Posted in Carnets de route

Face au chagrin des autres

Quand on est dans la peine, quand on souffre, quand chaque minute, chaque pas nous apparait comme une montagne infranchissable, il y a, à nos côtés, des êtres qui savent nous soutenir et d’autres qui sont complètement à côté de la plaque. L’intention est peut-être là, mais les mots sont mal choisis.

Je crois que devant le chagrin d’une personne, il faut savoir être silencieux, il faut savoir accepter ce que l’autre à envie de partager et ce qu’il/elle a envie de garder secret. Il faut savoir être là, sans être omniprésent. Il faut savoir se retirer quand le moment se présente.

Novembre. J’ai encore beaucoup de mal avec ce mois-là. Dans quelques semaines, décembre arrivera pour mon plus grand bonheur. Novembre m’indispose, avec ses souvenirs tordus et noirs, avec ses rêves fendus en plein vol, avec ses larmes qui ont fini par sécher mais qui ont laissé dans mes nuits des souvenirs bien fades.

Quand je suis rentrée, anéantie, il y avait du monde autour de moi. Il y a eu ceux à qui mes blessures faisaient terriblement mal, qui ont cependant lu mes mots, qui ont écouté mes cris, qui ont juste su me tendre la main, sans rien dire, qui ont juste su être là, qui m’ont rassurée simplement.

Et puis il y a eu les autres, ceux qui ont répété toutes ces phrases sans aucun sens. « Sans regret », « le passé, c’est le passé », « il y en a d’autres qui souffrent », « toi, tu as ton enfant au moins », « pensez à lui, il doit aussi souffrir de votre départ », « il y a pire que toi », « tu as fait ton choix, arrêtes d’en vouloir au monde entier », « assumes, tu es adulte », « il faut savoir tourner la page »…

J’avais envie de leur hurler au visage que tous leurs mots, c’était de la merde, que m’enfoncer la tête sous l’eau, ça ne servait à rien, j’avais déjà le sentiment de couler, de ne plus pouvoir respirer, de mourir à petit feu. Je n’avais plus de force pour les rembarrer, pour leur dire leurs quatre vérités en face. Mais je notais toutes leurs inepties dans un coin de ma tête, pour me rappeler de ne jamais les prononcer. Jamais.

On est là. On t’aime.

C’est suffisant. C’est tout ce qu’on demande quand la vie se dérobe sous nos pieds. Demain est une illusion. Chaque seconde compte. Chaque seconde à la fois. C’est tout ce qu’on peut se permettre quand notre vie s’effondre et que s’étalent sous nos yeux les restes de ce qui fut et ne sera jamais plus.

Je suis là. Je vous aime.

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Author:

Auteur - Blogueuse et Poète. J'écris comme je respire... Author - Blogger and Poet. Writing is my breath, my voice, my dream...

39 thoughts on “Face au chagrin des autres

  1. C’est vrai que ta dernière phrase est celle qui réconforte, celle qui fait du bien , celle qui suffit ! Tous les donneurs de leçon ne sont jamais passés par là et s’en moquent au fond . J’ai souvent eu envie de tourner les talons en me bouchant les oreilles à l’époque ! Laisse dire et tourne toi vers ceux ( celles ) qui te comprennent ! Bonne soirée Marie Bisous

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    1. On entend de tout quand on subit les affres de la vie Paulette. Je crois qu’il suffit de peu de mots pour réconforter les autres. Bonne soirée et merci pour ton soutien, encore et toujours.

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  2. C’est si juste.
    Dans les personnes qui ne savent pas comment elles doivent réagir, il y a ceux qui disent des choses que tu n’a surtout pas besoin d’entendre, qui sont “à côté de la plaque” et il y a aussi ceux qui ne font rien, comme si rien ne s’était passé, et çà aussi, ça fait mal, quand on a besoin de se sentir soutenu. Je préfère 100 fois une personne qui va te dire, “je ne sais pas quoi te dire, mais sache que je suis là pour toi” à quelqu’un qui fait comme si de rien n’était alors que toi, tu étais là quand elle, avait besoin de parler….

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    1. J’avais en effet oublié toutes celles qui nient l’existence de la souffrance d’autrui Linette. Ce silence là fait très mal, tu as raison.
      Trouver les mots pour apaiser l’autre, ce n’est pas évident mais l’avouer et être là, c’est beaucoup, c’est ce qui fait la différence.
      Mille merci à toi. Bises

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  3. Il y a les maladresses mais pleines de bienveillance et de tendresse. Et il y a les gens qui manquent d’empathie, qui jugent, qui se disent “ah non mais MOI a sa place”…. Et ceux la, vaut mieux les effacer de la carte!! Bises Marie

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    1. J’ai horreur des ‘moi, à sa place” ma belle. Parce qu’on n’y est pas justement à la place de l’autre…
      La tendresse l’emporte toujours sur le jugement, c’est une évidence. Je t’embrasse fort, en espérant que tout va bien pour toi et les tiens.

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  4. Merci d’être là ❤
    C'est bizarre que tu publie ce texte aujourd'hui, j'ai justement un texte en préparation sur ce même sujet – faire face à la peine des autres. Ce n'est pas toujours facile de trouver les mots qui réconfortent. Au fond, il vaut mieux parfois se taire et tendre l'oreille…

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    1. J’attends ton texte avec impatience alors Marie!
      Je suis bien d’accord, trouver les mots est un exercice périlleux, quelques fois on croit bien faire et on se plante en beauté. Mais être là pour écouter, sans donner son avis, sans partager ses idées, c’est très important pour celui qui souffre, car il se sent compris, écouté, aimé.

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  5. Texte si vrai et si poignant ! Merci de rappeler quels mots sont de véritables coups d’épée dans le cœur d’une personne en souffrance. Ecouter, être là, dire à la personne qu’on l’aime sont souvent de grande valeur. Plein de bises et merci encore pour ce billet très touchant.

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    1. Merci Karine. Parfois les mots font plus de mal que le silence et enfoncent celui qui tente d’avancer avec peine. Ecouter est très important, essentiel. C’est une manière de montrerà l’autre qu’il a de la valeur, qu’on comprend aussi sa douleur, qu’il n’est pas seul face à elle.
      Grosses bsies à toi et belle soirée.

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  6. Oh que c’est vrai marie… Parfois les gens veulent bien faire et c’est très maladroit, ça ne signifie qu’ils ne t’aiment pas mais ils n’aident absolument pas…… mes parents font partis de cette catégorie si tu veux tout savoir !!!

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    1. Les miens aussi! Ils sont juste maladroits et comme ils sont souvent directement concernés, notre douleur, nos souffrances et nos doutes les touchent en plein coeur.
      Grosses bises à toi et Michoco.

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  7. ta présence Marie, ta gentillesse, tu es toi et cela suffit pour que l’on t’aime, c’est un réel bonheur de te connaitre, de te suivre, de te lire, cela fait partie des jolies choses que nous offre la vie: une rencontre avec une belle personne, et tu es cette belle personne alors merci à toi d’être là tout simplement. plein de bises ainsi qu’au petit prince amitié à tes parents…

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    1. Merci pour ces adorables compliments Catherine.
      Nous avons réussi à contourner nos écrans et j’en suis ravie.
      Je t’embrasse bien fort et prends soin de toi. Bises de nous tous.

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  8. Tu écris si bien et résumes si bien que je suis toujours admirative de tes textes. Merci tout simplement d’être là Marie. Je te souhaite une excellente soirée ainsi qu’à ton petit bonhomme. Bisous.

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    1. Merci Béa.
      On aimerait parfois faire plus, soulager la peine de l’autre, la faire disparaître, la porter à sa place mais rien de tout ça n’est possible. Alors parfois il suffit juste de penser fort à l’autre, de lui laisser l’espace pour parler ou pas, le laisser venir à nous à son rythme.
      Saches que tu es dans mes pensées et prières Béa. En tant que maman, je pense que je peux imaginer ta douleur et celle de tes proches. Prends soin de toi.

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    1. Merci beaucoup. Parfois, il suffit d’une présence, d’un mot, d’un geste pour soutenir l’autre dans l’épreuve.

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  9. J’ai du mal avec les personnes qui ne disent rien, le silence me fait plus de mal finalement. Il arrive souvent que je ne sache pas quoi dire de peur de faire plus de mal que de bien avec ma maladresse légendaire, mais je sais qu’un “je pense à toi, suis là” c’est immense comme mots pour moi à entendre alors j’essaie de les donner et d’expliquer que ce n’est pas la quantité de mots qui comptent mais la sincérité et l’attention qu’on porte à la personne qui font le plus de bien. Ces mots qui nous font sentir moins seules.
    Merci d’être celle que tu es ma belle, d’être là. Je ne suis jamais bien loin et je t’aime depuis ma ville d’adoption ❤ Gs gs bisous à toi et ton ptit bout

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    1. ” je pense à toi, suis là “. C’est pas compliqué et ça peut faire des merveilles ma belle. C’est vrai que ce n’est pas toujours facile de trouver les mots pour réconforter quelqu’un. Moi je pense qu’une présence vaut tout l’or du monde.
      Grosses bises de nous deux et prends bien soin de toi. Merci pour tes adorables messages.

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  10. Très joli et très juste article… C’est difficile de savoir trouver les mots, mais comme tu le dis, ce qui compte avant tout c’est la compréhension de la douleur de l’autre. Courage Marie, on t’aime aussi!

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    1. J’ai conscience que ce n’est pas toujours facile pour les autres qui se prennent notre douleur en pleine face de réagir, de trouver les bons mots. Mais la réalité c’est que peu de mots sont nécessaires quand tout déraille. Savoir qu’on n’est pas seul, qu’on est aimé est souvent suffisant pour nous permettre d’avancer.
      Mille merci à toi Illyria

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  11. Il y a toujours des gens qui s’occupent de nous dire comment nous devons vivre. Et puis ceux qui, à nos côtés, poursuivent tranquillement leur chemin, sans jugement, mais présents, toujours. Ceux-là sont nos forces. 🙂

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    1. Tout à fait Sophia.
      Chaque situation est différente. Chaque douleur ne se soigne pas de la même façon.
      Merci

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  12. Un grand merci pour cet article!

    Je traverse une période de ma vie pas terrible avec entre autre une rupture que j’ai du mal à encaisser. Et je me suis sentie très seule. Parce que les gens autour de moi ne savaient que sortir des phrases toutes faites. “il y en aura d’autre” “c’était qu’une histoire pas sérieuse qui a pas duré longtemps” “passe à autre chose” “tu verras le temps arrangera les choses” “si ça c’est fini c’est que ça devait pas se faire”.

    Et je leur en ai voulu pour ça. Merde, j’ai pas besoin d’entendre ça. Même si certaines choses ne sont pas fausses, je ne suis pas prête à l’entendre. Juste une main tendue, une épaule sur laquelle pleurer, une oreille attentive. C’est tout ce que je demande. Je ne demandais pas qu’on règle mes problèmes.

    Et puis j’ai culpabilisé. Quelle ingrate je suis pour cracher sur ces paroles qui se voulaient réconfortante.

    Mais ce sentiment de solitude, d’incompréhension perdure.

    Mais ton article me montre que je ne suis pas la seule à ressentir ça. Que ce n’est pas de l’ingratitude mais que les autres n’ont pas toujours l’attitude appropriée, ce qui n’enlève en rien leurs bonnes intentions. Juste parfois la douleur est trop forte et la réponse pas adéquat.

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    1. Ann Soo, Permets moi de te dire que toutes ces phrases toutes faites que tu as entendu, j’ai eu les mêmes. Et c’est des conneries tout ça. Parce que dans quelques mois, quand tu auras passé des caps, que tu auras fait le deuil de cette rupture, ces mots te feront sûrement moins de mal qu’aujourd’hui où tu as besoin que les autres écoutent ta douleur, soient juste là, pour que tu puisses t’épancher, pour que tu puisses avancer. Souvent les gens ne prennent pas conscience de la dureté de leurs mots. Ils ont du mal avec la peine d’autrui. Ils ne savent pas quoi faire alors ils utilisent les armes qu’ils peuvent, pour se protéger aussi.

      C’est tout à fait normal de se sentir seule et un peu perdue, face à ta peine et l’incompréhension des autres. Saches que je te comprends. Douces pensées pour toi.

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  13. Certains se sentent obligés de dire quelque chose, parce qu’ils pensent que c’est ce qu’on attend d’eux, parce qu’ils ont oublié comment c’est d’écouter tout simplement. La plupart ne sont pas malveillants, mais juste maladroits. Alors qu’un chocolat chaud et des chamallows suffisent, souvent. Il est un temps pour chaque chose, un temps pour le silence, puis ensuite un temps pour les mots. Mais l’impatience fait souvent brûler les étapes.

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    1. C’est tout à fait ça. Alors du coup ils disent des choses qui n’ont ni queue ni tête. Un temps pour chaque chose, c’est très juste, même si chacun voudrait que les deuils se fassent plus vite, ça paraît tellement plus simple sur le moment. Merci!

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  14. Merci pour cet article, pour sûr, il fait réfléchir sur nos réactions, notre rapport aux autres et amène du réconfort 🙂

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    1. Je suis heureuse qu’il te parle Amy. Mais c’est vrai qu’il n’est pas toujours facile d’assister ceux qui souffrent à nos côtés. Bienvenue chez moi!

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  15. Quel beau texte.
    Parfois, un geste suffit – ou tout simplement préparer un repas pour quelqu’un pour lui redonner des forces physiquement.
    Bises
    ” Demain est un autre jour “, disait Scarlett.

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Un mot doux pour la route...

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