Partager nos expériences, une façon d’aider les autres

En ce moment je rêve de douceur, car il y a beaucoup de choses qui me ramènent au passé. On voudrait que la page se tourne rapidement, mais chaque chose prend son temps. Il faut du temps pour faire le deuil, même si c’est ce que nous désirons le plus au monde.

Ces derniers jours, j’ai dû faire face à des souvenirs, qui se sont greffés ici et là dans mon quotidien. Il a suffit d’un geste, d’un mot, d’une recette de cuisine pour que tout refasse surface. Le bon et le mauvais. Et tout ce qui n’est plus.

Doucement j’arrive à mieux comprendre ce qui m’est arrivé, cette sensation d’être prisonnière de mon corps, prisonnière d’un modèle de pensée.

Doucement j’arrive à me pardonner. C’est la première étape. J’arrive à ne plus me détester, non pas d’être partie, mais d’avoir encaissé tant de choses, d’avoir accepté de m’humilier autant, d’avoir servi de serpillière à maintes reprises et d’avoir rampé à ses pieds pour m’excuser de tors qui n’étaient pas les miens.

C’est toujours une histoire compliquée à expliquer, à raconter. Pourtant je pense qu’il est essentiel d’essayer. Aujourd’hui, une personne que je connais bien est en train de vivre une relation similaire et elle est en train de se perdre corps et âme. L’emprise de l’autre est telle qu’elle est incapable de réfléchir, de penser par elle-même. Ses propos sont incohérents. Elle ne remarque pas le drame qui se joue sous ses yeux, la détruit et détruit ses parents, ses enfants.

Dans chaque situation décrite, c’est mon ombre que je distingue. L’emprise, telle que je l’ai vécue, a été instantanée. Un regard. Quand Roger m’a raccompagnée chez moi, ce soir-là, c’est la peur qui m’a envahie. Je savais que si je ne résistais pas, je serai perdue. Instinct. Intuition. Pressentiment. Appelez ça comme vous voudrez. Après 10 jours de harcèlement téléphonique, j’ai cédé. Je n’avais qu’une crainte c’est qu’il m’attende en bas de chez moi. J’avais peur de lui.

Et j’ai fini par épouser cet homme qui me faisait peur. Même moi, même aujourd’hui, j’ai du mal à y croire. Et pourtant le jour de mon mariage, tout le monde vous dira que je rayonnais de bonheur.

Aucun coup. Aucune marque. Aucune cicatrice. La blessure était à l’intérieur. Je ne savais pas que le silence pouvait faire autant de ravages.

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25 thoughts on “Partager nos expériences, une façon d’aider les autres

  1. Chriss FV says:

    Une histoire qui me fait penser à tant d’autres…

    Je me pose souvent cette question :” Comment peut-on dire “oui” alors que l’on pense “non” ? (Peu importe le sujet).

    Courage !

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    • Marie-Aimée Kléber says:

      Je me la pose encore Chriss. Tant de vies qui se croisent et se déchirent. Mais toutes nos expériences, même les plus difficiles nous font grandir.
      Merci.

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  2. Petitgris says:

    Moi, je peux te comprendre pour avoir dit “oui” dans la peur ! Je suis contente que tu t’en sois sortie et que tu te reconstruises ! Dans le contexte d’il y a quelques années devenir une femme seule était très mal vu et le concept ” femmes battues” n’était pas reconnu . A l’heure actuelle une femme ne doit plus supporter la maltraitance ! Continue Marie ! 🙂 Bonne soirée bisous

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    • Marie-Aimée Kléber says:

      Je n’ose imaginer Paulette. Oui aujourd’hui les choses ont évolué, même si je pense qu’il y a encore pas mal de choses à faire sur ce terrain.
      ll faut continuer à se battre et ne jamais baisser les bras. Car chacun a le droit à se part de bonheur dans cette vie!!
      Mille merci et très belle journée à toi.

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  3. La Nature et moi says:

    Ne jamais se taire quand on voit le malheur fondre sur des proies sans méfiance… Oui, nos expériences douloureuses ont un côté positif, elles nous permettent d’aider autrui ! Merci pour ce billet Marie ! A bientôt

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    • Marie-Aimée Kléber says:

      Comme quoi il ne faut jamais rien regretter Karine. Et ne jamais resté silencieux devant l’injustice ou la violence. Merci et belle journée à toi.

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  4. Camille says:

    On aimerait pouvoir dire “tu sais, je l’ai vécu avant toi, je te comprends, je sais ce que tu vis”. Lorsque la situation est délicate, difficile à vivre pour l’autre, on voudrait pouvoir lui apporter notre soutient, notre expérience. Mais il est nécessaire, je pense, de garder dans un coin de notre tête, que même si les faits ressemblent à ceux qu’on a vécus, l’histoire est toujours différente… & bien que l’on essaie d’ouvrir les yeux à la personne, elle pourra décider de les garder fermés. Il nous faut rester attentif, bienveillants, présents, sans chercher des solutions toutes faites qui ne conviendront peut-être pas à l’autre… & d’un autre côté, partager ses expériences est toujours réellement enrichissant, & peut apporter énormément à ceux qui souhaitent avancer…

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    • Marie-Aimée Kléber says:

      Je crois qu’il faut savoir rester à l’écoute Camille et ne pas juger. Ce n’est pas toujours évident, mais tu as raison aucune situation ne se ressemble vraiment et nous sommes nous-mêmes différents.
      Merci et belle journée à toi.

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  5. Milena says:

    It’s hard to see someone else live a bad and abusive relationship, especially when you’ve been through the same. You know that giving her advice or trying to persuade her won’t help, because it didn’t help with you (or with me, in any case). Sometimes I think, without trying to reduce or minimize the suffering that’s involved, that a bad relationship is a “rite de passage” for a lot of women. It needs to happen in order for us to open our eyes and realise we deserve more from love, and more from life. And then we can begin to build a strong foundation. It’s not easy, because we have to be on our guard the whole time. It’s easy to fall back sometimes. I was in touch for a few weeks with my abusive ex, feeling that pull again. Luckily I can things more clearly now.
    You are in my thoughts, dear Marie. Each step on the road to healing is worth it. Much love to you x

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    • Marie-Aimée Kléber says:

      You’re right dear. We are learning a lot through such kind of experiences. Even if it’s hard to see somebody trapped in the same situation, we know that the person is the only one to get out of it, find the strength and courage to leave.
      It’s very easy to fall back, that’s why I stay away as much as I could from my ex husband. I know he still has some power over me (even if I know I don’t want him in my life never ever), some power that I can only fight back if I take my distance.
      Thank you for your words, wisdom and supprt my friend. Take care.
      Love from France.xx
      We

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  6. Illyria says:

    Article touchant et très juste…
    Les expériences peuvent aider les autres à ouvrir leurs yeux oui, c’est essentiel d’en parler, de faire savoir que cela existe. Mais bon après comme tu le sais, le déclic doit venir de l’intérieur…
    En tout cas, tu es sur le bon chemin, félicitations! C’est difficile à accepter, c’est difficile de se pardonner de s’être laissée embarquer là dedans, mais il faut savoir ne pas s’en vouloir, c’est tellement… compliqué tout ça, tellement… tellement plein de choses…

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    • Marie-Aimée Kléber says:

      Merci Illyria. La décision de mettre un terme à une historie n’appartient qu’à la personne qui la vit, c’est certain. Nous l’avons toutes appris d’une manière ou d’une autre dans les expérience que nous avons faites.
      Je crois qu’il faut avancer, réapprendre à se faire confiance, réapprendre à s’aimer, se respecter. C’est un travail de deuil et de reconstruction. Difficile mais o combien salutaire.
      Bonne continuation à toi.

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  7. dhelicat says:

    Mais oui je peux comprendre cette emprise de l’homme manipulateur qui arrive à te faire céder, le silence fait énormément de ravages Marie dans nos cœurs dans nos vies, i fait avoir le courage de le rompre et ce n’est pas évident, tu as eu le courage de le quitter, de dire stop, de reprendre ta vie et cele de ton enfant en main, cest enorme ce que tu as fait et le chemin que tu as accompli depuis Marie, tu te reconstruis petit à petit à force de volonté, bravo Marie, go on, enjoy your new Life! Bisous

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    • Marie-Aimée Kléber says:

      Merci ma chère Catherine. Nous avançons dans la lumière et la lumière attire la lumière. C’est inévitable. Mais c’est en partageant avec d’autres que nous arrivons aussi à nous détacher du manipulateur, de celui qui oppresse et fait souffrir.
      Douce journée à toi. Bises de nous deux.

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  8. Nancy says:

    (^‿^)❀

    Hello chère Marie
    MERCI à toi pour cette publication. Ton expérience peut servir et je suis certaine que tu transmets de la volonté et de la confiance à tous ceux qui te lisent.
    Tu es une femme exceptionnelle ! MERCI à toi.
    Je t’embrasse bien fort et ton joli Boubou aussi.

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    • Marie-Aimée Kléber says:

      Mille MERCI ma chère Nancy!
      C’est ce que je me dis, si seulement mon expérience peut en aider d’autres à sortir des griffes de leurs oppresseurs et avancer vers quelque chose de plus beau, vers la lumière.
      Grosses bises de nous deux et très belle journée à toi!

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  9. Élodie (mVmHmE) says:

    Le silence est aussi une forme de violence car il laisse toute la place à l’imaginaire et au non dit, ce qui est très dur à vivre c’est certain ! Tu as été très courageuse de mettre un terme à tout cela. Et tu dois être contrariée de voir ton amie vivre la même chose et ne pas pouvoir l’aider… Je t’embrasse.

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    • Marie-Aimée Kléber says:

      Le silence fait d’énormes ravages Elodie. C’est très destructeur et le mépris qui l’accompagne aussi. Une fois qu’on est sorti d’une situation douloureuse, c’est toujours dur de voir les autres vivre la même chose et de ne pouvoir changer les choses.
      Bises et merci pour ton soutien.

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  10. maviedebrune says:

    Lire tes mots, me rappelle combien il est difficile de ne pas s’en vouloir, de ne pas voir clair, de ne plus savoir penser par soi même, de savoir au fond de nous que c’est pas quelqu’un pour nous mais de foncer quand même …. Tellement flagrant écrit mais tellement difficile à vivre.
    J’espère que ton amie, arrivera à partir, à ouvrir les yeux, pour ne pas se détruire un peu plus. Parce que ses situations amènent insidieusement à la destruction de nous, au profit de l’autre, et tout ça avec tellement de “naturel” qu’on s’en sent coupable.
    Je t’embrasse.

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    • Marie-Aimée Kléber says:

      Tu as tout bien résumé ma belle. Pas toujours facile de se défaire de l’emprise de l’autre.
      Il ne faut pas se sentir coupable, nous ne sommes pas vraiment responsables. Il faut apprendre à se reconstruire, en regardant ce qui a cloché et en comprenant ce qu’il faut changer chez nous.
      Grosses bises et merci

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  11. Miss Tournesol says:

    Se pardonner, voilà un beau programme ma belle, je crois que l’essentiel est là. Tu t’es aimée suffisamment pour t’extraire de tout ça, aujourd’hui tu dois te pardonner pour avancer. On oublie souvent cette étape, pourtant lorsque l’on vit une situation difficile on a tendance à s’en vouloir, à tord souvent… Je pense à toi ma belle, même si je ne suis pas trop là en ce moment ♥

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    • Marie-Aimée Kléber says:

      Lâcher prise et se pardonner, avant toute chose. Le reste suivra.
      Ne t’inquiète pas, nous sommes en communion par la pensée!!!

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  12. childhoodisbetter says:

    Oui ma Marie, tu dois te pardonner car tu n’as rien à te reprocher. Je suis persuadée que nous pouvons tous en accepter beaucoup par amour, beaucoup trop sans doute, et en aucun cas ça ne fait de toi une personne faible. C’est vrai que souvent on ne se reconnaît pas, on se demande comment on a pu accepter tant de choses sans réagir mais je reste convaincue que cela peut arriver (malheureusement) à tous… Pour ton amie, j’espère de tout coeur qu’elle pourra ouvrir les yeux et se nourrir de ton histoire inspirante pour trouver la force de s’en sortir. Car tout le monde ne s’en sort pas et c’est probablement le plus tragique. Courage à elle… Gros Bisous.

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  13. Marie May says:

    Super article…
    Je ne sais pas jusqu’à quel point, ce genre de situation arrive justement parce que nous sommes trop dures avec nous, trop dans le jugement… Et c’est tellement habituel, c’est ce que nous avons appris toute notre vie… Ce n’est pas simple de se pardonner, pas simple d’accepter certains de nos comportements, sûrement percé que nous croyons encore que nous ne sommes pas dignes d’être aimées telles quelles… Avec nos comportements pourris, avec nos faiblesses, nos failles si grandes qu’un camion pourrait s’y engouffrer…
    Si les expériences des unes aident les autres, tenez bon, on est sur la bonne voie… Ma vie est en train de se transformer radicalement depuis que j’ai cessé de me juger, depuis que j’apprends à m’aimer de tout mon cœur et depuis que je sais que je peux “avoir ce dont j’ai besoin” même du je ne suis pas parfaite…
    Des bises Marie

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  14. Marie says:

    Tes mots nous aident, Marie, sans aucun doute. Tu fais ton propre chemin et en le partageant avec nous, tu nous aides à avancer sur le notre. Même si nos parcours sont différents. C’est très réconfortant de savoir qu’on n’est pas la seule à se poser des questions sur nos erreurs passées. Pourquoi a-t-on accepté une situation qui nous faisait du mal ? Pourquoi n’a-t-on pas tapé du poing sur la table plus tôt ? Ces questions sont récurrentes dans la phase de reconstruction et tu nous aides à y répondre. Merci pour ça ❤

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Un petit mot doux pour la route...

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