Mais tire toi, Bordel!

J’avoue le titre n’est pas très poétique. Mais c’est celui qui convient le mieux à mon article.

Quand on a vécu quelque chose de difficile, on a tendance à vouloir éviter aux autres de le vivre, on a tendance à vouloir les empêcher de commettre les mêmes erreurs. On voudrait pouvoir faire ce que les autres voulaient faire quand nous étions au plus mal: les aider à partir ENFIN.

Le problème c’est qu’on ne peut rien faire. La décision de quitter quelqu’un est très personnelle. Personne ne peut faire la démarche à notre place. Et pourtant on paierait cher pour ne pas voir quelqu’un se faire avoir de la même manière, s’enliser dans une histoire sordide.

J’ai mis 4 ans à réaliser que je m’enlisais. Et il m’a fallu plus de 14 mois pour ne plus me sentir coupable d’avoir rompu. Je me souviens de tout, de cette envie de décrocher le téléphone, de cette envie de tirer un trait sur le passé, de le prendre dans mes bras et de lui demander pardon. Je me souviens des milliers de larmes que j’ai versé pour lui et que j’ai retenu devant ses larmes. Je me souviens de tous ces gens qui me disaient: Résiste, ne décroche pas, n’appelle pas, n’écris pas.

Au début ça faisait mal, très mal. Et puis la douleur s’est atténué. J’ai accepté d’être la méchante à ses yeux. J’ai accepté le fait qu’il ne reconnaîtrait jamais ses erreurs, qu’il ne prendrait jamais ma peine en considération.

Je les voyais autour de moi tous ceux qui pensaient tout bas: Mais tire toi. Les conseils sont facile à donner quand on n’est pas dans la situation. Vu de l’extérieur, tout paraît plus limpide. On se donne facilement le droit de juger celui qui reste, celle qui replonge à chaque fois.

Je ne voulais pas voir que je dérivais. J’étais certaine qu’il m’aimait, à sa manière et très mal. Je n’avais pas compris que lui et moi, nous n’étions pas faits l’un pour l’autre, puisque nous souffrions atrocement l’un avec l’autre. Et quand on souffre trop en amour, c’est qu’il y a un problème dans les tuyaux.

Aujourd’hui, quand je vois quelqu’un souffrir, à deux pas de moi, j’aimerai pouvoir saisir la personne et l’emmener loin de tout ce qui lui fait mal. Et me fait mal, par la même occasion, car avec chaque histoire je revis un peu la mienne. Je me sens impuissante et fragile…

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34 thoughts on “Mais tire toi, Bordel!

  1. asm0uille says:

    On pense pareil 🙂 C’est marrant parce que je me suis toujours demandée si j’étais “bizarre” de vouloir à tout prix protéger les êtres qui me sont chers… finalement, je me dis que non.

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  2. ifeelblue says:

    comme tu dis, le problème c’est qu’on ne peut rien faire, et c’est très frustrant de voir quelqu’un malheureux ou s’enliser dans une situation pourrie et ne pas pouvoir l’aider…

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  3. Illyria says:

    Très très juste article, rien de plus à dire, tu as tout dit. C’est vraiment difficile de quitter qqn parce qu’il faut le faire et pas parce que tu as envie de le faire…

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    • Marie-Aimée Kléber says:

      C’est un choix douloureux mais c’est aussi souvent un choix qui nous ouvre les portes d’une nouvelle vie, en accord avec nous-mêmes Illyria.

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  4. Linette says:

    C’est très juste. Le personne en situation ne voit pas la même chose que la personne extérieure. Et forcément, la personne extérieure est moins impliquée dans les conséquences de la décision à prendre aussi. Mais je te comprends tout à fait. Ca fait mal de voir les autres se faire du mal, d’autant plus quand on est très sensible.

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    • Marie-Aimée Kléber says:

      La vision est en effet différente Linette. C’est un cheminement très personnel, il faut juste l’admettre et ce n’est pas simple de s’y faire.

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  5. La Nature et moi says:

    C’est vrai qu’il est très difficile et délicat de donner ce genre de conseil à d’autres… Les relations humaines sont quelques fois si compliquées, et chaque situation tellement différente. J’apprécie beaucoup ton empathie, ton souhait de vouloir éviter aux autres de souffrir… On aimerait que notre vécu malheureux puisse au moins servir à plus de bonheur autour de soi. Grosses bises Marie ! Bonne journée.

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    • Marie-Aimée Kléber says:

      C’est tout à fait Karine, on voudrait pouvoir baliser le chemin de vie des autres pour qu’ils évitent de se prendre les pieds dans des pièges fous. Mais ce sont nos expérience qui nous font grandir, alors pourquoi vouloir à tous prix éviter aux autres de souffrir, je ne sais pas…
      Bises et bon dimanche Karine.

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  6. Petitgris says:

    Que ton article sonne juste ! Combien de fois me suis-je sentie impuissante à me dire : ” mais mon expérience n’aura donc servi à rien puisqu’elle s’enlise dans une situation sans issue ” ! Il apparaît donc que nous croyons toujours vivre une situation unique et ne voulons pas entrer dans la généralité ? Bon week end Marie Bisous

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    • Marie-Aimée Kléber says:

      Tout à fait Paulette. Ce qui est difficile en effet c’est de se dire que d’autres vont souffrir, que notre souffrance n’aura servi à rien. C’est la vie…
      Très beau dimanche à toi. Bises de nous deux.

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  7. Marie says:

    C’est très juste ! On voudrait toutes que nos erreurs de parcours servent au moins à préserver les autres, mais comme tu le dis, on ne peut pas décider à la place des autres, même si on crève de les voir malheureuses !
    Belle journée et bon week-end, Marie

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    • Marie-Aimée Kléber says:

      Tu as bien résumé ma pensée Marie. Ce n’est jamais évident de prendre du recul face à de telles situations qui réveillent souvent aussi des souvenirs douloureux. Profites pleinement de ton weekend Marie.

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  8. labiblidonee says:

    Rha ça c’est clair que ton titre exprime bien ce qu’on ressent dans ces cas-là !! Soit qu’on comprenne et qu’on se sente impuissant, soit qu’on ne comprenne pas et qu’on veuille persuader tant convaincre échoue tant que ce n’est pas le moment… Frustrant, mais passage obligé pour que la démarche finale de la personne soit efficace !

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  9. nani says:

    Passage ô combien difficile d’une vie affective… pour soi, et pour ceux qu’on aime.
    Surtout si l’on est d’une nature empathique élevée.
    Entre prise de conscience, et prise de décision, que de souffrances, de doutes, et d’angoisses…
    Mais il parait que ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort, comme quoi à toute chose malheur est bon…
    Merci pour cet article.
    Gros Bisous Marie!!

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    • Marie-Aimée Kléber says:

      “derrière chaque difficulté il y a une opportunité”, c’est ma devise Nani. C’est bon pour moi, mais quand les autres souffrent à côté de moi, j’ai déjà beaucoup plus de mal à gérer.
      Bises et très bon weekend ma belle.

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    • Marie-Aimée Kléber says:

      Merci ma belle. Je crois que nous pouvons toutes être fières de nous le jour où nous disons stop, ou nous décidons de mettre un terme à ce qui nous fait souffrir.

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  10. dhelicat says:

    Diff’icile Marie de donner ce conseil, difficile de se mettre à la place des autres, on part quand on peut prêt (e) ou quand on n’a pas d’autre choix pour se sauver parfois… C’est difficile de donner un tel conseil et pourtant nous on sait que l’on peut être mieux après, notre expérience peut aider l’autre en difficulté il faut juste être la écouter et tenter de dire les bons mots et ne pas juger car ce n’est pas si facile de décider de partir et tout quitter… Bisous Marie à toi et au petit homme bonjour à ta maman

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    • Marie-Aimée Kléber says:

      Ne pas juger, je crois que c’est la clé de tout, tu as raison Catherine. Etre là pour l’autre. Grosses bises, bon dimanche à vous deux.

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  11. Maïté says:

    Quand je vois dans quel déni j’étais par rapport à ma situation !! Pour sortir de là, il m’a fallu admettre mes erreurs, mes choix et accepter mes faiblesses. Et je suis sortie de ce déni quand j’ai réalisé que certse j’étais malheureuse mais surtout que mes enfants n’étaient pas heureux ! Et pourtant, des proches étaient là, m’ont fait comprendre que cette relation n’était pas bonne. Et même je le savais, mais c’était vivable… et j’avais toujours espoir qu’il se soigne et je me demande bien pourquoi car il n’a jamais rien pour me le laisser croire.
    Tout ça pour dire que non, on ne peut pas faire à la place de l’autre mais on peut être là pour lui dire clairement : je vois ce que tu vis, subis…et si tu veux je suis là pour toi : aujourd’hui pour parler et demain quand tu seras prête pour t’aider..car votre relation est néfaste.

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    • Marie-Aimée Kléber says:

      Je suis d’accord avec toi Maïté, même si dans bien des cas, il faut attendre un certain temps pour que nous mêmes prenions conscience de notre douleur et nous sentions prêts à dire “stop”. Il ne faut jamais être loin de ceux qui ont besoin de nous, jamais couper les ponts, jamais juger, être compréhensif et à l’écoute. Merci.

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  12. Beawritter says:

    Tu trouves toujours les mots justes, clair et concis, un bel article à l’image de ton blog. Effectivement il est difficile d’aider les autres à éviter de faire des erreurs que l’on a déjà commises, c’est dans la continuité des choses j’imagine. Il faut faire ses propres expériences…
    (dis doooonc j’ai des articles a rattraper moi, je suis de retour, ton blog est vraiment toujours aussi intéressant et florissant, bravo à toi, bisous ma belle ❤ )
    Beawritter

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    • Marie-Aimée Kléber says:

      Heureuse de te lire à nouveau Juju. Mille merci pour ton gentil commentaire. Il faut faire ses expériences, elles sont toutes enrichissantes mais on aimerait tellement que les autres ne souffrent pas autant que nous.
      Grosses bises et bon dimanche.

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  13. maviedebrune says:

    Je pense que tu parles un peu de moi dans tes mots…. Je suis désolé si à travers mes articles et mes mails je t’ai fait revivre tout ça… C’est pas cool car toi tu as tourné la page !
    Encore une fois je me reconnais bien dans tes mots…
    Je suis partie ma belle. Et j’essaye de ne pas me retourner. Je suis mal mais libre.
    Je t’embrasse fort.

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    • Marie-Aimée Kléber says:

      Ne t’inquiètes pas ma belle. Ce n’est pas que toi, c’est d’autres amies chères qui s’enlisent dans des histoires sordides qui les tuent à petit feu. C’est le monde autour de nous. Il faut faire avec.
      Tu es partie et je sais que c’est dur. Mais je sais aussi que c’est le meilleur choix pour toi car la vie est belle et la vie n’est pas que souffrance. Tu as de belles choses à vivre et un jour tu aimeras quelqu’un qui t’aimera en retour, qui t’aimera bien et tu n’auras pas mal.
      Grosses bises à toi et bon dimanche. Prends soin de toi.

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  14. PrettyCrazyGirl says:

    Je n’ai jamais vécu ce genre de situation mais ma meilleure amie l’a vécue… & pour avoir assisté à “ça” pendant de longs mois, je peux dire que je ne souhaite ça à personne… J’ai été celle sui lui disais “de se barrer” mais elle a mis un moment à comprendre… C’est difficile de quitter quelque chose.. c’est toujours une page qui se tourne..

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    • Marie-Aimée Kléber says:

      Il y a plusieurs étapes avant la prise de décision de partir. Chacun va à son rythme.
      La séparation est toujours un acte douloureux mais nécessaire…

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  15. Di-Day says:

    C’est très difficile de vouloir protéger les autres, surtout s’ils n’ont pas décider qu’il fallait que les choses changent. Je ne crois pas qu’on puisse ouvrir les yeux à ceux qui ont décider de ne rien voir… Et c’est terrible, de voir ces personnes couler, alors qu’on leur tend la main, mais qu’elles la refusent. Je comprends ta peine quand tu vois ces gens là. En voulant les sauver, on voudrait se sauver un peu soi même aussi. On ne peut qu’être là, quand ils en auront besoin! Courage Marie!

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  16. Di-Day says:

    Oh crotte, je crois que mon commentaire est passé à la trappe… tout ça pour dire que je comprends ton sentiment, mais je ne crois pas qu’on puisse aider ceux qui ne le souhaitent pas. En voulant les sauver, on aimerait se sauver un peu soi même. On ne peut que rester à l’écoute et être présent quand ils en auront besoin. Courage!

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    • Marie-Aimée Kléber says:

      On ne peut pas ma belle. Juste être présent et à l’écoute, comme tu le dis si bien. Je comprends mieux aujourd’hui dans quelle situation se sont retrouvés mes parents il y a quelques années. …
      Merci.

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