Le dernier premier rendez-vous (amoureux)

Ron Blacks. Avril 2008. Il faisait encore froid sur Dublin. Je portais une jupe noire, des bottes qui couvraient mes genoux. Je t’ai attendu dehors, regardant Dawson Street se faire une beauté pour la soirée.
Toute la journée, j’avais eu des papillons dans le ventre. Mon premier rendez-vous après cinq années de célibat. Bien sûr je me suis trop vite accrochée à toi. Mais nous n’en sommes pas là.

Pour le moment je t’attends. Je n’ai pas peur, pourtant c’est comme si je reprenais tout depuis le début. Je te vois au loin, ton sourire accroche le mien. Une main autour de ma taille, tu m’emmènes à l’intérieur. J’ai baissé la garde, moi qui avais bien cru ne plus jamais ressentir ça, les picotements au bout des doigts et le plaisir de sentir une main s’attarder dans la mienne, ou glisser sur ma joue.

On s’est assis. On a parlé. De tout. De toi. De moi. Avant de s’aventurer dehors pour rejoindre un pub et refaire le monde autour d’une Bulmers. Je me demande parfois si tu te souviens, alors même que moi, je revois ton visage, je me souviens de l’intonation de ta voix, mais ton prénom reste introuvable, ma mémoire l’a égaré. J’aurai préféré m’en souvenir et en oublier d’autres.

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Walk The Line. Nous étions d’accord. Un des meilleurs films jamais réalisés. A chaque fois que je le regarde, j’ai des flashs de cette soirée-là, de nos rires et des montagnes de préjugés que j’avais enfin réussi à surmonter. Pour une parenthèse enchantée.

Pour terminer, le Gaiety Theater, ce théâtre de jour qui ouvrait ses portes la nuit. 18€ l’entrée. Rien n’était trop beau pour cette soirée. Un orchestre de Blues dans une salle obscure. Tu m’avais bien écoutée. Nous avons dansé avant de finir, épuisés de fatigue, dans un fauteuil en velours rouge, en face de la scène, rideau tiré, nous racontant des histoires dans un décor de rêve, les yeux tournés vers l’avenir.

Mon dernier premier rendez-vous amoureux. J’étais si insouciante, si libre, si vraie. Je me demande vraiment comment je serais aujourd’hui. Est-ce que je me sentirais aussi à l’aise, aussi moi-même ? Est-ce que j’arriverais à laisser quelqu’un pénétrer aussi aisément mon univers ? Où est-ce que je me retrancherais derrière mon armure antichoc, par peur de ne pas être à la hauteur, de ne pas pouvoir laisser les mauvais souvenirs derrière et faire à nouveau confiance ?

L’envie d’ouvrir à nouveau mon cœur à l’autre est bien là. Mais comment s’y prendre ? Comment retrouver même un tout petit peu d’insouciance pour céder doucement au jeu de la séduction, pour trouver ma place de femme dans ma vie de maman ?

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18 Comments

  1. dhelicat57 says:

    cela arrivera Marie sans crier gare sans que tu t’y attende. cela sera evident et si simple comme une premiere fois! un bonheur que tu sauras reconnaitre, et tu ouvriras ton coeur a nouveau… plein de bises

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    1. Marie Kléber says:

      Merci Catherine. Je te crois. Même si c’est encore un peu difficile à imaginer. Je t’embrasse et te souhaite de passer une bonne et douce semaine.

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  2. Nature ... says:

    C’est difficile d’ouvrir son coeur parfois … mais ça vaut le coup …
    Même si on se dit que c’est la dernière fois …
    Bises et belle soirée à toi Marie
    Christine

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    1. Marie Kléber says:

      C’est vrai Christine. Je crois que parfois il faut savoir se faire violence. Il y a aussi de belles choses à vivre à deux.
      Grosses bises Christine.

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  3. Pas vraiment envie en ce moment.
    J’attends de me retrouver plus forte, plus confiante. Envie de quelque chose de fort et solide; pas juste “having fun”

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    1. Marie Kléber says:

      Comme je te comprends Carrie. Il faut avoir retrouver un certain équilibre pour pouvoir y penser à nouveau.

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      1. Oh oui!!!
        Mais restons positive 😉

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  4. aldoror says:

    Il faut tellement de courage pour se donner…

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    1. Marie Kléber says:

      Il en faut beaucoup Aldoror. Mais ça vaut le coup, non?!

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      1. aldoror says:

        Bien sûr, que ça vaut le coup.

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  5. Miss Tamara says:

    Laisser venir naturellement, ne rien brusquer. Chaque chose arrive en son temps et peut être en effet es tu prête aujourd’hui pour un nouveau rdv…

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    1. Marie Kléber says:

      Laisser les choses se faire, oui Karine, en son temps. Merci pour tes mots rassurants.

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  6. myalfafa says:

    Parfois cela arrive quand on se dit c’est fini… on a des papillons dans les yeux, une onde électrique tout le long de la colonne vertébrale et on fond sur place… dans son regard.
    Et puis, le cerveau reprend sa place au bout de quelques temps en se disant, dois-je tenter ? parce que l’on sait encore la douleur qui suit la fin… mais le nuage doux qui est sous nos pieds quand on croise une personne… il faut le tenter. Bonne chance 🙂

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    1. Marie Kléber says:

      Merci beaucoup Myalfafa, les émotions nous transportent et puis la réalité gagne à nouveau du terrain. Pas facile de se laisser aller, de s’offrir une chance d’y croire.
      Et bienvenue chez moi!

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  7. Neurones en Eventail says:

    Je te comprend marie ! Mais disons qu’il faut se laisser aller parfois ! Bises

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    1. Marie Kléber says:

      Tu as raison ma belle. Pas toujours facile de retrouver sa place, de reprendre ses marques et de laisser le temps faire les choses. Mais c’est possible. Grosses bises et merci

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  8. missfujii says:

    Rien à faire que laisser faire….

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    1. Marie Kléber says:

      Et oui Sabine, mais on se demande bien comment ça va se faire…

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