Mots Eparpillés – Mai 2015

Ce texte participe au rendez-vous mensuel « Mots éparpillés » de Margarida Llabrés( http://www.lesmotsdemarguerite.com/) et Florence Gindre, projet inspiré par « Mots sauvages » de Cécile Benoist.

La photo de ce mois-ci est la suivante:

photo9

Je suis le vieux cireur

Celui qu’on ne remarque pas

On me trouve là-bas

Près de l’urinoir

Où des hommes en costume passent

Sans même m’apercevoir

Il arrive que parfois

L’un m’offre ses chaussures

Que je soigne comme un enfant

Prendrait soin de sa toute première voiture

 ***

Je suis le vieux cireur

Près des WC

Ces toilettes publiques

Où l’on n’fait que passer

L’odeur en rebute certains

Tandis que d’autres nez bouché

Et papier à la main

S’en vont braver les effluves

Que je respire à longueur de journée

***

Avant j’étais connu

Le meilleur cireur de mon quartier

Les hommes se bousculaient

Dès la porte d’entrée

Puis on m’a reclassé

Dans ce souterrain morne

Je suis le vieux cireur

Qui connait les secrets

De tous les vagabonds

Les touristes singuliers

Qui osent un pas vers moi

Je ne cire plus guère

Que quelques paires ici et là

Celles des hommes d’affaires

Qui ne me remarquent pas.

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19 Comments

    1. Marie Kléber says:

      Merci beaucoup!

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  1. Un très beau texte, un beau poème.
    Je m’imagine très bien ce vieux cireur et la vie qu’il a pu avoir.

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    1. Marie Kléber says:

      Merci Florence. On ne sait pas toujours de quoi sont faites les vies de ceux qui nous entourent mais on peut les imaginer!

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  2. petiteyaye says:

    Joli texte ! Merci marie !

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    1. Marie Kléber says:

      Merci à toi d’être passée par là Petite Yaye!

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  3. mcristina says:

    Magnifique texte Marie, j’imagine toujours parfaitement dans le détail ce que tu écris et c’est vraiment chouette ! Plein de bises et bon we!

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    1. Marie Kléber says:

      Merci ma belle, c’est un plaisir pour moi, car c’est bien le but de chacun de mes mots, faire ressentir ce que moi même je ressens en les choisissant. Bon weekend à toi aussi Cristina!

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  4. Margarida says:

    C’est un joli poème, Marie ! Tu as su bien rentrer dans la peau de ce cireur !

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  5. Aileza says:

    J’avais l’impression d’entendre une complainte, tu sais comme les chansons réalistes d’autrefois ❤

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  6. dhelicat57 says:

    cest un tres beau texte qui illustre tellement bien la photo: bravo Marie plein de bises bon weekend

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  7. Marie says:

    Combien sont-ils, ces travailleurs invisibles qu’on relègue dans les coins ? Tu les as fait sortir de l’ombre l’espace de quelques lignes, Marie.
    Très joli texte.

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    1. Marie Kléber says:

      Ils sont trop nombreux Marie, c’est vrai.Peut-être que le travail de l’auteur, du peintre, de l’artiste est de leur rendre hommage. Mille merci à toi!

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  8. lamisstamara says:

    Très beau, Marie ! Je suis heureuse que ces mots t’aient inspiré, car moi, ils m’ont laissé sur le carreau… 😦 Amitiés

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    1. Marie Kléber says:

      J’ai eu du mal au départ Karine. Et puis les mots se sont présentés à moi. Mille merci et douce journée!

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  9. Illyria says:

    Il est très bien trouvé ce texte et fait bien vivre le cireur, ton inspiration et ta belle plume m’impressionnent à chaque fois!

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    1. Marie Kléber says:

      Quand je touche à ce point mes lecteurs, c’est que le message est passé. J’en suis heureuse. Mille merci Illyria.

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  10. Marie B says:

    Il te faut maintenant trouver un compositeur pour la musique… je le sens comme Aileza!

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