Laisses le pleurer !

La première qui me dit qu’élever et éduquer un enfant c’est du gâteau, je lui en colle deux (je déconne bien entendu !)

En tant que parents, on se pose tous des questions. A ce sujet, je vous conseille d’ailleurs le très bel article écrit par Malise que vous trouverez ICI. La règle de base c’est que chaque enfant est différent et que ce qui fonctionne pour un ne marche pas forcément pour l’autre.

Hier soir j’étais chez une amie qui a une petite puce de deux mois et demi. Quand je suis arrivée, la miss était calée contre sa maman dans son porte-bébé et cherchait tant bien que mal son sommeil.

Et oui, un bébé c’est un petit être qui pleure beaucoup, qui pleure quand il a faim, quand il est fatigué, quand il veut être pris dans les bras et quand ça ne va pas du tout. Accepter qu’un bébé pleure, c’est déjà accepter qu’on n’ait pas toutes les réponses et que quelques fois le laisser pleurer est la meilleure chose à faire.

Boubou est né et je venais de me réinstaller temporairement chez mes parents. Mes parents et moi n’avons pas forcément les mêmes principes éducatifs. Ma sœur et moi avons été élevées, comme beaucoup d’enfants de notre génération, « à la dure » comme on dirait aujourd’hui. Pas si dure que ça tout de même, pas si dure qu’à l’époque de nos parents ou grands-parents, mais un peu quand même. D’ailleurs nous étions des enfants disciplinées, très petites filles modèles, très discrètes, jamais un pet de travers.

Donc quand Boubou est arrivé, il a fallu composer avec nos idées à tous les trois sur la meilleure façon de faire. Etant donné que j’étais devenue en l’espace de quelques semaines, une maman solo, je ne voulais surtout pas être trop fusionnelle avec mon bébé. Certains penseront que c’est complètement crétin de penser ça, mais moi ça me rassurait.4944810516cdcf85d2a15b0968634dcb

Boubou pleurait beaucoup pour s’endormir. J’étais, comme beaucoup de mamans (et de papas aussi), tentée de le prendre dans mes bras à chaque cri, et je résistais tant bien que mal à la tentation. Mes parents, eux, pensaient bien évidemment qu’il fallait le laisser pleurer. A cette époque, j’avais l’immense chance d’être suivie par une pédopsychiatre qui me conseillait bien. Petit à petit, j’ai lâché du lest et éprouvé de moins en moins de culpabilité à le laisser pleurer, il en avait besoin pour trouver son sommeil. Vingt minutes, c’était la norme. Au-delà, j’allais le voir, j’essayais de l’apaiser, je lui parlais, je le berçais. Il finissait souvent par capituler et s’endormait bienheureux.

La période la plus critique était celle de la fin de journée. Je le portais alors contre moi ou m’allongeais en le calant sur mon torse.

Encore aujourd’hui il ronchonne un peu pour aller faire une sieste. Mais il trouve très vite son sommeil. Quand il dort dans un endroit qu’il ne connaît pas, je passe un peu plus de temps avec lui pour lui expliquer les choses, pour le calmer. Il en a besoin.

Au fond, j’y vais beaucoup au feeling. Je m’adapte à ses besoins. Je tente des choses et je reviens sur certaines de mes décisions aussi, si elles ne collent plus à son évolution. Je fixe des limites, en lui laissant une liberté d’action. Je le laisse encore pleurer, c’est sa manière de me dire qu’il n’est pas content et il a le droit. Je le laisse pleurer quand je n’arrive pas à savoir ce qui ne va pas. Mais je suis la première à sauter du lit quand il se tortille la nuit dans son lit, en plein cauchemar. Je ne le prends pas. Je m’agenouille près de lui et je lui caresse le visage ou la main.

C’est ma technique à moi. Elle n’existe dans aucun manuel. C’est celle qui nous correspond le mieux. Pour d’autres, il faudra plus de contact physique ou moins de limites. Je crois qu’il appartient à chacun de composer avec ses valeurs, ses idées, ses envies. Il n’y a pas de recette miracle.

Gardons juste en mémoire qu’un enfant a avant tout besoin de sécurité, de reconnaissance, d’encouragement et d’amour !

 Crédit photo – Pinterest

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8 Comments

  1. Linette says:

    Tant qu’on n’a pas eu d’enfant, on ne sait pas ce que c’est. Et y’a toujours un petit malin (qui n’a pas d’enfant bien sûr), qui sait mieux que toi ce qu’il faut faire…J’ai fait parti de ceux qui avait leur avis, avant d’avoir des enfants mais j’essayais de ne pas trop le dire parce-que je savais que n’ayant pas encore eu d’enfant, je pouvais aussi me tromper. Finalement, on ne s’en ai pas trop mal sortis et on est plutôt contents du résultat…On n’avait pas mal lu sur le sujet, on ne voulait surtout pas avoir des enfants “rois”. Et on ne voulait pas non plus être trop stricts avec nos enfants, on voulait être à l’écoute. Ni moi, ni mon mari ne voulions reproduire le modèle de nos parents. Pour l’instant, elles ont 10 et 13 ans, et ça se passe bien. Pourvu que cela dure….

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    1. Marie-Aimée Kléber says:

      Il faut trouver le juste équilibre, Linette. Moi aussi avant d’avoir un enfant, j’avais des idées sur beaucoup de choses. J’ai bien changé et de nombreuses idées reçues se sont vite fait la malle.
      Il n’y a pas de raison que ça ne dure pas, il y aura peut-être juste un cap difficile à l’adolescence, quoique rien n’est jamais vraiment sur!
      Belle journée à toi

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  2. Marie says:

    Eh non, il n’y a pas de recette miracle. J’ai entendu ça très souvent aussi : “Laisse-le pleurer”. Mais moi, j’ai jamais pu. Je me dis qu’on est bébé qu’une seule fois. Que c’est le moment pour eux de faire le plein de câlins, qu’ils engrangent pour leur vie entière.
    Il y a déjà bien assez de choses sur lesquelles on ne peut pas transiger. Je trouve qu’on peut lâcher un peu sur des choses moins importantes (comme dormir avec maman, par exemple, ou plus tard, vider son assiette – mon cauchemar d’enfance !).
    En tout cas, c’est ce que j’ai fait quand les miens étaient petits. A un moment donné, l’urgence pour moi, pour ma santé, était de dormir. J’étais vraiment épuisée. Et à ce moment-là, l’endroit où chacun dormait n’avait plus d’importance, du moment que tout le monde dormait.
    On a fini par acheter un très grand lit 🙂
    Une fois passé ce cap de crise, les choses sont petit à petit rentrées dans l’ordre d’elles-mêmes et mes petits ont fini par rejoindre leurs grands frères dans leurs chambres, et même dormir à l’heure !
    Faut juste laisser du temps au temps…

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    1. Marie-Aimée Kléber says:

      Je suis bien d’accord Marie. Et je trouve qu’on devrait moins culpabiliser les parents aussi. Parce que trop souvent on fait peser sur les épaules toutes les responsabilités du monde.
      Le câlins, les bisous, la tendresse, c’est maintenant et ça fait du bien. Chacun son rythme!

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  3. J’aime ta façon de faire avec Boubou… Il n’a aucun doute sur ton amour, ça s’est certain !!!

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    1. Marie-Aimée Kléber says:

      Merci Karine! C’est sur que je l’aime ce petit homme…
      Grosses bises et belle journée.

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  4. Maman Yuki says:

    Bien d’accord avec toi, c’est totalement différent d’un bébé à l’autre! Certains bébés pleurent parce qu’ils sont angoissés, d’autres seulement parce qu’ils ne sont pas contents qu’on les mette au lit.
    La petite viking pleurait aussi dès qu’on la couchait et était en plus incapable de s’endormir ailleurs, même dans les bras. Donc au bout d’un moment elle faisait des crises de nefs interminable dues à la fatigue. Donc on a bien vite compris que soit on la laissait pleurer, soit elle ne dormirait plus du tout. On s’est dit qu’il valait mieux qu’elle pleure 10 min dans son lit que 3h dans nos bras… Et c’est ce qu’il fallait! Elle était tout de suite plus reposées, on profitait bien mieux d’elle et elle de nous, elle mangeait mieux, etc…
    Pour autant je n’irais pas dire à des parents de laisser pleurer leur bébé s’il ne le font pas! Chaque bébé a des besoins différents et seuls les parents savent ce qui est bon pour lui 🙂

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    1. Marie-Aimée Kléber says:

      Merci Maman Yuki. C’est l’esprit, il faut vraiment s’adapter à son enfant. Les grands principes se font vite la malle quand on doit faire face aux premières grandes décisions d’éducation.
      Bienvenue ici!

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