Chaque vendredi depuis trois semaines…

Chaque vendredi depuis trois semaines, c’est pareil. Les souvenirs s’en mêlent. Pigmentation personnelle. Esprit encombré. La fuite du temps. Et si tout s’arrêtait maintenant ?

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Des visages défilent dans mon inconscient. Et mes nuits sont peuplées de fantômes, d’envies de courir à perdre haleine pour fuir violence et haine.

Les évènements ont réveillé des souvenirs, de ceux qu’on voudrait pouvoir enfermer dans une boîte. Les enterrer profondément et ne jamais pouvoir les retrouver. Chaque jour, je m’emploie à faire peau neuve, à les remplacer par des souvenirs plus jolis, de ceux que l’on évoque des années plus tard, le sourire au bord des lèvres, autour d’une table, entre amis, en regardant les photos d’avant, celles de notre jeunesse et de l’âge tendre de nos enfants.

La peur au creux du ventre. Poussiéreuse, je croyais l’avoir banni de ma vie. Mais je suis maman. Et la peur se matérialise à nouveau. Peur pour lui. Peur pour la vie. Il est encore si petit.

Son sourire, ses rires, sa voix fluette qui entonne fièrement « petit papa noël » me réconcilient avec les souvenirs. Ils ne sont plus si douloureux, si délicats à évoquer. Ils sont ce que nous décidons d’en faire. Nous pouvons n’en retenir que le meilleur. Et laisser le reste au placard.

Les visages défilent. Des innocents. Aux quatre coins du monde. La folie n’a pas de limite. Elle assassine.

Il devient vital pour moi de prendre le temps de vivre, de prendre le temps de s’arrêter pour regarder la vie faire des ronds de jambes et nous inviter dans la danse. Il devient vital de se faire des câlins tous doux, de s’embrasser, de se faire des compliments, de se dire des mots tendres, de s’envoyer des pensées. Il devient essentiel de s’arrêter pour regarder le soleil à travers les branches, tout en écoutant les oiseaux chanter. Il devient primordial d’arrêter de courir après des chimères, après plus de temps, après toujours plus d’argent. Il devient indispensable de nous aimer tels que nous sommes, de nous aimer comme nous souhaiterions que les autres nous aiment, sans que nos imperfections et nos échecs ne prennent toute la place. Il devient fondamental de laisser de côté nos égos. Tout commence ici. Dans l’amour que nous avons pour nous-mêmes. C’est plus qu’un besoin, c’est un devoir. Si chacun s’aimait véritablement, inconditionnellement, le monde cesserait d’être ce gouffre de violence. Chacun trouverait sa juste place. L’urgence est .

D’autres visages se superposent pour faire face à l’horreur. Fraternité. De mains qui se serrent et des portes qui s’ouvrent. Des lumières et des fleurs. Des prières pour la paix. Des espoirs. Des mots doux glissés au hasard. Un même élan d’amour.

Trois semaines après, la vie reprend son cours. La vie se niche dans tous les instants magiques partagés, dans toutes les secondes qui prennent des allures d’éternité. La vie n’attend que nous pour créer ce monde dont nous avons toujours rêvé.

Crédit Image – Le Blog de Betty

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26 thoughts on “Chaque vendredi depuis trois semaines…

  1. Marie says:

    J’admire tes efforts pour aller résolument de l’avant, Marie. J’avoue avoir plus de mal, d’autant que d’autres évènements sont survenus entre-temps qui ont rajouté encore plus de noirceur à la noirceur. Ce matin, rester optimisme me semble un vrai combat.

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    • Mariek says:

      Je comprends Marie. Je n’ai pas l’impression qu’il s’agisse d’optimiste. J’arrive de plus en plus à prendre les choses comme elles viennent sans jugement, en essayant de voir ce que je peux en faire, comment les transformer au quotidien. Pour le moment ça marche.
      Courage à toi face aux épreuves quelles soient personnelles ou universelles.

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  2. Petitgris says:

    Oui Marie pour mieux aimer les autres il faut aussi s’aimer soi-même ! C’est à ce prix que la paix pourrait revenir ! Ces élans d’amour après un drame sont réconfortants mais insuffisants. Je comprends que tu veuilles un climat de sérénité pour ton petit, si tous les parents du monde pouvaient penser comme toi ! 🙂 Bisous Marie

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    • Mariek says:

      S’aimer soi-même Paulette, on l’oublie tellement souvent. Pourtant c’est la clé de voûte de tout, non?!
      Chaque jour je tente de créer cette vie que je voudrais pour le reste du monde. De la sérénité, de la vie, de l’amour.
      Grosses bises et merci!

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  3. Pidiaime says:

    La vie ne s’arrête jamais, finalement. On peut choisir de se laisser ballotter dans son flot, ou au contraire de nager vaillamment pour garder la tête hors de l’eau. Ça demande tellement de courage de nager ainsi, parfois à contre-courant. Ce n’est pas donné à tout le monde. Pas tous les jours. Pas pour tout. Ainsi, quand tu as cette volonté au creux du coeur, chéris-là bien tendrement, et puise en elle tout ce que tu peux.
    Comme dirait Elizabeth Gilbert : ONWARD !

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    • Mariek says:

      Tout à fait Pidaime, nous faisons le choix qui nous convient. A chaque instant nous pouvons baisser les bras ou lutter, avancer, nous dépasser. Pas toujours facile en effet. Mais j’ai appris que la souffrance ne servait pas à grand-chose. Le chagrin est bel et bien là, souvent même, mais aller au delà, ne pas trop regarder nos plaies, apprendre à les transformer.
      Merci et bonne continuation à toi.

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    • Mariek says:

      Merci ma jolie Elodie.
      Je crois que c’est Soeur Emmanuelle qui disait que ce qui l’avait le plus surprise au milieu des bidonvilles, c’est la vie qui jaillit, qui triomphe de tout.
      J’y crois. Grosses bises et prends soin de toi.

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  4. hum'heure says:

    Bonjour Marie,

    Merci beaucoup pour ce texte si bien écrit, tout en nuances. Il exprime la diversité du moment et les subtilités du chemin à suivre. Il m’éclaire aussi dans des choix personnels, des actions à mener demain. C’est ça la blogosphère…lire par curiosité, pour se divertir et trouver une réponse à une question que je n’osais me poser.
    Encore merci et à bientôt,
    hum’Heure

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    • Mariek says:

      Bonjour et bienvenue chez moi!
      Heureuse d’avoir pu t’apporter quelques réponses face à des choix à faire. Pas toujours facile de savoir où aller, ni comment.
      Au plaisir et bonne continuation sur ton chemin de vie.

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  5. Dhelicat says:

    Très bel article marie si juste c’est urgent de vivre la maintenant chaque moment de saisir toute la douceur des moments de beauté que l’on nous offre, que la vie nous offre, le petit doit être impatient… Prends soin de toi et de lui je vous embrasse tous les deux très fort

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    • Mariek says:

      Nous sommes tous impatients quand vient Noël. Une trêve. Même si l’ambiance chez nous est toujours assez moche quand vient Noel, je ne me l’explique pas.
      Bises de nous deux Catherine.

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Un petit mot doux pour la route...

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