Femmes du Monde

Quelques lignes en l’honneur de 
toutes les femmes qui luttent jour après jour à travers le monde

 
Des cris, des rêves. 
Les volutes de fumée noire brisent ses chances d’un avenir meilleur. Derrière le mur de pierre, une femme s’éloigne. Elle sait désormais que d’elle tout dépend. Elle ira vendre ses charmes a un joueur de cartes, elle ira mendier quelques pièces pour nourrir les siens. Rien ne sera comme avant. Jamais.
Tu avances et tu retiens tes larmes. Leurs regards sont braqués sur toi et de leurs bouches ne sort que de la haine. Un coup d’œil, rapide, juste quelques secondes d’inattention et celui qui l’a vu t’a accusée de la pire des trahisons. Leurs pierres a la main, ils croient être bons. Levant les yeux au ciel tu pries pour que Dieu te tende la main.
Un autre matin, une autre raison. Tout ce que tu fais n’est jamais assez bien, la table n’est jamais assez belle, le pain jamais assez cuit, ta jupe jamais assez longue, tes mains jamais assez douces, tes amis toujours trop présents. Et pourtant tu t’excuses sans relâche, tu essayes de changer, les coups pleuvent sur toi et tu attends. Demain il te dira qu’il t’aime, il te demandera pardon. Demain tout peut changer. Ou pas.
Sous la douche. Tu ne comptes pas les heures. Tu frottes encore et encore. Sale jusqu’au bout des ongles, celui qui a fait ça devait savoir que tu ne valais rien. Tu frottes encore et encore. Ta peau est rouge. Un peu de sang qui coule. Et toutes ces larmes qui ne servent a rien, toutes ces nuits qui ne changent rien.
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La prise de sang est claire. HIV positif. Tu vas sûrement mourir mais tu n’y penses pas. Ton esprit s’évade. Et tes enfants ? Il passe ses nuits dehors avec des filles que tu ne connais pas. Leur parfum reste collé a ses chemises, tu ne demandes rien. Tu te mets au lit et tu attends. Son corps contre le tien, tu endures. HIV positif. Tu comprends.

Il n’y pas eu de cri. Elle a poussé, fort et tout s’est agité autour d’elle. Les lumières de la salle d’opération sont devenues plus blanches. Allongée sur son lit, elle se demande pourquoi. Un ange passe et dépose un baiser sur son front. Un frisson. La terre tourne mal. Une raison a sa peine, une réponse a sa  douleur – qui peut savoir ?
 
Geste machinal. Elle ne vomit plus comme avant. Elle est habituée. Combien de vies a-t-elle arrachées aux corps trop jeunes d’adolescentes pétrifiées ? Elle leur parle, essaye d’apaiser leur chagrin, de leur dire qu’un jour elles pourront a nouveau donner la vie. Quelques fois elle ne comprend pas pourquoi – A leur âge, elle jouait encore a la poupée.
 
De ta chambre donnant sur la cour, tu vois défiler des ombres, des femmes enveloppées de noir, presque des fantômes.  Tu pourras crier de toutes tes forces, rien ne changera. Ce soir tu te maries, l’homme tu ne le connais pas. Ni couteau, ni corde pour mettre fin au calvaire que te promets cette nouvelle vie.
Le drap  taché de sang te protège. Les vieilles sont venues dans la chambre à coucher avec leurs gris-gris – Tu auras un garçon, tu vivras vielle.

5+5, a,b,c
Tu ne sais pas. Tu sais faire 0 manger, changer les couches, repasser et coudre des pantalons pour ton père. Tu t’occupes de tes frères et sœurs. Tu n’auras jamais appris 0 lire parce que beaucoup disent que ça ne sert a rien. Tu n’es qu’une fille, souviens toi bien.
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