Posted in Carnets de route

Derrière les murs de l’école

C’est peut-être là, derrière ces murs, après avoir franchi ce premier portail, au milieu des cris et des rires d’enfants que tout a commencé. C’est peut-être là que j’ai perdu le contrôle de ma vie, que j’ai pris mes distances avec ce monde qui ne me convenait pas. C’est peut-être à cet instant précis, à la première réflexion déplacée, à la première moquerie, que j’ai perdu contact avec la terre ferme, que je me suis réfugiée dans un rêve pour oublier le reste, que j’ai pris conscience de ma différence – inadaptée.

A l’heure actuelle, je suis plongée dans la lecture d’un livre (dont je vous parlerai plus tard, bien évidemment) qui a fait remonter à la surface tous ces souvenirs d’école primaire.

Pendant des années, j’ai vécu normalement, avec des hauts et des bas, je n’étais ni heureuse, ni malheureuse. Pendant des années je ne me suis même pas posé cette question d’ailleurs. Mais pendant des années, j’ai vécu avec une boule de souffrance, logée au creux du ventre. Je ne savais pas d’où elle venait. J’avais eu une enfance heureuse, entourée d’amour, de beaucoup d’amour. Mais je souffrais. Pas tous les jours. Mais quand ça me prenait, quand la boule se rappelait à moi, je perdais les pédales, je n’étais plus maîtresse de moi et je tombais très bas.

Que c’était-il donc passé en primaire pour que je perde mes moyens de la sorte ?

C’était là, derrière ce portail blanc, que j’ai connu les premières humiliations, les premières moqueries et injures. Quatre ans de torture psychologique. D’autres se seraient rebiffés, auraient rendu coup pour coup. Moi, je me laissais faire. J’attendais que ça passe et je m’enfermais dans mes rêves. Je désertais le monde.

J’étais la dernière choisie pour les sports d’équipe, la maîtresse finissait même par imposer ma présence à un groupe d’enfant qui avait trouvé en moi le bouc émissaire idéal. On riait de mon nom. On déchirait mes vêtements dans la cour de récréation. On me regardait aller aux toilettes. On m’enfermait dans les toilettes. J’étais la risée de ma classe. Plus tard, ça a été le racket et les intimidations. On se moquait de mes vêtements, de la façon dont je m’exprimais. Mes parents étaient au courant. Ils écoutaient. Ils allaient voir la maîtresse. Et je passais pour celle qui ne peut pas se défendre toute seule, qui a besoin de son papa et de sa maman. Tout ce que j’aurai pu faire n’aurait rien changé.

A la première claque, mon père a sorti les crocs. A la deuxième, il a débarqué à l’école. J’ai obtenu des excuses. Et les rires ont continué à pleuvoir. Je ne m’en souciais plus. J’avais quitté le monde depuis longtemps. Mes rêves m’apportaient la paix que je ne trouvais pas ailleurs. J’aurai pu tomber dans la dépression. Ca ne s’est pas produit. Bien entend, j’allais à l’école à reculons. Je détestais le sport. J’appréhendais les sorties de classe. J’avais peur d’aller aux toilettes toute seule. Je craignais même les réflexions de mes instituteurs, qui semblaient ne pas se préoccuper de mon mal aise, de ma mise à l’écart. Je me méfiais même de celles qui se disaient être mes amies et qui participaient, sans un mot, à cette « mise à mort » journalière.

Mais dès que je passais la porte d’entrée, je m’évadais, je n’étais plus là. Les insultes coulaient sur moi. Avec le recul, je pense qu’elles se sont tout de même glissées en moi, sans que je m’en rende compte et qu’elles m’ont rendu vulnérable, qu’elles ont exercé un travail de sape de l’intérieur, à mon insu.

Aujourd’hui, on parle beaucoup de harcèlement à l’école. Je crois, qui plus est avec Internet et la violence ambiante, qu’il est nécessaire de mettre en place des mesures adaptées pour que les personnes, objets de ces agressions quotidiennes soient protégées et les enfants bourreaux soient aidés et/ou punis. Si on n’apprend pas à nos enfants à respecter l’autre, qu’il soit différent ou pas, on leur fait courir un grave danger pour l’avenir, pour les adultes qu’ils sont amenés à devenir.

Ce que j’ai vécu n’est rien comparé à ce que d’autres supportent au quotidien, j’en ai conscience. Je n’ai pas eu recours à la violence pour contrer la violence de mes agresseurs. Par contre, je me suis isolée. J’ai assimilé que je n’étais pas faite pour ce monde dans lequel on m’avait projetée contre mon gré. J’ai eu des envies de me foutre en l’air, à 10 ans à peine. Ce qui m’a sauvée, c’est mon côté rêveuse. Je me suis construite une autre vie. Mais plus tard, en grandissant, il a fallu que je me rende à l’évidence, il existait un fossé immense entre mon univers et la réalité. Le choc a été brutal, terrible. Je suis tombée de haut et je me suis fait un mal de chien.

La violence n’a jamais rien résolu. Alors agissons aujourd’hui, ne laissons pas nos enfants seuls face à cette menace. Aidons-les. Aidons-les tous, victimes, bourreaux et témoins aussi. Prenons nos responsabilités d’adultes, même si c’est difficile, même si on n’y comprend rien. Aidons-les, avant qu’ils ne perdent pied et ne puissent plus marcher sereins sur la terre qui les a vus naître.

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Auteur - Blogueuse et Poète. J'écris comme je respire... Author - Blogger and Poet. Writing is my breath, my voice, my dream...

37 thoughts on “Derrière les murs de l’école

  1. C’est dur ce que tu nous racontes là Marie. Comment ce genre de choses a pu arriver en école primaire?
    J’ai subi quelques moqueries en primaire, et la dernière choisie pour le sport, c’était au collège. Mais ce n’était pas à ce point-là.
    J’élève mes filles dans le respect de la différence. Je leur apprends qu’on ne choisit pas toujours “ce qu’on est” et que ce n’est pas facile pour la personne qui subit les moqueries des autres. J’espère qu’elle ne se sont jamais comportées comme ces enfants qui t’ont fait tant souffrir…

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    1. Je crois que ce qui se passe en ce moment dans nos écoles et collèges, c’est encore pire avec Internet et encore plus de violence chez les enfants.
      Tu as tout à fait raison d’éduquer tes filles dans ce respect et cette tolérance d’autrui. C’est l’essentiel je crois. Nul n’est à l’abri mais en en parlant, on ellimine quand même certains risques.
      Merci à toi et belle journée Linette.

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  2. J’ai l’impression de lire mes souffrances à l’école, pendant qu’on me répondait “mais ce ne sont que des enfants, ils ne se rendent pas compte de ce qu’ils font”. Alors qu’ils se rendaient parfaitement compte du mal qu’ils me faisaient, et y prenaient plaisir.
    J’ai fini par me rebiffer, par me défendre. Je prenais des coups, mais je les rendais. Mais tout ceci ne m’apportait rien. Je voulais juste qu’on me laisse tranquille…

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    1. Je déteste profondemment cette phrase, c’est une manière de ne pas s’impliquer qui me dépasse. Car comme tu le dis, les enfants savent très bien ce qu’ils font et si on ne leur posent pas des limites claires tout de suite, c’est la porte ouverte à tout, voir même au pire.
      Bleunwenn, merci d’avoir réagit sur cette article et bonne continuation. .

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  3. Je suis bien placée pour savoir que les enfants entre eux ne sont pas toujours tendres et que cela peut aller jusqu’à la torture morale ! J’ai longtemps fuit ce monde dans mes rêveries et les livres m’apportaient ce que les autres me refusaient. Tu as dû beaucoup en souffrir Marie et dans ce cas les adultes sont peu efficaces. Même de nos jours, malgré les médias, le harcèlement et le racket à l’école sont toujours présents ! On compare souvent la vie à une jungle…mais ce sont les bêtes féroces qui tirent profit ! Bonne journée Marie Bisous

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    1. Ils ne sont pas tendres du tout même Paulette. J’ai l’impression que ça va de pire en pire. Encore il y a 25 ans, les parents des agresseurs prennaient fait et cause pour la victime. Mais aujourd’hui ce n’est même plus le cas. J’ai une amie qui a du se résoudre à dire à son fils “je te punis si tu ne te défends pas, si tu ne rends pas les coups”.
      Bonne journée à toi aussi et merci.

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  4. Ce que tu dis fais remonter de drôle de souvenirs en moi… J’ai été victime d’harcèlement au Lycée, une bande de fille m’a prise pour son bouc émissaire et jusqu’à la Terminale m’en a fait baver comme pas possible.
    J’ai pu m’en sortir le jour où mon copain de l’époque s’est aperçu de la situation, m’a parlé, a parlé à mes proches, qu’un gendarme est intervenu pour calmer ses petites pestes (oui, oui il a fallu en arriver là…)

    Depuis, j’ai essayé d’enfouir ses mauvais souvenirs, mais je sais qu’ils ont façonnés ma façon de penser et de voir les choses. Je bondis chaque fois que j’entends des histoires comme la tienne et la mienne, en me disant qu’enfant, déjà, l’être humain peut se révéler d’une cruauté effroyable….

    Je n’ai pas encore d’enfant, mais je m’applique à parler à mes 7 nièces et neveux. Si je les entends se moquer, je leur explique que NON! ça n’est pas une attitude à avoir. Que non, on ne frappe pas les gens parce que c’est rigolo. Que non, on ne critique pas les gens parce qu’ils ont un nom bizarre ou des vêtements pas à la mode…

    C’est pas tous les jours facile, mais j’ai l’espoir que ce petit rien dans cette masse cruelle participe un jour à faire évoluer les mentalités. A faire réagir les professeurs qui font semblant de ne rien voir….

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    1. Même au lycée, ça a du être atroce pour toi. La violence existe à tous les niveaux et ce n’est pas parce que ce sont des enfants ou des adolescents que c’est moins grave.
      Quand on a vécu ce genre d’expérience traumatisante, on est peut-être plus à même d’élever, de parler aux enfants, de leur dire ce qu’il est permit de faire et ce qui est purement et simplement intolérable. Tout passe par l’éducation, il ne faut jamais l’oublier.
      Continues comme tu le fais, ça ne peut qu’avoir un impact positif.
      Merci et belle journée à toi Sisco

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  5. Très beau et dur témoignage Marie…
    Je n’ai pas été concernée par le sujet, donc je ne sais pas quoi dire d’autre, mais ton article est touchant, et en effet une telle expérience a de quoi laisser des traces sur le long terme….

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    1. Je pensais que j’avais tiré un trait dessus, en fait il y a quelques restes Illyria. Comme toi, je souhaite juste me servir de mes expériences pour faire bouger les gens, pour les aider peut-être aussi, pour que ça serve à faire avancer les choses.
      Merci pour tout.

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  6. Terrible ce témoignage très beau aussi, il a fait remonter en surface mondial être pendant cette période, l’isolement les moqueries le peu d’amies, et ce mal être qui a duré si longtemps et encore à l’âge adulte des relents de cette gêne de cette peur des autres, de ce qu’ils pensent … Je n’y avais plus songe depuis bien longtemps! J’ai du tire moi aussi mon goût de la solitude de ces années la, je me suis également évadée dansun monde pour ne plus être atteinte!… Merci Marie, plein de pensées amicales et de bisous

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    1. Ce monde était bien agréable Catherine! Les enfants peuvent être cruels. Par facile de se construire ensuite, ni de rencontrer les bonnes personnes. Quand on ne se sent pas à sa place, c’est éprouvant. Mais l’important c’est d’être où nous en sommes aujourd’hui et de regarder en arrière, pour voir le chemin parcouru!
      Grosses bises à toi et merci pour ton partage sur ce billet important pour moi.

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  7. Oh mon dieu ! je te lis et je me rappelle mes années d’école primaire… Je les ai détestées ! Après, à 12 ans, j’ai décidé que c’était fini : je ne me laisserais plus jamais faire… et ce fut le cas… mais parfois, face à une agression incompréhensible, je suis encore la petite fille que j’ai été… En tant qu’adulte, j’ai envie de réconforter et de protéger la petite fille que tu as été ! C’est très dérangeant, cette violence des enfants et cette complicité muette de certains enseignants ! Maman d’une petite poulette j’essaye d’être attentive à ce qui se passe à l’école… et ce que je redoute le plus pour elle, s’est la mise à l’écart et la méchanceté gratuite, voire la violence, qui règne parfois dans les cours d’école… plein de bizz Marie ❤

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    1. Je crois que nous avons été nombreux et nombreuses à vivre des choses comme cela au primaire ou/et au collège. C’est uns situation difficile à vivre et je crois qu’en tant que parents, aujourd’hui, le plus important, c’est d’être à l’écoute, d’être vigileant et de parler aussi beaucoup, de dire les choses, ce qui est acceptable, ce qui ne l’est pas, de prévenir nos enfants aussi. La violence est inadmissible et l’idée que “c’est pas grave, ce sont des enfants” l’est encore plus car si on part de ce principe, rien n’est grave et on laisse courir sur un sujet comme la violence.
      Grosses bises Fedora et belle journée à toi.

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  8. Un jour, j’étais en primaire, une “amie” était dans la cabine des toilettes d’à côté, elle a grimpé et m’a regardé de tout en haut en rigolant. Ça ne m’a pas plu. Grand bien lui en a pris : la fois suivante c’est moi qui est escaladé la parois des toilettes en rigolant. Elle n’était pas contente : elle ne l’a plus jamais fait, et le “jeu” s’est arrêté là.
    Le problème avec le harcèlement c’est que la majorité du temps les enfants n’en parlent pas parce qu’ils ont honte, ne sont pas à l’aise avec ça, ou, quand c’est au collège (la plupart du temps en fait), ils peuvent se dire qu’ils sont grands et vont se débrouiller tout seul.
    Quand on a fait, avec deux amies, notre reportage sur le harcèlement on a rencontré la CPE d’un lycée experte en harcèlement et une psychologue dans une association et prof à l’université. Toutes les deux nous ont dit qu’il n’y avait pas vraiment de “symptôme” du harcèlement à part un éventuel isolement, donc c’est d’autant plus difficile pour les parents de savoir.
    Le deuxième problème est au niveau de la nature du harcèlement elle-même. La CPE du lycée nous a dit que ce qui caractérise le harcèlement c’est la manipulation, la prise de pouvoir. Raison pour laquelle les témoins ne parlent pas, que l’on soit en primaire, au collège, au lycée, ou même adulte dans une entreprise. Le harceleur a le pouvoir, il impressionne, un peu comme la petite peste dans les séries télé états-uniennes en fait, c’est lui qui a la “popularité” et le moyen de faire souffrir les autres, de te permettre ou non d’avoir des amis, en fait c’est lui qui tient ton destin scolaire en quelques sortes. Des harceleurs il y en aura toujours, par contre on peut essayer de faire comprendre au témoins qui eux ne trouvent pas ça normal et détiennent la justice qu’il faut qu’ils parlent.
    Si tu veux en savoir plus je peux t’envoyer l’adresse du lycée où elle travaille pour que tu la contacte par mail. Ce qu’elle nous a dit est super intéressant !

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    1. Et elle nous a parlé de livres sur la contre-manipulation et le harcèlement mais je ne pme souviens plus des auteurs, elle nous a donné un document complet avec des schémas et les titres, je vais voir si je le retrouve si tu veux.

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    2. La violence en milieu scolaire s’apparente aux autres formes de violence, manipulation, isolement. Et les victimes se sentent coupables, elles n’osent en parler, elles se renferment sur elles-mêmes et refusent parfois même d’en parler, d’avouer qu’elles sont victimes.
      C’est pour ça qu’il faut être vigileant, extrêmement vigileant. Ce n’est pas évident, mais ça doit être pris en compte, si nous ne voulons pas créer plus de problèmes pour nos enfants, si nous ne voulons pas créer une société sans repères.
      Merci Melgane pour ton intervention intéressante.

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  9. Tu fais bien de soulever ce problème grave de société ! Et je suis vraiment triste de savoir que la petite fille que tu était a subi toutes ces humiliations… 😦 Bisous ma belle.

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    1. C’est peut-être ce qui m’a amené aussi à vivre une relation de couple abusive. L’essentiel je dirai, c’est la personne que je deviens aujourd’hui, celle qui dit “non” à toute forme d’oppression, de manipulation, d’abus et de violence envers l’autre.
      Bises et mille merci Karine. Je crois que nous sommes nombreux à avoir vécu ces choses un peu difficiles.

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    1. J’avais besoin de l’écrire pour moi mais pour les autres aussi. La violence à l’école est un sujet difficile à aborder et tellement essentiel pourtant. Merci ma belle!

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  10. Hyper dur a lire… J’étais très sauvage à l’école mais j’avoue que j’ai eu la “chance” d’être agressive… Bizarre a dire mais quand on m’embêtait je répondais et je me suis déjà battue, ce qui fait que ça s’arrêtait la… Mais je pense qu’on peut tous être harcelés ou même harceleur. Moi aussi j’essaye d’être attentive à ce que Tazz ne déconne ni l’un ni l’autre… Je retiens tout de même que tes instits n’ont rien fait… Hallucinant!!

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    1. Je crois que mes parents auraient aimé que je suis un peu plus comme ça, c’est un bon moyen de s’en sortir.
      Onpeut très vite tomber dans un des deux “camps”. On peut également facilement être témoin de ce genre de violence, sans toujours pouvoir agir, réagir.
      Etre attentif et vigileant je crois que c’est l’essentiel.
      Les instits disaient que c’était normal, les enfants sont comme ça entre eux. Il y en a même une qui jouait le jeu des enfants et m’humiliait en pleine classe (ça a été la pire année de ma vie scolaire je crois bien).
      Belle journée et merci beaucoup.

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      1. On est comme on est ce n’est absolument pas de ta faute et quelque part ni vraiment totalement celle des enfants mais bien celle des profs… C’est juste HONTEUX! Je crois que si ça arrive un jour à Tazz je vais finir dans les faits divers… J’espère surtout qu’il arrivera à nous en parler… On souffre quand on est pas dans la norme et pourtant c’est ça qui rend le monde beau c’est bizarre…

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  11. Plus je te lis, plus je te connais, plus je me retrouve dans beaucoup de tes propos. Pour cet article là, çà me rend triste. Les 3 ans d’enfer que j’ai vécus au collège ont été marqués, je n’en parlais pas, mes parents l’ont su presque 10 ans après, au moment où on m’a soignée la 1ère fois pour l’anorexie, c’est dire, le temps… j’ai voulu arrêter les cours, je ne parlais plus (à quoi çà servait de toute façon, ils étaient 6 et j’étais seule…). C’est important d’en parler, ce qui est terrible c’est que cet harcèlement commence de plus en plus jeune 😦 ils ne m’ont jamais donné de coups physiques, mais ceux psychologiques étaient coriaces et ont fini par me rendre dépressive. En silence, comme à mon habitude.. je n’ai jamais oublié et n’oublierai jamais. Je sais juste que le jour où mes nièces commenceront à aller à l’école, je serai vigilante du mieux que je pourrai et n’hésiterai pas à leur dire d’en parler, si quelqu’un leur pose des problèmes. je ne veux pas qu’elles vivent le même calvaire au quotidien. Je ne suis vraiment pas fan de Keen V, mais il a fait une chanson magnifique sur le sujet “Emilie”, une petite qui s’est suicidée à cause de tout çà. Tirée d’une histoire vraie, ce qui ne m’étonne pas… c’est l’amour de celui dont j’ai parlé dans ton autre article, à 14 ans, qui m’a sûrement redonné un peu vie et surtout confiance… ils n’étaient pas tous pareils, à avoir envie de me détruire psychologiquement… Je te fais de gs bisous ma belle ainsi qu’à Boubou ❤

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  12. ENn tant que maîtresse, j’essaie d’être hyper vigilante là dessus mais j’avoue que ma hantise est vraiment de penser qu’on ne peut pas tout voir, que les enfants sont malins et savent cacher leur cruauté…

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    1. EN effet tout voir n’est pas aisé je pense, certains enfants cachent bien leur jeu et d’autres ne se dévoilent pas si facilement.¨Etre maitresse aujourd’hui ne doit pas être de tout repos..Merci et bonne journée

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  13. Bonjour, je viens de lire ce texte il y a quelque minutes, et je me suis reconnu. Vraiment reconnu là-dedans. Je peux dire qu’actuellement je me cherche pour m’enlever ce côté rêveur qui m’a en quelque sorte sauvé. Merci d’avoir mis des mots sur ça. J’en suis très reconnaissante. Bonne soirée 🙂

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    1. Merci Elea.
      Je crois qu’on ne peut pas fondamentalement se changer. Si ce côté rêveur te sauve, garde le, tout en sachant bien distinguer rêver et réalité. Bonne continuation à toi.

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  14. L’école primaire (et le collège) est bien une période délicate à passer. Les enfants sont méchants entre eux, ils leur manquent le discernement, la morale, et surtout, l’empathie que bien des parents aujourd’hui sont incapables de leur apprendre… Pour avoir été animatrice pendant plusieurs années, je sais comme il est difficile d’être à l’affut de tout et de faire comprendre aux “enfants-bourreau” que ce qu’ils font n’ai ni drôle ni correct ni rien de bon… De mon côté j’ai soufferts d’une mise à l’écart, sans moquerie particulière, mais la solitude est pesante, elle a l’avantage comme tu dis de développer un cocon imaginaire… 🙂 Prends soin de ton loulou!

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    1. Le rôle d’2ducateur, professeur, parent n’est pas simple, mais je crois qu’il est imporant d’êter à l’écoute, de regarder autour de soi, d’être vigileant, d’en parler, de faire comprendre aux enfants en quoi la violence est innaceptable.
      La solitude est pesante aussi ma belle. On se crée un autre monde, mais le mieux serait quand même qu’on existe pleinement dans le monde dans lequel on est amené à grandir.
      Grosses bises et mille merci!!

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  15. Marie, j’ai été très touchée par cet article et j’ai mis du temps avant de te laisser un petit mot car je ne savais pas quoi dire. Tant de choses me viennent, difficile de résumer. Aucun enfant ne devrait vivre le harcèlement et ça me fait peur pour mes enfants ! Surtout que j’ai l’impression que de nos jours c’est pire…
    Je suis tellement désolée pour toi 😦
    Ce que tu as vécu est destructeur…
    J’ai vécu une enfance et une adolescence triste et esseulée. J’ai été rejetée en primaire parce que j’étais différente (en quoi je ne sais pas, je n’ai jamais compris ?) puis en secondaire parce que je travaillais trop bien. J’étais l’intello, celle qu’on ne voulait jamais dans son équipe au sport, celle qui n’était pas choisie pour les travaux de groupe, celle qui n’était pas invitée ou alors juste pour des questions pratiques (mon père reconduisait volontiers mes “copines” chez elles, je passais mes devoirs à ceux qui ne les avaient pas faits, je résumais les livres qu’il fallait lire, je prêtais mes notes de cours…), je me suis isolée dans mon monde, là où je me sentais bien. Je n’ai pas subi de vraies brimades mais j’étais seule et cette solitude m’a énormément pesée. Quand j’ai entrepris des études supérieures j’ai tout fait pour que ça change. Puis j’ai rapidement (trop rapidement) rencontré celui qui est mon ex-mari et tout s’est enchaîné. Je crois que le harcèlement et tout ce que nous vivons dans notre enfance et adolescence construisent l’adulte que nous devenons. Alors je souhaite vraiment que mes enfants vivent autre chose…

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  16. Ce dont tu parles dans ce texte me parle tellement … Je sais â quelle point c’est horribme de vivre tout ca. Personne ne merite de subir tout ca.

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    1. Très vrai Kelly. Merci pour ta lecture et pour avoir déposé ici ces quelques mots. Il faut en parler, témoigner, c’est essentiel.

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Un mot doux pour la route...

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