Ne me demandez pas d’aimer ces hommes-là

J’ouvre ma boite mail. Il y a un message. Je le lis, la boule au ventre et je le termine en larmes.

Sur sa page Facebook, personne ne peut imaginer ce qu’elle vit. Elle pose avec lui. Ils sourient tous les deux. Les autres doivent croire qu’ils sont heureux.

Derrière l’écran, une autre histoire se dessine. Ils viennent de rentrer des courses. Elle court dans la chambre, se roule sur le lit. Elle attend. Elle guette les pas dans le couloir. Elle a pris d’abord soin de fermer à clé la porte de la chambre des enfants. Elle l’entend l’appeler. Elle respire. Elle ne sait pas comment faire ni quoi dire. Elle voudrait s’éclipser le temps de retrouver ses esprits, le temps de s’apaiser pour que sa colère soit moins vive. Elle tente de se réfugier dans la chambre des enfants. Trop tard. La nuit est passée par là. Sur le lit, elle regarde ses plaies. Elle ne peut plus bouger. Elle sent son corps se raidir. Il dort à côté. Il faudrait qu’elle aille voir si les enfants vont bien. Mais comment faire pour qu’ils ne se rendent compte de rien. Elle se force à se mettre debout malgré la douleur, elle enfile une robe longue, enroule un foulard autour de son cou. Elle fait attention de ne rien bousculer, de ne rien faire grincer. Les enfants dorment paisiblement. Tout va bien. Elle lui demandera pardon quand il se réveillera. Il lui dira encore une fois qu’il s’excuse de lui avoir fait du mal ou il ne fera aucune remarque, c’est peut-être pire.

***

Sur la photo, elle sourit. Il est beau lui aussi. Les gens les envient. Elle ne comprend pas pourquoi elle est si triste pourtant. Il ne la tape pas. Il ne l’insulte pas. Il la méprise, mais c’est parce qu’elle ne l’écoute pas. Ce ne sont pas ses mots qui font mal, c’est son silence. Le traumatisme est intérieur.

Quand ils sortent, elle donne le change. Toujours. Ses absences, elle ne les remarque même plus. Sa présence est toujours sous condition. Elle n’a pas de compte Facebook pour montrer au monde que tout va bien, qu’ils sont beaux tous les deux, qu’elle est heureuse. Elle l’aime et si parfois elle pleure, ce n’est jamais de sa faute à lui. Elle a depuis longtemps transformé chacun de ses défauts en de glorieuses qualités. Si quelque chose cloche, c’est de sa faute à elle. Elle s’enferme dans la salle de bains pour pleurer. Elle se sent nulle. Elle se sent seule. Elle se sent perdue. Une prise d’otage invisible en plein Paris. Et au-dessus de sa tête la pire des menaces, celle de se voir privée de ses enfants.

Je leur répondrai plus tard. J’essayerai de choisir mes mots, avec délicatesse, sans les brusquer, sans les juger surtout. A la fin j’écrirai « grosses bises à toi et aux enfants ». Eux, je les occulte. Ne me demandez surtout pas d’aimer ces hommes-là.

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J’écris ce texte suite à la diffusion de l’Emprise sur France 2 lundi soir et au billet de Charlie Dupin.

Je n’ai pour ma part pas regardé le film. La réalité je ne la connais que trop bien. Pas personnellement en ce qui concerne la violence physique, mais par procuration. Cette réalité est difficile à intégrer mais elle existe. Cette réalité c’est le quotidien de milliers de femmes dans le monde. La violence tue encore aujourd’hui.

J’ai lu quelques commentaires et j’ai envie de vous dire « à la première claque, il est déjà trop tard ». J’ai été élevée à la sauce « à la première claque tu pars ». C’était ancré dans mes veines. Mais la vie m’a démontré que la première claque n’arrive pas par hasard. Le terrain est préparé à l’avance. La violence s’invite presque incognito. Mots de travers, harcèlement, pressions, insultes, éloignement, jalousie excessive, menaces, manipulation. A chaque « pas si grave », la violence prend de l’ampleur, le bourreau tisse sa toile.

Beaucoup de femmes se demandent sûrement comment savoir, comment reconnaître la violence. Je dirai qu’à partir du moment où il y a un doute dans votre esprit, où vous sentez que vous changez d’attitude quand vous êtes en présence de votre compagnon, quand vous perdez une partie de votre liberté, quand vous vous sentez humiliée par ses gestes et ses mots, il y a violence.

Dans un couple on se dispute, c’est un fait. Mais quand on se dispute et qu’on se prend une claque, quand on se dispute et qu’on se trouve forcée à avoir un rapport sexuel, quand on se dispute et qu’on est méprisée, quand on se dispute et qu’on marche sur des œufs pour ne pas offenser l’autre davantage, là il y a un réel problème, là ce n’est pas acceptable.

Partir. Vu de l’extérieur, c’est le seul conseil censé qu’on peut donner. C’est la seule issue possible. Mais vu de l’intérieur, partir est un gros risque à prendre. Il faut savoir que l’emprise a fait son travail de sape, que la femme ne sait plus qui il est, ce qu’elle vaut. Elle est sous la coupe de son compagnon. Et souvent, elle a des enfants.

Partir sans enfant, c’est très difficile. Partir avec un ou des enfants, c’est presque un pari fou (mais réalisable si on est très entouré ou quand la rage de vivre devient plus forte que la souffrance vécue, ce qui arrive tôt ou tard)

Pourquoi ?

Parce que ça demande une dose d’énergie que la femme n’a presque plus. Le peu d’énergie qu’il lui reste lui sert à survivre et à protéger autant qu’elle le peut ses enfants, si elle en a, à se protéger elle-même, en anticipant les crises.

Parce que l’autre sait appuyer là où ça fait mal et n’hésitera pas une seconde à faire des chantages au suicide ou à la menacer de lui prendre ses enfants, de la tuer, si elle le quitte. La menace crée une peur réelle, difficilement maîtrisable pour la victime.

Parce qu’il n’y a pas assez de structures d’accueil, parce que les femmes victimes de violence (physique, sexuelle, psychologique, économique ou morale) parlent rarement de ce mal qui les détruit, parce que leur douleur n’est pas assez entendue (quand vous pensez qu’il faut une ITT de x jours pour que votre cas soit considéré comme grave) parce que souvent leur tissu familial et amical est réduit à une peau de chagrin (le bourreau a su faire le tri), parce qu’elles ont peur de perdre la garde de leurs enfants, parce qu’elles ont peur de ne pas s’en sortir seules, parce qu’elles sont vulnérables.

Ne juger jamais une femme victime de violence. Soyez là, à l’écoute. Ne lui dites pas de partir mais orientez là vers des structures d’aide, des associations, des centres d’accueil, des psychologues, enfin des personnes qui sauront quoi faire. Ne perdez pas espoir. Ne la critiquez pas si elle part, puis revient. Une femme victime de violence ne peut pas sans sortir seule. Elle a besoin des autres. Mais elle a surtout besoin que les autres l’aiment et l’aident inconditionnellement, la soutiennent et lui donnent les moyens de rebondir.

Si je pouvais, je me hisserai en haut de la statue « Place de la République » et je dirai au monde de se réveiller, d’ouvrir les yeux devant ces tragédies du quotidien, qui se passent sur nos paliers, à deux pas de nos vies bien rangées, que ces femmes à la dignité violée, nous les croisons tous les jours, qu’elles arpentent les rues à nos côtés, qu’elles ne sont pas à part, qu’elles font partie intégrantes de notre société et que le mal dont elles et leurs enfants sont victimes, il faut le combattre à tout prix et l’enrayer.

Sur le sujet, je vous conseille le Blog de Kim (en Anglais). Kim a ouvert ce blog après le meurtre de sa sœur, par son mari. Elle milite activement contre les violences faites aux femmes.

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47 thoughts on “Ne me demandez pas d’aimer ces hommes-là

  1. P'tite fée says:

    Pas de mots pour décrire ces horreurs vécues par tant de femmes. C’est vrai qu’il n’y a pas beaucoup de structures pour les aider et l’entourage ferme les yeux parfois.
    Non il ne faut pas les juger, elles n’ont que lui alors elles reviennent toujours par peur de représailles encore plus grandes.
    J’en ai vu des femmes battues, des clientes mais on est impuissant face à leurs visages ravagés et leurs regards fuyants et surtout la présence à leur côté de leur bourreau.
    Merci d’en avoir parlé.

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    • Marie Kléber says:

      Il n’y a pas assez de soutien ma belle, c’est une réalité d’autant plus douloureuse qu’elles sont encore nombreuses à vivre ces situations dramatiques. Pour être partie (sans coups), il m’a fallut un soutien béton de ma famille et de mes amis, pour ne pas replonger. Sans eux, je sais que j’y serai retournée, car il me manquait autant qu’il me dégoutait.
      Ce qui est dur c’est d’être là et de ne rien pouvoir faire. C’est pour ça que j’écris ces mots. Parce que les mots d’autres femmes m’ont aidé quand j’ai sombré…
      Merci à toi d’avoir lu et commenté sur ce sujet délicat.

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  2. Bernieshoot says:

    un article fort et poignant, oui à la première claque il est déjà trop tard, qui ouvre les yeux aux femmes et surtout les aide.

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  3. Petitgris says:

    J’ai regardé le film et revécu exactement le scénario de mes 15 ans d’enfer….tout le monde autour de moi se voilait la face, ne voulait même pas témoigner lors du divorce. Au bout du long calvaire j’avais réussi a le mettre sous surveillance de la police….je suis consternée de voir que des années plus tard rien n’a vraiment changé 😢 bisous

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    • Marie Kléber says:

      Je crois que c’est ce qui est le plus difficile pour les femmes victimes, se rendre compte que rien n’a changé. C’est ce qui bouleverse ma mère aussi. Je crois qu’au moment d’un divorce on se rend compte qui est un ami et qui ne l’est pas. L’horreur était là, sous leurs yeux. Et personne n’a rien fait.
      Bises à toi et merci.

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  4. lamisstamara says:

    Moi non plus, je n’ai pas vu le film. Mais je sais que ce film est une réalité bien presente autour de nous. J’ai la chance d’avoir un mari aimant, mais cela rend d’autant plus injuste ce que vivent ces milliers d’autres femmes… Ton billet est très poignant. Grosses bises Marie.

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    • Marie Kléber says:

      Heureusement qu’il y a des hommes biens Karine. Je crois que c’est aussi ce qui aide les femmes victimes de violence à reconstruire. Je crois que le film est à voir quand la vie est plus douce et calme. Merci à toi pour ton soutien. Je t’embrasse.

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  5. Wondersissi says:

    Comme je disais a Charlie je n’ai pas voulu le voir, trop dur… J’ai beaucoup trop de copines a qui c’est arrivé, pourtant indépendantes, diplômées, sans enfant et qui ont eu du mal a partir… C’est un piège odieux cette situation et qu’on condamne encore des femmes par le silence ou l’inaction me colle la gerbe….

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    • Marie Kléber says:

      La violence touche tout le monde. On a l’impression parce qu’on a fait des études, qu’on est indépendante avec un bon boulot, qu’on ne tombera pas dans le piège, jusqu’au jour ou le piège se referme sur nous. C’est pour les mêmes raisons que toi que je ne l’ai pas regardé Wondersissi. Prends soin de toi.

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  6. Dhelicat says:

    Je n’ai pas regarde le film, trop frais encore sans doute pour moi… Le harcèlement je connais je l’ai vécu dans mon couple pendant 22 ans car cela a commencé finalement quand j’y repense peu de temps après le mariage… Partir ce grand débat: pas si simple avec enfants c’est quasi impensable partir signifie argent, soutien logistique,etc… Il y a cette peur au ventre, et tout le reste et puis il faut être prêt dans sa tête à dire stop… quand je suis partie alors quil me traitait de folle et de pauvre fille parceque j’osais le quitter avec trois enfants à charge il m’a fallu trouver un appartement assez grand pour nous accueillir et surtout trouver quelqu’un qui se porte caution pour moi… Tout le monde n’a pas l’aide des services sociaux… Mais quelle délivrance! Partir avant qu’il ne soit trop tard…. Car en effet à la première claque à la première humiliation il est déjà trop tard et si l’on donne le change cela arrange bien l’entourage qui ferme les yeux, c’est si dérangeant pour les autres un couple qui va mal à ce point! Bisou ( Marie très beau texte comme toujours)

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    • Marie Kléber says:

      Merci Catherine. Et merci pour le partage de ton témoignage. Je pense que c’est nécessaire aussi de dire qu’on peut partir, même si c’est dur, même si ça demande de faire des centaines de compromis. C’est possible. Et c’est vital. Pour soi, pour ses enfants, pour l’avenir.
      Grosses bises de nous deux.

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  7. fedora says:

    Je n’ai pas vu ce film. Je n’ai pas non été victime de violences… physiques. J’ai été élevée, comme toi, à “la première claque est de trop” et “une femme DOIT travailler pour pouvoir partir”… Tout allait bien… Jusqu’à ce qu’il se fatigue de moi, en trouve une plus… une plus… voilà. Après, c’était humiliations sur humiliations devant ma famille, son personnel, son fils… Il a essayé de me couper de mes amis (ce qui était débile vu que, visiblement, il voulait juste que je me casse). Il partait plusieurs jours, revenait, buvait, me rabaissait… J’étais enceinte. Je l’ai foutu dehors (en gros hein). Heureusement, j’allais depuis plusieurs mois chez une psy. Je pense qu’elle m’a sauvé la vie. Les violences faites aux femmes mais aussi aux enfants et aux hommes (on les oublie parfois) dans le cadre domestique me semblent particulièrement crapuleuses et devraient, à mon sens, être beaucoup plus lourdement sanctionnées (ou tout simplement prises en compte)… Elles impliquent un acharnement de la part de quelqu’un qui devrait être “bienveillant” et “aimant”… C’est du sadisme (à mon avis, hein… après chacun le sien) et de la manipulation.

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    • Marie Kléber says:

      Du sadisme, de la cruauté, de la manipulation, de la jalousie maladive. Ces hommes et ces femmes parfois, tu as raison de le souligner, sont des malades et oui ils devraient être poursuivis plus séveremment par la justice. Car la violence conjugale et familiale est un crime au même titre que les autres.
      Tu as réussi a quitter un conjoint violent, peut-être pas physiquement, mais psychologiquement sans aucun doute. C’est ma psy moi aussi qui m’a ouvert les yeux. Je crois que des que quelque chose cloche il ne faut pas hésiter non plus à en parler, à se faire aider et surtout sortir de ce cycle de culpabilité.
      Merci ma belle pour ton partage.

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  8. Cavali'Erre says:

    Difficile à croire que les choses peuvent en arriver là, et pourtant elles sont bien trop nombreuses. Je pense en te lisant à ce texte, d’une blogueuse médecin, qui nous parle de ceux qui savent si bien nous mener là où nous ne voulons pas aller, petit pas par petit pas, jusqu’au moment où l’on se rend compte qu’il est “trop tard”: http://www.jaddo.fr/2008/10/05/la-force-de-la-perversion/
    Quel courage et quelle force il faut alors pour s’en sortir.

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    • Marie Kléber says:

      Emilie, merci beaucoup pour le partage de cet article, que je trouve très juste. C’est excactement ca. Doucement on accepte des choses, sans vraiment s’en rendre compte ou en se disant cette fois c’est pas grave. De “pas grave” en “pas grave”, on se retrouve pris au piège.

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  9. Freyja says:

    Pour ces femmes, c’est jusqu’à leur identité qui se trouve bafouée. Comment s’accorder le droit de partir lorsqu’elles se sentent même dépossédée de leur propre vie, de leur propres pensées?

    Le meilleur à faire, c’est en parler, écrire, décrire, pour mieux voir, détecter, soutenir, veiller.

    Très bel article.

    La campagne “Fred et Marie” explique très bien le phénomène de l’emprise et ses mécanismes.

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    • Marie Kléber says:

      C’est très juste Freyja. En parler, je suis bien d’accord. La campagne “Fred et Marie” m’avait pas mal interpellée et m’avait également prendre conscience que ce que je vivais n’était pas tout à fait normal. Merci pour ton partage.

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  10. Aileza says:

    Tout ce que tu dis et décris si bien est tellement cruel mais tellement vrai ! Tant que les femmes victimes de violences conjugales, viols ou harcèlement se sentiront coupables parce que la société ne les prend pas en considération, ne les protège pas et parfois même ne les respecte pas, le problème restera insoluble. A nous toutes et tous de réagir et de faire évoluer les choses pour que ceux qui en ont le pouvoir prennent enfin de vraies décisions ! Merci Marie pour cet article indispensable.

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    • Marie Kléber says:

      Tout à fait d’accord avec toi Aileza. C’est nécessaire et important de prendre en compte la souffrance de ces femmes, de les aider à sortir de ce cycle infernal. Tant qu’on ne prendra pas conscience qu’il faut agir maintenant et sanctionné ce crime, on laissera des criminels en liberté et la société continuera à tuer des victimes innocentes. Merci à toi d’avoir pris le temps de le lire aussi.

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  11. Chriss FV says:

    Bonsoir Marie,

    Un beau texte sur un sujet très poignant.

    J’ai vu le téléfilm en replay ce jour avec ma compagne. Elle, aussi, comme beaucoup, se demande comment cela est-ce possible d’être sous l’emprise d’autrui à ce point…et pourquoi ne pas fuir. Je lui ai fait lire ton post.

    Dans un entretien pour un journal, la vraie Alexandra Lange, déclare que le téléfilm est une “pale copie de la réalité”…(je n’ose imaginer l’enfer qu’elle a vécu) mais qu’il est utile.
    Je pense aussi que c’est -entre autre- en montrant la réalité que l’on fera prendre conscience du calvaire enduré par de trop nombreuses femmes.

    Chriss

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    • Marie Kléber says:

      Merci Chriss.
      Vu de l’extérieur, je sais que c’est difficile à comprendre et à intégrer. Je me le suis dit des centaines de fois moi aussi. Sauf qu’à un moment, on ne se rend même plus compte qu’on accepte l’innacceptable. On fait avec.
      Je crois qu’on n’imagine jamais vraiment la violence, la haine d’une homme. Montrer choque et heureusement. Le gros risque c’est que cette violence gratuite ne choque plus et qu’on s’y habitue alors même qu’elle est intolérable.

      Marie

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      • Chriss FV says:

        De part mon travail en Psy, je sais que ces hommes violents sont, pour la plupart, malades -ce qui ne les excusent en rien. Ils ont d’ailleurs souvent d’autres pathologies associées (addiction,etc). Ils sont généralement conscients de leurs actes mais sont dans le déni de leur(s) pathologie(s).
        Il est aussi difficile de comprendre et d’admettre cela.
        C’est très complexe.

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      • Marie Kléber says:

        Très complexe. J’ai d’ailleurs arrêté d’essayer de comprendre, de les comprendre. Peut-être que d’ailleurs ça ne sert à rien. Mais je pense qu’il faut aussi mettre en place des programmes pour les aider et les sortir de leurs addictions, de leurs dépendances. Si on ne les aide pas, on n’enrayera jamais le mal. Merci Chriss

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      • Chriss FV says:

        Oui, ça devrait être évident qu’il faille à la fois prendre en compte la détresse des femmes en leur apportant des aides (écoute, hébergement, etc) ET au minimum une obligation de soin, en plus des conséquences pénales.
        Malheureusement, la réalité en est loin…

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  12. Melgane says:

    J’ai vu un reportage il y a quelques semaines… le drame c’est que les hommes savent très bien qu’avec des enfants ça change tout. La victime interviewée avait 5 enfants et elle a rapporté les propos de son ex compagnon : “à ton avis, pourquoi je t’ai fait un enfant tous les ans ?” (ou quelque chose dans le même genre).
    Maintenant je vais dire quelque chose qui a déjà été beaucoup dit pour beaucoup d’autres choses mais je vais le dire quand même : on s’est élevée pour Charlie Hebdo, quand Rémi Fresse s’est fait tuer accidentellement les étudiants ont foutu le bordel sans même réfléchir… mais qu’est-ce que l’on fait pour toutes ces femmes qui ne meurent pas accidentellement ? Toutes celles qui se font violer ? Les enfants ? Et a plus grande mesure les guerres ?

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    • Marie Kléber says:

      On ne fait pas grand chose et ça me bousille Melgane. Car le danger est là, si proche et si mesquin.
      Bien entendu les enfants servent de monnaie d’échange. Toujours et tout le monde le sait, surtout les bourreaux.

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  13. nancyraphaelle says:

    Bonjour Marie,
    quand je te lis j’imagine les scènes … c’est terrible, c’est triste et comme toi on a envie de crier au monde entier “réveillez vous et faites quelque chose pour ces femmes qui sont humiliées, battues ou violées” dans leur foyer.
    Je vais aller voir le blog de KIM.

    Merci Marie pour ce combat que tu mènes et que nous devrions TOUS mener.

    GROS BISOUS à vous deux !!!!!!

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    • Marie Kléber says:

      Chère Nancy, mille merci pour tes mots. C’est notre combat à tous, à notre niveau. Je sais que même des mots peuvent changer les choses. Le blog de Kim m’a aidé à passer ce cap, celui du départ, avant que les coups ne soient venus remplacer le mépris, les insultes déguisées et les menaces.
      Grosses bises de nous deux.

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  14. laitfraisecreation says:

    Ce texte me laisse sans voix, c’est si dur… On pense qu’on est loin de tout ça, pourtant, nos amis, nos voisins, n’importe qui peut subir ce genre de malheur. Je dis bien malheur, car c’est parfois une emprise qui nous échappe, qui nous prend et ou ravage au passage. J’espère je jamais vivre ces instants traumatisant ou du moins j’espère avoir la force et le courage de réagir. Ton texte me retourne et me bouleverse en même temps, tu n’as peut-être pas vu le feuilleton moi non plus mais j’en ressens tout autant le mal-être…

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    • Marie Kléber says:

      Une emprise qui nous échappe, totalement, et qui fait des dégats considérables. Je te souhaite de tout coeur de ne jamais vivre cela et que si ça t’arrivait tu te souviendrais de ces mots. Aucune femme ne mérite un tel traitement. Aucune. Et rien ne justifie la violence, ABSOLUMENT RIEN.
      Belle soirée à toi.

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  15. missfujii says:

    Très bel article, qui décrit parfaitement le monde des femmes battues, et qui plus et est écrit avec beaucoup de justesse. Cette année encore j’ai participé aux journées internationales de lutte contre les violences faites aux femmes. Dans ma ville et alentour. A ce sujet j’ai déposé un article moi aussi.
    http://missfujii.over-blog.com/tag/cinema/. Lors de cette journée j’ aimais particulièrement deux films, Réfugiado, dont je traite dans mon article et le procès de Viviane Amsalem, que je te recommande si tu ne les a pas vu.

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    • Marie Kléber says:

      Merci MissFujii. J’apprécie le thème de ce film que je ne connais pas. Car oui le départ est angoissant, terrifiant. Et pourtant c’est la seule porte de sortie pour ces femmes, risqué mais tellement libérateur.

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  16. tetedelinette says:

    Je me demande si les hommes qui font cela sont vraiment conscients du mal qu’ils font . Un peu certainement mais leurs actes sont-ils réfléchis ou bien sont-ils tout simplement “malades” ? mes collègues diront que je cherche encore la part de “bon” même dans les pires des humains…..Je n’excuse pas pour autant ces actes. Je veux juste comprendre…

    Ce soir, au journal d’M6, on parlait d’un homme battu par sa femme, qui vient justement d’écrire un livre parce-qu’on reconnait encore moins que ce genre de situation aussi existe.

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    • Marie Kléber says:

      Certains le sont, d’autres pas du tout. J’en ai vu aller consulter volontairement pour se “désintoxiquer” de la violence. Parfois comprendre est impossible. Ce qui est sur c’est que ces personnes doivent être suivies, aidées. Les femmes (ou les hommes, car oui il y a des hommes battus) ne peuvent pas aider leur conjoint à s’en sortir. Seule une aide extérieure est nécessaire, c’est pour ça que leur survie passe par la fuite ou le départ…

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    • Marie Kléber says:

      Comme toi j’ai apreçu quelques plans et j’ai su que je ne regarderai pas. Merci pour ta lecture et tes mots ma belle. Ils sont importants. Bises

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  17. Marie says:

    Oui, oui et oui ! Un sujet crucial dont il faut parler le plus possible, ne fut-ce que pour aider les femmes concernées à prendre conscience du fait que ce n’est pas normal et qu’elles n’ont pas à subir ça. La violence physique est dramatique bien sûr, mais je suis particulièrement sensible aux situations de violence morale, plus insidieuses, totalement invisibles de l’extérieur, et qui détruisent les personnes de l’intérieur jusqu’à les anéantir sans que personne ne voie rien. Mépris, dévalorisation au quotidien, manipulation mentale, etc. détruisent aussi sûrement que les coups, mais sans laisser de traces visibles. Et quel recours, alors, pour ces femmes ??? Comment faire entendre la gravité de la situation vécue ? On vous répond immanquablement que ce n’est pas si grave, puisqu’il n’y a pas de coups !
    Sauf que vous, vous vivez l’enfer…
    Quant à partir, c’est loin d’être simple quand on consacre toute son énergie à éviter de contrarier l’autre, quand on fait tout pour ne pas lui déplaire. Est-ce qu’on aura l’idée d’abord, puis la force de faire LA chose qui le mettra hors de lui ?
    Je suis d’accord avec ce que tu dis sur le fait de changer sa façon d’être en présence de son conjoint. C’est un signal d’alarme qui devrait faire réagir, même dans les couples qui vont bien.

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    • Marie Kléber says:

      Je suis comme toi trè sensible aux autres formes de violence qui ne laissent pas de traces visibles mais qui détruisent tout autant. On en parle beaucoup moins et pourtant elles existent, elles sont réelles et elles font d’énormes ravages.
      Les femmes qui osent en parler finissent même par culpabiliser de ne pas être à la hauteur, car la réponse est souvent la même…
      Je pars du principe que dès qu’on change sa façon d’être, de faire, de parler, de s’habiller en présence de l’autre, sur la durée, c’est que quelque chose cloche. Il faut réagir vite.
      Merci Marie pour ta lecture et ton partage. C’est très important et nécessaire.

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  18. Orlane Astrid Boudier says:

    Si cet article possède 41 commentaires, c’est qu’il le mérite. Le mien, un de plus, ne changera peut-être pas la donne mais il sera tout ce qu’il y a de plus sincère.
    J’ai regardé ce téléfilm. Je l’ai regardé avec les larmes dans les yeux, et après l’avoir visionner je n’étais pas bien du tout. Même si je n’ai pas vécu ça, je connais des femmes qui ont été dans ce cas-là. De nombreuses femmes. Et je n’étais pas bien à cause de ça, du fait qu’on laisse encore et encore des hommes saccager la vie de femmes qui, elles, sont des femmes de biens, prêtes à pardonner, prêtes à tout faire pour leurs enfants. Prêtes à tout. J’aimerai tant changer les mentalités, enlever le cerveau de ces hommes et leur greffer une intelligence, une pitié, de l’amour dans les veines.
    Je trouve ça horrible, tout simplement. Je n’étais pas bien après le film car comme le dit l’article que tu as cité “il faut s’armer de courage”. Je l’ai eu, mais je ne l’ai finalement pas assumer car j’ai fondu en larmes.
    Ce film a été un véritable trouble pour moi. En même temps, il m’a fait du bien. Et puis, il m’a fait du mal.

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    • Marie Kléber says:

      Et j’ai envie de dire heureusement Orlane. Car le risque c’est que cette violence devienne ordinaire. Elle l’est parfois. Par exemple aujourd’hui il y a des types capables de te dire “ce qu’il y a eu entre vous c’est pas grave”, quand ton compagnon t’a forcé à te marier ou t’a menacé de te tuer. Une fois, c’est toujours une fois de trop ou des gens qui te disent “si il a fait ça, c’est forcément que tu l’as cherché”. Non, Mille fois, 10000 fois NON.
      C’est certain nous avons toutes au moins une amie, une connaissance, victime de ce chantage affective, de cette violence gratuite qui tue, qui anéantit, qui détruit.
      Je crois que tant que les femmes (et certains hommes aussi) à travers le monde ne seront pas respectées dans leur identité, leur intégrité, il faudra se battre, regarder ce qui fait mal, pleurer si il le faut et retrousser ses manches pour faire reculer la violence.
      Merci à toi d’avoir réagit à cet article.

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Un petit mot doux pour la route...

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