Vivre. Pour quoi faire ?

Je médite souvent sur la vie, sur le bonheur (comme c’est original, vous en conviendrez tous !). Pendant longtemps je me suis demandée, « pourquoi je suis sur terre ? » (encore très original comme interrogation). J’ai longtemps cherché une raison à ma présence ici-bas.

Et d’ailleurs souvent je me suis demandée quelle idée saugrenue avait traversé l’esprit de Dieu pour décider de me déposer un jour d’automne de l’année 1980 au CHU de Nantes entre les bras de mes parents éblouis, après une naissance catastrophe.

Vivre. Pour quoi faire ?

Vivre pour vivre. Je ne voyais pas très bien à quoi cela servait, puisque ma présence sur terre, ne m’offrait même pas la chance de pouvoir aider mes concitoyens dans la détresse. J’étais limitée dans ma carapace d’être humain.

Alors je me suis mise à rêver. Je suis devenue rêveuse à temps plein et dans toutes ces histoires que je me racontais, je pouvais être sûre que tout drame trouvait sa solution, toute dérive était stoppée, tout douleur guérie, toute trahison pardonnée.

Autant vous dire que le retour à la réalité était toujours surprenant et désarmant. C’est sûrement pour cela que rêver est devenu une porte de sortie, face à un monde qui me blessait terriblement.

Les années ont passé. Je me suis transformée en aventurière à la recherche d’un idéal et de la paix. Ma paix. A chaque fois que je m’en approchais, je recevais une claque dans la figure qui me faisait reculer. J’avançais. Je reculais. C’était éreintant. Je poursuivais un fantôme.

D’ailleurs j’en suis devenue un. Après avoir vécu des années de rêve, protégée par l’armure que j’avais construite moi-même, j’ai sombré dans un mal être qui n’a cessé de grandir. J’ai laissé tomber l’armure qui me tenait trop chaud et j’ai pris la détresse du monde en pleine figure. Pendant des mois, j’ai attendu que quelqu’un s’approche de moi, mette un doigt dans la faille brûlante, s’arrête sur mon désespoir et me tende la main. J’avançais dans un tunnel long et profond, un tunnel qui semblait être sans fin. J’étais un être perdu. Je n’avais plus d’idéal, ni de rêve. Je voulais juste voir la lumière percer au travers du voile épais de mon malaise.

Le monde me blesse toujours autant, mais certaines questions ont obtenu des réponses. Je ne suis plus à fleur de peau. Je suis dans la compassion mais plus dans l’autodestruction. Je ne pense plus que le malheur est un chemin de vie.

Vivre. Pour quoi faire ?

Vivre. Plus de pourquoi autour de ce mot noble. Vivre, aimer, partager, grandir, donner, rêver, apprendre, enseigner, respirer, méditer, prier, pleurer, être ensemble, pardonner, échanger, écrire, lire, danser, voyager, éduquer, être soi, chanter, se respecter, écouter, échanger. Vivre.

Voilà à quoi ressemble ma vie. Je ne cherche plus de raisons à ma présence sur terre. Je suis là. Je suis bien. Je vis.

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Image – WeHeartIt

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25 thoughts on “Vivre. Pour quoi faire ?

  1. Vivre c’est aussi aimer, détester, bonheur, malheur, encaisser, sourire, pleurer…. Souvent on aimerait être dans un ailleurs où tout est beau,idéal, sans faille…. Ton analyse est réaliste et nous sommes là pour avancer petit à petit ! Bisous Marie.

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    • Oui Béa il faut connaitre tous ces sentiments pour se sentir pleinement vivants. Laissons les choses se faire en douceur.
      Grosses bises et très bon weekend à toi.

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  2. Moi aussi, à une époque, je me suis posée cette question. Mais n’ayant pas le numéro direct de l’Au-delà, je n’ai pas eu LA réponse. J’ai parfois lu que c’était “un passage obligé”, un des différents mondes que nous traversons dans notre vie, qui ne serait pas restreinte à la vie sur Terre….Un monde où l’on apprend certaines choses avant de repartir vers d’autres horizons, comme quand on se réincarne, pour ceux qui y croit….Je me suis raccrochée à cette idée, n’ayant pas eu de meilleures propositions, et j’avoue que je suis moins “turlupinée”

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    • J’aime bien cette idée Linette. Merci de l’avoir partagée ici.
      Au fond on est bien ou l’on est.
      Bonne journée et bon weekend.

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  3. Vivre pour profiter de ce beau cadeau qu’est la vie en vivant intensément chaque instant et en pleine conscience de tous les petits bonheurs qui s’offrent à nous chaque jour! Bisous et belle soirée avec ton petit homme le plus beau cadeau de ta vie! Vivre pour le voir grandir …

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  4. Très joli texte, et pourquoi vivre? Peu importe dans le fond, on est là, donc autant en profiter et autant faire de notre vie une vie heureuse. C’est bien que tu aies pris conscience que le malheur ne soit pas un chemin de vie. On est là, donc autant faire en sorte que notre vie soit la mieux et plus heureuse possible.

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    • Tu as bien résumé ma pensée Illyria. Profitons de ce que nous avons aujourd’hui, tant que nous sommes en vie. La réponse à nos questions viendra un jour et ce jour marquera le commencement d’une nouvelle ère. Pas de précipitation…
      Merci et belle journée à toi avant le weekend.

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  5. Ma chère Marie, c’est avec le coeur battant que je te livre le secret de ma sérénité face aux grandes questions de la vie. J’ai enfin trouvé toutes les réponses dans un livre sacré, un livre ancien, ce livre qu’on appelle la Bible… Toute mon affection…

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    • Merci Karine. Tu ne vas pas me croire, mais depuis le début de l’année, je me suis mise à lire la Bible tous les soirs. Et j’y trouve beaucoup de paix.
      Douces pensées et bises de Paris

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  6. pas simple en effet d’avoir cette conscience d’être mortel. Parfois, j’envie les animaux qui ne font que vivre sans savoir qu’ils ont une fin…
    C’est paradoxal parce que j’ai peur de la mort, mais en même temps, je n’ai jamais trouvé de sens à la vie (c’est aussi une des raisons pour lesquelles je ne veux pas d’enfants). Je trouve que la vie est absurde et vaine, et pourtant j’ai peur de me dire au moment de mourir que j’aurais peut-être gâché ce temps qui m’est imparti sur Terre…
    Ma technique pour oublier tout ça, c’est de m’abrutir, d’avoir toujours des choses à faire, d’être entourée, mais là avec l’éloignement de qui tu sais, c’est beaucoup plus dur de lutter contre mes vieux démons.
    Bref, il faut essayer de positiver, et d’accepter la vie comme elle vient, sans chercher à trouver un sens à tout (mais il est vrai que c’est sans doute plus facile d’en trouver si on croit à un être supérieur!)
    bises 🙂

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  7. Ton billet me parle énormément, j’ai traversé une phase comme celle que tu décris, je me posais mille questions, je me demandais pourquoi j’étais là, quel sens donner à mon existence et je ne comprenais pas le monde autour de moi (je ne le comprends toujours pas bien), je me sentais mal avec la violence et les horreurs que je lisais dans les journaux, je prenais la fuite dans mes rêves, dans les livres, dans un monde virtuel.
    Puis, petit à petit, j’ai fait connaissance avec moi-même, j’ai chercher la sérénité les yeux ouverts. J’apprends encore, je me pose moins de questions… Il y a du progrès. Il y a mes enfants aussi, devenir maman ça a changé qui je suis et donné un sens à ma vie
    Et si ce monde n’est pas celui dans lequel je veux vivre, je crois que par des petites actions, des gouttes d’eau, je peux changer des choses, infimes, certes, mais changer quand même…

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    • Donner la vie donne un sens à la vie, c’est une certitude ma belle. Grâce à nos enfants nous ne voyions pas la vie de la même façon. J’aime ta façon de voir les choses, des petites gouttes d’eau qui feraient bouger les choses, qui font une différence…C’est poètique et très vrai je pense.
      Grosses bises et bonne journée.

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  8. Coucou Marie,

    Ton article résonne en moi, je me pose régulièrement ces questions et ta phrase de conclusion, je l’adopte !

    ” Je ne cherche plus de raisons à ma présence sur terre. Je suis là. Je suis bien. Je vis.”

    En tout cas moi je suis bien contente que tu sois là, en 2014, en train de bloguer et et que tu donnes et partages tout cela 😉

    Gros bisous Marie !

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    • Ton message me touche beaucoup Una Idea. Vivre sans se poser trop de questions, c’est déjà un premier pas. D’ailleurs je ne suis pas sûre que les réponses existent…
      Grosses bises et bon weekend.

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Un petit mot doux pour la route...

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