Un équilibre fragile

Quand mon regard se pose sur les gens autour de moi, dans la rue, le métro, au travail, je me demande à quoi ils pensent, comment ils gèrent leurs soucis, si eux aussi ils ont l’impression de marcher sur des œufs tout le temps, si ils laissent couler quand ça ne va pas, si leur travail leur plaît, comment ils règlent les conflits.

Les vacances, malgré quelques petits couacs, m’avaient laissée apaisée. J’avais l’impression que les choses avançaient, que je prenais confiance en moi, que j’étais bien dans ma vie. J’étais d’ailleurs pleine de projets. Pour une fois, je me sentais bien avec moi-même et avec les autres.

Et puis la vie a repris. Mes parents sont rentrés avec l’escargot. Il a fallu réapprendre à cohabiter dans 40m2. Il a fallu réapprendre à vivre tous ensemble, à tout faire ensemble.

La médiation et les visites ont repris. Tout s’est décomposé d’un coup d’un seul. Le constat me blesse un peu. Jusqu’à quel point peut-on accepter une situation qui nous blesse ?

Au quotidien, je me retrouve au milieu d’un couple, celui de mes parents. J’ai l’impression d’assister à un match de tennis. Ma mère ne cesse de se plaindre de l’attitude de mon père. Et mon père reproche à ma mère de toujours se plaindre de lui. Ils se parlent mal. Chaque fois que ça chauffe, ma mère est à bout. Il faut alors faire attention à ce qu’on dit, à ce qu’on fait pour que ça ne dégénère pas, et qu’on en vienne à se balancer des horreurs à la figure.

Mon père n’est prêt à faire aucun effort. Il le dit d’ailleurs lui-même « je ne fais que ce que je veux ». Le problème c’est qu’il ne fait aucun effort non plus en ce qui concerne l’escargot. Quand je dis quelque chose, il dit et fait le contraire. Quand j’ai une idée, elle est forcément mauvaise.

Mais bien entendu, je ne peux pas mettre mes parents dehors. J’en ai déjà parlé avec eux bien entendu mais rien ne change. Et de leur côté, ils ont de projets mais ces projets restent théoriques. La situation semble leur convenir. « Au pire, on doit être partis dans un an… » comme le dit si bien ma mère.

Au boulot, c’est pareil. L’ambiance est atroce. Mon patron aime me dire que je ne sers à rien. Et souvent c’est bien ce que je me dis, car mon travail n’est pas passionnant. Heureusement que je suis assez indépendante et que quand je n’ai pas grand-chose à faire, je peux en profiter pour écrire. Et puis mon salaire, j’en ai besoin, pour payer mon divorce, racheter ma liberté.

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J’avance. Mais avec quelques larmes au bord des yeux en ce moment. Je n’ai pas envie de tomber, ni de m’écrouler, j’ai envie de savoir comment faire pour regagner cette confiance qui me fait tant défaut, pour avancer plus sereinement et accepter une situation qui est difficile à vivre. J’ai envie de savoir comment m’aimer, comment faire pour m’aimer pour au moins pouvoir trouver en moi l’énergie d’avancer et retrouver cet équilibre, même un peu fragile.

ps – Je n’écris pas ces lignes pour me plaindre, ni me faire plaindre mais bien pour dire les choses telles quelles sont et essayer de trouver des solutions. Je ne suis pas partie pour vivre une vie d'”à peu près”, ni pour servir de “tampon” dans le conflit qui oppose mes parents.

Source Image – Pinterest

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25 thoughts on “Un équilibre fragile

  1. Illyria says:

    Tu es obligée d’habiter avec tes parents? Ca doit être difficile pour toi de gérer tout ça, surtout comme tu n’habites pas seule… Courage Marie, c’est normal que tu aies du mal à affronter ce quotidien qui te pèse!

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    • Marie Kléber says:

      En fait c’est plus compliqué, ce sont mes parents qui vivent chez moi. Ils sont venus au début pour des problèmes de garde et pour m’aider. Mais ils sont aujourd’hui réticents à l’idée de partir et me laisser seule tout gérer.

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  2. fedora says:

    Franchement ? Je pense que si tu n’as plus besoin de leur aide au quotidien… et que cette aide devient pour toi un fardeau… il faudrait pouvoir leur dire de partir… Je ne dis pas que c’est facile mais je pense que ce n’est plus une aide pour toi ! ce sont tes parents, il st’aiment et ils doivent aussi comprendre que ça passe par le fait de te laisser de l’air. (sans jugement aucun hein). Je me connais et je sais que je ne pourrais pas revivre avec mes parents : leurs disputes, leur mode de vie, leur idée sur l’éducation… Ils sont adorables mais je ne pourrais pas… Et puis, ils parlent d’un an ! C’est énorme un an !! Courage en tout cas…

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    • Marie Kléber says:

      Tu as tout à fait raison Fedora. Nous en avons parlé à maintes reprises mais rien ne change. Et puis il faut dire qu’il y a eu le gros coup de cafard après-médiation de la semaine dernière qui n’a pas joué en ma faveur.
      Mes parents ont envie de partir mais ne sont pas prêts je pense à se retrouver tous les deux. Ils ne veulent pas l’admettre c’est tout.
      Alors je les presse pour qu’ils trouvent un studio à Paris, qu’ils commencent les démarches, qu’ils se bougent les fesses. Mais c’est un travail de longue haleine.
      Merci en tous cas pour ton soutien.

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  3. labiblidonee says:

    Je connais cette situation avec mes parents qui ne peuvent pas vivre ensemble sans s’engueuler et je suis contente d’en être partie : je ne supporte pas de passer un we avec eux sans une solide préparation psychologique avant !
    Pour autant je crois que oui, pour répondre aux questions que tu te poses en regardant les gens (et que je me pose aussi) : on en est tous là, à jongler entre nos problèmes, nos solutions, nos autres problèmes ou les mêmes qui reviennent, ceux des autres qui deviennent les nôtres, etc…
    Et même si on ne veut pas se plaindre, ça fait quand même du bien de poser des mots dessus pour tenter de les exorciser au moins un peu.
    Trouver un travail qui nous convient est important car on y passe énormément de temps, mais comme tu le dis c’est alimentaire. Alors que la santé, les gens qui nous entourent, notre vie de famille, ça c’est plus important mais il n’est pas de tout repos de gérer tout ça 🙂
    On ne peut qu’essayer au mieux tous les jours.
    Gros bisous

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    • Marie Kléber says:

      Se préparer psychologiquement, j’aime cette idée Onee. Mais bon il me faudrait une préparation psychologique pour tous les jours, m’armer en quelque sorte!
      Je pense que tu as raison, nous jonglons tous à notre manière avec nos problèmes, nos doutes, nos angoisses. Les partager permet parfois d’y voir plus clair, de passer le cap.
      Faire au mieux, avec ce qu’on a et accepter ce que l’on ne peut changer.
      Merci beaucoup et grosses bises à toi aussi.

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  4. Petitgris says:

    Pour te reconstruire tu aurais besoin d’être confrontée à toi-même. Tes parents ont cru bien faire en venant t’épauler mais en fait ils ne t’aident plus et finissent par te peser ! Ce doit être difficile de leur faire comprendre sans les heurter…mais il y va de ton équilibre. Courage Marie 🙂 Bisous

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    • Marie Kléber says:

      Très difficile Paulette. Ma mère est sans dessus dessous, a des envies de se foutre par la fenêtre et mon père est à cran, ne fait pas un effort. Ma soeur est aux anges car elle va se marier. Et je n’ai une fois de plus pas envie que tout vole en éclats, comme il y a 5 ans. J’ai encore en mémoire tout ce que je me suis pris en pleine figure (pour un type qui n’en valait pas la peine et qui m’a fait un mal de chien).
      J’essaye par petites touches de faire bouger les choses mais c’est un long processus, qui dure trop longtemps.
      Merci pour tout et grosses bises à toi aussi.

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  5. dhelicat says:

    Marie, ils sint venus pour taider, ils t’ont epaule au moment ou tu en avais besoin dans l’urgence ils obt ete la pour vous deux quand tu n’avais pas dautre sllution! certes mais il faut avoir le courage de leur dire stop si Tonio est en creche qu’au quotidien tu as une solution sinon cela finira par etre infernal difficile de le dire je nai pour ma part jamais ose pendant plus de 20 ans et ils me pompaient l’air que je respirais il faut trouver la force ( et oui encore ) de leur dire gentiment mais fermement: stop! ne peuventils prendre un studio a paris? afin que tu reprennes ton independance… que tu te retrouves toi ds ta vie propre, les parents ont tjs peur pour leur enfants mais …savoir seloigner est aussi notre role tu nes pas la pour gerer leur conflit ou incompatibilite dhumeur ca cest leur pb pas le tien… sils narrive pas a sentendre tu ne dois pas etre le tsmpon… tu as assez de soucis. si tu as envie de parler je suis la Marie… bisous

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    • Marie Kléber says:

      Je crois qu’aujourd’hui en effet nous avons tous besoin de prendre nos distances, de retrouver nos vies, à l’écart les uns des autres. Ils comptent prendre un studio sur Paris, mais il y a plein d’autres choses à faire autour et pour le moment c’est trop pour eux. Ils laissent couler.
      Je pense que c’est à moi de prendre les choses en main et peut-être de leur expliquer les choses, avec tact (ce qui n’est pas évident quand on est à fleur de peau) .
      Merci Catherine. Grosses bises de nous deux et au plaisir de se revoir très vite.

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  6. Wondersissi says:

    Oui c’est clair que vivre a 4 dans un 40m2…. Comment dire?!! :/ il faut tout de même garder en tête que ce sont eux les parents et toi la fille et que c’est à eux de pendre soin de toi et pas l’inverse… Tu n’as pas a jouer le rôle de tampon même si tu leur es reconnaissante! Au pire du pire, tu trouves un autre appart et tu les laisses eux dans celui la!! Courage Marie… Rien n’est encore vraiment stabilisé alors c’est bien normal que tu sentes ton équilibre précaire… Bises

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    • Marie Kléber says:

      Je crois qu’en effet tout est un peu fouilli en ce moment et c’est ça qui génère des angoisses à chacun.
      Il va falloir que les choses bougent et vite. Il va aussi falloir que je gagne en confiance pour leur dire ce que je ressens sans les blesser, et m’affirmer sans culpabiliser.
      Merci Wondersissi. Grosses bises

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  7. petiteyaye says:

    Oh lala. Ça doit être très lourd au quotidien, même si leur venue était au départ pour t’aider… 3 semaines de vacances chez mes parents et c’était déjà infernal… Chacun qui critique l’autre par mon intermédiaire. Mon papa ultra nerveux qui ne supporte rien et n’en fait pas une, ma maman débordée au moindre verre d’eau à servir en plus. J’ai fini les vacances en n’adressant plus la parole à mon père, pour garder le peu de positif qu’il restait pour moi. Trop critique, trop négatif, trop agressif. Dans des moments où tu as besoin de sérénité, de reprendre des forces, de souffler, c’est dur… vous seuls avez la solution pour vous, parfois ça prend du temps. L’afrique fait du bien dans ces cas-là : tu relativises beaucoup beaucoup car beaucoup de gens ici se réjouieraient de n’avoir que le huitième de nos “petits” problèmes existentiels… ça remet un peu les pieds sur terre ! En tout cas ta situation n’est pas idéale pour être l’Adulte de la maison, jouer ton rôle de maman, même si c’est en solo. Bon courage ma belle ! Tu sais quoi : ça va aller !!! Même si tu te décourages, même si c’est dur, même si ça fait mal, tu as des ressources inestimables en toi que rien ni personne ne pourra jamais atteindre ou démolir 😉

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    • Marie Kléber says:

      Merci Petite Yaye, tes mots font du bien et me montrent que nous pouvons tous dépasser cette situation qui nous oppresse.
      J’ai conscience que nous nous créons nous mêmes ces problèmes, ma mère vivant dans le passé, mon père dans sa rigidité maladive et moi qui tente tant bien que mal de me reconstruire en prenant conscience que j’ai du pain sur la planche.
      Demain est un autre jour, nous trouverons des solutions forcément…

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  8. La Nature et moi says:

    C’est normal que tu ne te sentes pas bien, vu le contexte dans lequel tu vis en ce moment. Vivre chez ses parents avec son enfant et avoir un travail guère passionnant avec ce genre de patron beaucoup ne le supporteraient pas, moi la première ! Mais ne te décourage pas chère Marie, comme dit mon père : ” A chaque problème, il y a une solution. ” Toute mon amitié et mes pensées vont vers toi ce soir. Plein de bisous

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    • Marie Kléber says:

      Merci beaucoup Karine. C’est vrai qu’il y a toujours des solutions. Il faut juste leur laisser le temps de se mettre en place (ce qui n’est pas mon fort).
      Belle journée à toi et merci pour tes pensées apaisantes.

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  9. Maïté says:

    que c’est compliquer de se reconstruire !! Il faut du temps, il faut se retrouver face à soi même, accepter ses erreurs, ses faiblesses et dans tes conditions de vie je ne vois pas comment tu peux faire ! Clairement pour moi si tu veux avancer, oui il va falloir que cette situation change et que tu construise ta vie seule avec ton petit bout. Car rien que ça c’est déjà compliqué, preneur d’énergie..
    Et il faut du temps !! C’est énervant, fatiguant, usant, mais oui il faut du temps et beaucoup de courage. Alors oui t’as le droit d’être fatiguée, d’avoir des coups de blues, mais tu es sur la bonne voie, tu te poses les bonnes questions.. et tu sais identifier les problèmes à résoudre. bref tu vas y arriver !

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    • Marie Kléber says:

      Merci Maïté. Tu as toujours les mots justes. Se reconstruire n’est pas aisé, c’est usant, et quand on fait deux pas en avant, on en fait toujours un an arrière.
      Mais comme tu le dis j’arrive déjà à identifier les problèmes, il ne reste plus qu’à trouver les solutions à mettre en oeuvre.
      Mille merci encore et belle journée à toi.

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  10. Laurie says:

    Le début de ton article m’a fait sourire car je fais comme toi : je passe mon temps à regarder les gens et à me poser exactement les mêmes questions …
    Le reste de l’article est plus dur … Je sais pour l’avoir connu pendant 3 ans, combien il est difficile d’être bien dans un boulot où l’on ne sert à rien… Pour ma part, je passais des journées entières sur Internet à ne rien faire, sans parler à personne ou si peu … Ca a anéanti le peu de confiance en moi que j’avais… Alors raccroche toi à ta passion, à l’écriture ou à tout autre chose pour avoir l’impression de “faire” quelque chose, je crois que c’est très important pour ton équilibre !!
    Pour le reste, voilà une situation des plus difficiles … c’est à toi de mettre le holà à la cohabitation avec tes parents mais peut être qu’il est encore un peu trop tôt ? Je pense toujours à cette phrase : les choses se font quand elles doivent se faire …
    Se reconstruire est un long chemin mais je ne doute pas un instant que tu y arriveras …

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    • Marie Kléber says:

      Cà un côté rassurant je trouve Laurie…
      Je crois qu’en effet il est un peu trop tôt psychologiquement pour gérer un nouveau “face à face”, qui est susceptible de déraper à tout moment. Se reconstruire est un long chemin, très long, beaucoup plus long que ce que j’aurai pu penser. Il faut juste que je me laisse le temps de rebondir.
      Mille merci pour tes mots rassurants et tes encouragements.

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  11. ptitedelph says:

    Ce n’est pas une ambiance idéale pour se sentir mieux, çà c’est clair :-s ce serait bien que tu puisses rentrer chez toi, sereinement, au moins, pour te ressourcer un peu et te retrouver. J’espère que le “1 an” sera plus proche… Tu n’as pas à subir tout çà en tout cas, c’est toujours délicat de dire les choses, mais si c’est pour son bien, parfois çà vaut le coup. Ou alors ils se remettent en question et font en sorte que leurs histoires soient en dehors de ton cocon. C’est un paradoxal en plus, parce qu’ils ne veulent pas te laisser seule, mais d’un autre côté, finalement, ils en rajoutent une couche qui n’est pas faite pour t’aider pour le coup.
    De tout coeur avec toi ma belle et ton patron qui te dit que tu ne sers à rien…. j’ai le droit de coller des baffes ??? j’ai besoin de me défouler, il tombe à pic celui-là….

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    • Marie Kléber says:

      Tu peux te défouler sur lui ma belle. Ca ne peut pas lui faire de mal…
      Pour le reste je prends mon mal en patience et j’essaye de dire quand ça va trop loin.
      Grosses bises et merci pour ton soutien.

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Un petit mot doux pour la route...

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