, et que tu es libre d’en avoir autant que tu veux, ou qu’un seul. Moi ça ne me choque pas en tous cas, et puis bon, il y aura toujours des gens pour critiquer ou avoir un avis. Tant que tu es heureuse dans la famille que tu te construis, tant que ta fille est heureuse, c’est tout ce qui compte après tout. 🙂

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  3. Le Rire des Anges says:

    T’as raison, ça n’est pas simple… En ce moment je me sens vraiment mauvaise mère et parfois (ça arrive quand même!!) je me dis que je m’en sors pas mal!!
    Deux, c’est pas évident, j’ai beaucoup douté, peur d’être encore plus mauvaise mere car trop fatiguée, pas assez dispo…
    Mais j’en rêve pour que Fripouille ne soit pas seul et égoïstement pour avoir une deuxième grossesse et un deuxième bébé!
    Bon pour le moment ça ne marche pas! (Comme ça a été très compliqué pour fripouille, je ne me fais pas trop d’illusions… Enfin j’essaie!
    Mais à chacun ses choix!

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  4. fedora says:

    Je ne vois pas trop en quoi ça peut regarder les gens que tu fasses le choix d’un ou plusieurs enfants… c’est très personnel, voire ça dépend du couple… Bref, je trouve que les gens s’occupent de plein de choses qui ne les regardent pas…
    Perso, j’ai un seul enfant et cela me suffit… Je le prendrais très mal si quelqu’un venait se mêler de ce choix…
    Bisous Marie

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  5. Marie says:

    Je pense que c’est un choix comme un autre, Marie. Chacun est libre !
    Et c’est vrai que c’est si difficile parfois, quand ils piquent des crises et qu’ils te poussent à bout au point que tu ne te reconnais plus. Mon deuxième était comme ça. Il m’a fallu plusieurs années avant de comprendre qu’il ne parvenait pas à gérer ses émotions et qu’il ne fallait surtout pas essayer de le raisonner mais au contraire, couper court tout de suite avant l’escalade ! Le jour où j’ai compris ça, les choses sont devenues plus gérables (il avait 4 ans!). Ce que j’ai souvent envie de dire autour de moi c’est que les difficultés ne se cumulent pas forcément. Paradoxalement, une fratrie plus grande peut être un “facteur de facilitation”, parce qu’il ont leur petit univers à eux et que du coup, ils sont moins “sur ton dos” ! Franchement, avec quatre, je pense que j’avais plus de moments de tranquillité que d’autres mamans avec moins d’enfants !
    Qui sait quelles belles choses te réserve encore la vie, Marie ? Tu verras bien, et TON choix sera le bon choix.
    Bises à vous 2

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  6. Melgane says:

    Je pense que l’enfant unique ça peut fonctionner, ce n’est pas meilleur ou moins bon que d’en avoir deux ou trois. On dit souvent que les enfants uniques s’ennuient parce qu’ils jouent seuls… mais ils peuvent jouer dans la rue avec des copains, ou au parc, ou avec un chien (les animaux de compagnie sont très bien pour les enfants, pour plein de raisons), et puis c’est aussi dans l’ennui que l’on invente des choses, pour essayer de le tromper, que l’on écrit des histoires, que l’on met au point ses idées… Puis tu ne peux pas garantir que l’enfant s’entendra bien avec son petit frère ou sa petite soeur et qu’ils ne joueront pas chacun dans leur coin, donc au final ça revient au même…

    Moi j’ai choisi de ne pas avoir d’enfants du tout et ça me tue quand on me répond “tu verras, t’es jeune, tu VAS changer d’avis”. Non mais on est où là ? Une femme “normale” doit vouloir des enfants ? OK, bon ben désolée mais c’est la confirmation que je ne suis pas “normale” (je déteste ce mot d’ailleurs).

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  7. Elodie says:

    La maternité est quelque chose de très compliqué, je suis bien d’accord avec toi. Avant d’avoir ma fille, mon mari et moi voulions deux enfants. Et puis, j’ai accouché, j’ai découvert ce que c’était que d’être mère et là j’ai un peu paniqué. Néanmoins, nous voulions toujours avoir deux enfants. En fait, j’avais surtout peur de répéter les mêmes erreurs que ma mère a faites avec moi (je suis enfant unique et je le vis très mal). Et puis, on a appris que je ne pourrais sans doute plus avoir d’enfant pour cause médicale. Du coup, il a bien fallu se résigner. Seulement, trois semaines plus tard, je suis tombée enceinte. Nous allons donc avoir deux enfants. Je t’avoue que je panique un peu. Parfois, je me demande comment je vais m’en sortir. Il est clair qu’on n’en aura pas davantage en tout cas! 2 c’est un grand maximum pour moi. Donc, je comprends ton désir de n’avoir qu’un seul enfant même si, de mon point de vue d’enfant unique, ce n’est pas rendre service à son enfant.

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  8. Elodie (mVmHmE) says:

    Les gens se mêlent vraiment de ce qui ne les regarde pas, c’est fou ! Ton choix te regarde, Marie. Sois sereine avec ça.
    De mon côté, c’est un peu différent : j’ai fait le choix de ne pas avoir d’enfant et certains ne le comprennent pas et cherchent à me convaincre que j’ai tort… Je ne comprends pas pourquoi font ça ! Chaque individu, chaque couple a ses raisons qui lui sont propres et les gens devraient le respecter…
    Je te souhaite de très belles fêtes ainsi qu’à tes proches. Bizoos

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  9. elisa says:

    c’est dingue ça, quand tu veux pas d’enfants on t’en fous plein la tronche, idem quand tu en veux plus de 3, idem quand tu en veux qu’un seul, etc… quand les gens apprendront à se mêler de leurs oignons ? perso je suis enfant unique, le chéri aussi et aucun de nous n’en a souffert. en revanche nous sommes d’accord, si c’est possible, nous souhaitons deux enfants. pas pour “réparer” quoi que ce soit, non non, c’est une envie c’est tout. et ça se fera ou pas, on verra bien 🙂 clairement, un enfant unique peut être très heureux ou malheureux, selon son histoire et le contexte, qu’il ai des frères et soeur n’a rien à voir dans le smilbkick. bref, construis ta famille comme tu en as envie et je te souhaite plein de bonheur

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  10. Christine says:

    C’est comme tout ce qui fait nos vies, un choix personnel et qu’on ne peut juger. L’important c’est de vivre en harmonie avec cela, même si c’est difficile parfois ; que l’on n’ait 1 ou plusieurs enfants.
    Je t’embrasse Marie et te souhaite une douce soirée

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  11. Margarida says:

    Coucou Marie,
    Je suis fille unique et j’ai une fille unique, pour l’instant. Et je suis très heureuse 😛
    Ceci dit, je pense que tes questionnements sont tout à fait légitimes… quand on devient père/mère on n’arrête pas de se poser des questions et le fait d’avoir 1, 2 ou 5 enfants dépend de tellement de facteurs !
    Je suis de l’avis de faire ce qui est plus en accord avec soi-même… comme pour bien d’autres domaines de la vie.

    Je t’embrasse bien fort, (et passe de belles fêtes !)

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  12. Laurie says:

    C’est une question très difficile et personnelle … Elle appartient à chacun d’y répondre et je trouve que personne n’a le droit de juger le choix de l’autre ! Comme tu le sais de mon côté, je n’en ai pas et pourtant plus jeune, j’en voulais et même très tôt (j’avais fixé la “date limite” à 25 ans) … Mais comme tu le dis dans l’article, je crois que je ne me rendais pas vraiment compte de ce que c’était que d’avoir un enfant … Et puis la vie a fait que ça ne s’est pas produit et aujourd’hui, plus le temps passe, moins j’en ai envie…Mais se libérer de la pression sociale n’est pas toujours facile et se justifier est parfois épuisant !
    Je t’embrasse Marie et te souhaite de passer un bon réveillon !

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  13. luneetrustine says:

    Oui et alors ?
    Qui sont les gens pour juger du nombre d’enfants que nous aurons, que nous devrions avoir. Bref ! C’est toujours la même musique, que chacun s’occupe de sa vie et les chèvres seront bien gardées.

    Ici je ne suis pas une mère parfaite loin de là mais je fais au mieux avec mes outils. Ma grossesse a été stressante dès le début (hémorragie, décollement …) mais quand tout est rentré dans l’ordre j’ai adoré être enceinte. À la naissance j’ai fait une dépression post partum. Je n’ai pas accueilli ma fille comme j’aurais voulu et ça reste mon plus grand regret. Ensuite le papa est parti et comme toi je suis devenue maman solo. Et toutes mes angoisses sont revenues. Heureusement mon A est officiellement entré dans ma vie et m’a aidé à voir la vie autrement. Et lui il a déjà deux enfants. À deux nous sommes cinq alors ma fille restera mon seul et unique enfant. Je reverais revivre une grossesse mais tout ce qui vient après me terrifie. Et puis nous ne sommes pas fait pour être parents ensemble. Nous avons plein d’autres choses à faire. Ça surprend les gens que notre recomposition ne soit pas scellée par une naissance mais on explique pourquoi. Certains résistent encore en disant “vous verrez dans quelques années” … On laisse parler en souriant.

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  14. unemamanparmidautres says:

    Comme je disais sur l’article que tu as commenté, la décision est trop importante pour la prendre sous influence des autres.
    Quelque soit ton choix, c’est le tien justement, personne ne devrait s’en offusquer.
    Mais encore une fois, on en revient aux cases, aux “normes”, à ce que la société attend de nous, et c’est souvent avec la pression qu’on décIde des choses.
    Tu as tes raisons, l’essentiel c’est d’être en accord avec toi-même!

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Un petit mot doux pour la route...

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