Pas à pas, avancer sur la route du pardon

Juste après mon départ précipité, j’ai vécu un bon bout de temps avec la culpabilité. Jour et nuit, elle me poursuivait, me faisant douter de mes choix, de mes motivations. Puis j’ai commencé à beaucoup me justifier, auprès de moi-même et des autres. Il y avait toujours un « parce que » à la fin de mes phrases. Je voulais me persuader que j’avais pris la seule bonne décision possible. Mais je voulais aussi persuader les autres que je n’avais pas eu d’autre choix.

Au fil du temps, j’ai réussi à me pardonner, à ne plus ressentir ni culpabilité ni rancœur envers moi-même. J’ai réussi à ne plus voir cette séparation comme un échec. Nous avions fait un pari, comme tout couple. Et puis ça n’avait pas fonctionné. Ca arrive, c’est tout.

Lui pardonner. C’est l’étape suivante. Mais c’est beaucoup plus compliqué. Pardonner sans oublier. Pardonner et ne plus ressentir ni colère, ni dégoût. J’avance à tâtons. Au début, c’était impensable pour moi de lui pardonner. Puis le temps a fait son œuvre. Et j’ai entrevu que c’était possible.

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Est-ce que c’est devenu possible parce que je ne ressens plus d’amour pour lui, parce que je sais au fond de moi que « nous deux » n’existe plus ?

Parfois, je me surprends à parler de lui, sans amertume. Je dis « il ressemble à son papa » sans que cela me froisse le cœur. Je me souviens des jours heureux, de son visage quand lui aussi paraissait heureux. L’angoisse du départ me poursuit toujours la nuit. Il a de multiples visages, tous aussi dangereux les uns que les autres. Mais en regardant chaque cauchemar de près, je sens que je m’éloigne de la peur, de la douleur aussi.

Le pardon ne se décide pas un jour. Et le lendemain tout est pardonné. C’est un processus, un cheminement personnel, qui me permet aussi de me placer au centre de cette vie, ma vie que j’ai longtemps négligée.

Je lui pardonne un peu plus chaque jour. A mon rythme. Et doucement je me sens revivre.

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18 thoughts on “Pas à pas, avancer sur la route du pardon

  1. lui pardonner c’est peut-être arriver à moins souffrir aussi. J’ai du mal à pardonner et souvent je m’en veux, çà me rend mal moi-même, alors j’essaie de pardonner… mais je sais que çà demande beaucoup de temps surtout dans de telles circonstances. Tu as sauvé 2 vies le jour où tu es partie ma belle et le courage que tu as eu de le faire vaut bien de l’admiration, au lieu de la justification en tout cas à mes yeux. Gs bisous à tous les 2 ❤

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    1. Le pardon c’est bon mais c’est dur Delphine. C’est normal que nous ayons un peu de mal avec ça.
      J’ai mis du temps à véritablement intégré que je nous avais sauvé. Il faut dire que tout a été compliqué au début. Merci pour tes mots de soutien. Grosses bises de nous deux.

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  2. Le chemin du pardon est long quand on arrive à le faire on s’ote un poids et on arrive plus sereinemment. Ne pas t’en vouloir à toi tu as eu le courage d’affronter la réalité de ta vie et de voouloir vous sauver tous deux pour un evie meilleure. De gros bisou sà vous deux ma belle.

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  3. C’est fou ce besoin qu’on est beaucoup à avoir de se justifier… Quant au pardon, je suppose qu’il vient avec le temps… En ce qui me concerne, mes sentiments ont viré vers une forme d’indifférence… c’est pas mal non plus pour atteindre la sérénité. Bizz

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    1. C’est pas faux Fedora. L’indifférence a ce pouvoir là aussi. Je crois qu’on vit surtout avec beaucoup d’étiquettes, de principes et de jugements de valeur, d’où ce besoin de justifier nos actes.
      Grosses bises et merci.

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  4. Le pardon c’est sans doute se pardonner à soi-même d’abord d’avoir voulu y croire, de n’avoir pas réussi, de n’avoir pas sauvé les meubles, d’avoir échoué, d’avoir eu mal. Quand on réussi à être plus indulgent avec soi-même, je crois qu’on devient plus indifférent à l’autre.

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    1. C’est tout à fait juste Petit Yaye. Se pardonner à soi-même est un exercice en soi. Dès qu’on se sent mieux avec ses choix, on pense déjà moins à l’autre, on avance plus sereinement.

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  5. Comme je t’admire (et je t’assure que c’est le mot exact). Je te trouve si forte oui, que c’en est admirable. J’ai beau creusé au fond de moi et les années ont beau passé, le pardon est une notion qui m’est inconnue. Même si je suis moins amère et que je ne tiens plus autant “rigueur” à ceux qui m’ont blessée (et heureusement d’ailleurs !), je ne peux malgré tout pas leur pardonner. C’est terrible je trouve de ne pas y parvenir mais je n’y arrive pas. Ton cheminement est réellement bon : je suis persuadée que la sérénité et la paix retrouvée commence par ce pardon (même si ce n’est jamais facile j’en ai conscience, c’est toujours un très long chemin voire même un combat…). Alors c’est d’autant plus courageux de ta part d’y parvenir, sans doute aussi beaucoup de par l’amour énorme que tu éprouves pour ton p’tit bout. Quant au fait de te pardonner à toi-même, c’est indispensable : car oui, ce fut extrêmement dur mais tu as pris les bonnes décisions. Tu t’es sauvée, tu l’as sauvé, et même si je comprends ce besoin de justification qui a été le tien et cette notion de culpabilité qui me semble bien naturelle, je sais que dans ton coeur tu savais qu’il n’y avait pas d’autres solutions. Quel bonheur de te voir avancer sereinement sur ce chemin et d’avoir le privilège d’assister à ta “renaissance”. Merci pour cela ma toute belle ♥ Je t’embrasse bien fort.

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    1. Après ma séance de réfléxologie, je ne te dirai peut-être pas la même chose ma belle. QU’est ce que pardonner? Est-ce que j’y arrive véritablement, muée par un désir de commencer un nouveau chapître de ma vie. Ou est-ce que je m’imagine pardonner, ce qui n’est guère la même chose.
      Partie était nécessaire, vital, essentiel. Mais après on se dit toujours “pourquoi?” Tout s’est passé si vite. Et tout s’est cassé la figure magistralement. Aujourd’hui, comme hier, je sais que j’ai pris la meilleure décision pour moi et Loulou, mais à quel prix. J’ai l’impression de ne pas m’en sortir, d’avancer et de reculer tant et tant de fois.
      Parfois j’aimerai qu’il existe quelque part un livre de magie qui résolve tous ces doutes et ces questions pour moi! Qu’en dis tu?

      MERCI pour tout, ton soutien, ton amitié, tes mots et tes sourires qui me font aller de l’avant.

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  6. Avec le temps la douleur s’apaise et tu peux réfléchir avec lucidité. C’est déjà un grand pas ! Pardonner me semble difficile car ce serait reconnaître qu’il avait raison d’être comme cela . Oublier : jamais ! Ce serait être à nouveau vulnérable. Je pense que c’est Fédora qui a la solution : l’indifférence le relègue à l’arrière plan et c’est toi qui est en première ligne. Le principal est l’acceptation de la situation actuelle et la volonté de faire un futur serein 🙂 Bisous Marie

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    1. Je suis tout à fait d’accord Paulette. Je crois surtout que le gros travail en cours mais pas achevé est de me pardonner à moi, d’avoir cru à cette histoire (alors que tout me poussait à l’éviter), d’avoir dit “oui” à toutes sortes de choses qui me maintenaient prisonnière et d’imposer tout ça à notre enfant (tout en sachant que c’est son chemin de vie et qu’en partant, je nous ai sauvé d’une histoire sordide.)
      Mille merci pour tout, pour tes mots et ta présence.

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Un petit mot doux pour la route...

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