C’était il y a 13 ans

Les images tournent en boucle sur les chaînes de télévision. Aujourd’hui encore, les premiers mots qui me viennent sont « Mon Dieu ». Il n’y a rien à dire. De la fumée noire s’échappe des tours jumelles. Le monde s’arrête de tourner quelques secondes. Le monde regarde impuissant deux avions exploser au milieu des tours du World Trade Center, à l’heure où des milliers de personnes sont au travail.

Ces hommes et ces femmes s’étaient levés le matin. Ils avaient pour certains conduits leurs enfants à l’école ou à la crèche. Ils avaient dit vite fait aurevoir, d’un signe de main, à leurs époux, leurs compagnes, ils allaient peut-être rejoindre une personne chère. C’était un début de journée banal, comme nous en connaissons tous. Pour une journée qui ne serait plus jamais comme les autres.

Treize ans après, j’aurai espéré que le monde aurait changé. Mais le bain de sang continue, le fanatisme se répand à une vitesse vertigineuse. On a beau vouloir ne voir que le beau du monde, on ne peut pas fermer les yeux devant les exactions commises au jour le jour. On torture, on décapite. On utilise le viol comme arme de guerre. On lapide à nouveau les femmes. On crée la terreur, on sème des graines de haine et de violence un peu partout. Le fanatisme n’a plus de limite.

Quand je pose les yeux sur les grands drames de notre histoire commune, je me demande comment des hommes ont pu commettre de tels crimes, de telles atrocités. En regardant Vol 93 hier soir, je me suis à nouveau interrogée « Comment des hommes ont été assez fous pour détourner des avions et emporter avec eux des milliers de vies humaines ? » et surtout « Pourquoi ? Au nom de quoi ? ». C’est incompréhensible. Mes questions demeurent sans réponse.

Je pense parfois à ces hommes et ces femmes, pour qui la vie a basculé, en un quart de seconde. Je pense à ceux qui ont vu l’avion foncer droit devant eux, à leurs yeux révulsés d’horreur. Je pense à ceux qui de loin ont assisté à cette scène catastrophe et qui n’ont rien pu faire. Je pense à ceux qui étaient dans les avions, qui se sont retrouvés pris au piège, qui priaient alors qu’à côté d’eux, des hommes déshonoraient le nom de Dieu. Je pense à tous ceux qui restent et qui ne comprennent toujours pas ce qui s’est passé ce jour-là.

Le monde s’écroule sous nos yeux. Et nous attendons, incapables d’agir, de réagir. En face d’une telle folie, il est normal d’être décontenancé, perdu, de ne pas savoir quoi faire, par où commencer. Et pourtant nous ne devons pas baisser les bras, nous devons lutter, à notre niveau, pour que demain soit moins meurtrier qu’aujourd’hui.

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Crédit ALISA BURKE Blog

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16 thoughts on “C’était il y a 13 ans

  1. La Nature et moi says:

    Je me souviens avec précision de ce jour terrible. J’étais assise derrière mon bureau, au boulot, quand un de mes collègues est arrivé en disant : ” Qu’est-ce qui se prennent dans la tête, les américains ! ” L’espace d’une seconde, j’ai cru qu’il parlait sport… Et puis, j’ai vite compris que quelque chose d’horrible se produisait. On s’est tous arrêté de travailler et on a écouté les infos à la radio. Ensuite, j’ai appelé mes proches pour les avertir. J’ai vu le film dont tu parles… Et moi non plus, je ne comprends absolument pas comment on peut en venir à faire ça. Et les atrocités continuent… J’ai du mal à écouter les infos en ce moment, cela me retourne complètement. Merci pour ce billet Marie. Bisous.

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    • Marie Kléber says:

      Je crois qu’on se souvient tous de ce que nous étions en train de faire ce jour là. Je crois que nous avons tous plus ou moins eu les mêmes questions sur le bout de la langue Karine. Je m’efforce moi aussi de ne pas regarder le journal, ni d’écouter les informations, tout y est trop horrible. Il y a des jours où j’ai juste envie de vivre dans ma bulle, le temps d’oublier que tout s’écroule autour de nous.
      Merci d’avoir lu Karine. Grosses bises et prends soin de toi.

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  2. Petitgris says:

    ” Mon Dieu..” furent mes premières paroles ce matin en mettant à jour l’éphéméride ! Une date dont l’horreur reste gravée dans ma mémoire. J’ai eu l’occasion d’aller par la suite sur les lieux du drame et les traces hurlent la cruauté de ces gestes fous ! Pourquoi, comment est-il possible de laisser continuer ces fanatiques sanguinaires à s’organiser ? L’avenir du monde me fait peur mais que pouvons-nous faire à notre niveau à part être vigilants ? 😦 Bonne journée Marie bisous

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    • Marie Kléber says:

      Les lieux resteront marqué à jamais Paulette et nos mémoires aussi, pour longtemps. Mais le pire je crois, c’est de se dire que rien n’a changé depuis ce jour de septembre où tant de vies ont basculées. Au nom de quoi?
      Rester vigileant et semer ici et là des graines de tolérance. Belle journée à toi aussi Paulette.

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  3. petiteyaye says:

    Tout le monde se souvient de ce jour. On était scotché devant notre écran. Les mêmes images passaient en boucle et pourtant on ne pouvait pas décrocher de yeux de l’écran.
    Je prenais l’avion 10 jours plus tard pour un stage en entreprise de 8 mois à… New York. L’avion était quasiment vide, nous n’étions pas plus d’une cinquantaine de passagers. A la moindre secousse les gens hurlaient ! J’ai passé mon premier mois de stage à éplucher le ficher des relations publiques, vérifier les changements d’adresse, les morts… Ground zero a gardé sa fumée, son odeur pendant des semaines et des semaines. Je collais des timbres à l’effigie du drapeau américain, tout le monde portait des drapeaux américains partout, et moi j’étais déjà entrain de tomber amoureuse d’un égyptien…

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    • Marie Kléber says:

      Tu as été courageuse de prendre l’avions Petit Yaye, ça n’a pas dû être évident de se retrouver sur les lieux du drame, de vivre ces mois douloureux et peut-être encore moins de tomber amoureuse, dans un tel climat de doute. A l’époque j’étais dans une relation avec un Marocain et j’en ai entendu de toutes les couleurs…Les gens ont fait des amalgames rapidement et au lieu de lutter contre le fanatisme, ils se sont mis à détester les étrangers, ils ont combattu une religion en se basant sur des idées fausses.

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  4. La Fripouille says:

    Je devais avoir 12 ans a l’époque et je me souviens de ce mardi noir. Ma tante habitait a NY a l’époque et la première réaction de la famille c’était : OH MON DIEU KENZA !

    Comme tu dis, il ne faut pas baisser les bras. Au fond de moi, j’ai l’espoir qu’un jour les guerres, les génocides, les attentats, les crimes soient éradiqués pour laisser enfin la paix régner sur notre planète qui va mal. Très mal.

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    • Marie Kléber says:

      Je crois que ça à eu l’effet d’une bombe (c’est le cas de le dire) sur beaucoup d’entre nous. C’est encore difficile aujourd’hui de réaliser ce qui s’est passé.
      J’ai l’espoir moi aussi, c’est ce qui nous maintient en vie, c’est ce qui nous donne envie d’avancer, de créer aussi. Il ne faut pas le perdre, jamais, même si le monde semble perdre pied très vite.
      Merci Asmaa et belle journée à toi.

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  5. Marie says:

    C’est aussi un jour tristement gravé dans ma mémoire. C’est le jour où pour la première fois, je n’ai pas su trouver les mots pour expliquer à mes enfants ce qui se passait. Écrasée par toute cette horreur, je n’ai pu que balbutier “ce sont des fous qui ont fait tomber des avions sur des grandes maisons”… Que leur dire d’autre ??? Que ces fous avaient fait ça au nom de NOTRE religion ??? Quelle horreur ! J’étais pétrifiée 😦

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    • Marie Kléber says:

      Mais comment trouver les mots Marie pour décrire une telle folie. Ca dépasse l’entendement humain.
      Je pense que les Musulmans ont subi un double choc. Se dire que des hommes ont utilisé leur religion pour justifier ces actes horribles, ça doit être difficile à supporter.
      Tu as fait de ton mieux.

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  6. Illyria says:

    Très émouvant cet article, qui met en avant la bêtise humaine… Ca rend tellement triste de penser à toute la connerie humaine, enfin bon… Merci pour ce billet qui rappelle cet évènement qui ne doit pas être oublié!

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    • Marie Kléber says:

      On ne doit pas oublier Illyria, parce que ça continue, le fanatisme prend de l’ampleur. Merci d’avoir pris le temps de lire et de te souvenir aussi.

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    • Marie Kléber says:

      Il ne faut jamais minimiser l’impact des petites choses du quotidien. Nous avons tous la possibilité de créer un monde meilleur Charlie…

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  7. La Carne says:

    Je me souviens de comment j’ai appris ça. Je rentrais chez moi. J’ai allumé la télé. J’ai vu une tour, de la fumée… j’ai zappé en me disant “ah non. trop peu pour moi les films américains ou après un drame impossible un héros sauve le monde”… mais en zappant, j’ai vu la même chose sur une autre chaine. Je me souviens m’être assise… paralysée. Impossible de me détachée de ses images. je me souviens le lendemain, ce silence inhabituel dans le métro. Je me souviens.

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    • Marie Kléber says:

      On s’en souvient tous un peu, des bribes de souvenirs ici et là, des souvenirs qui viennent nous rappeler les heures noires – comment est-ce possible, ce n’est pas vrai. Ca l’était.

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Un petit mot doux pour la route...

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