Et si nous apprenions à savourer la vie…

Alors oui je sais j’avais décidé de faire une pause, mais quelques fois les événements de la vie nous rattrapent  et l’envie d’écrire s’impose comme un ultimatum.
 
La maladie, la mort, on en parle souvent. On se dit que désormais on va voir la vie différemment, on va ouvrir nos yeux et notre cœur à la magie de l’instant, on va profiter de chaque minute comme si c’était la dernière et dire “je t’aime” aussi plus souvent.
Et on n’y arrive jamais. 
 
On continue à rouspéter dans les embouteillages, à se disputer pour un rien, à s’envoyer à la figure des mots qui blessent, à faire attention à ne pas mettre de terre sur le tapis du salon, à s’inquiéter de ce qu’on fera demain.
 
On est vite repris dans la panique du quotidien. On ne prend plus le temps de faire une pause, de méditer sur nos réalisations ou même de prier. Comme dans un tourbillon sans fin, on finit par en oublier que la vie est belle.
 
Et puis une mauvaise nouvelle arrive, un jour comme ça. Une personne que l’on connaissait vaguement. Elle faisait partie de notre univers, des meubles si je puis dire. Tant que tout allait, on ne pensait plus, qu’en une seconde, une vie peut basculer.
Il a suffit d’un coup de fil, de larmes à l’autre bout et puis d’un verdict – coma – pour nous plonger encore une fois dans la tristesse. 
 
 
Nous nous tenons là, dépourvus de mots. Autour il y a la vie. En nous, c’est le vide. Nous n’avons pas su tenir nos promesses, nous n’avons pas profité pleinement de nos proches. Nous n’avons pas mis en pratique les leçons apprises. Nous sommes restés les mêmes, seules les rides qui se forment sur nos visages nous montrent que nous avons vieilli. Les bonnes résolutions sont tombées dans les oubliettes.
 
Cette fois-ci, comme les fois précédentes, on se dit qu’il est temps d’arrêter la machine infernale, de faire une pause, d’apprendre la leçon, de la comprendre et de ne pas se laisser prendre au piège d’une société qui nous tue subtilement, doucement.
 
C’est étrange, quand nous étions plus jeunes, nous savions que la vie est un cadeau, nous n’avions pas peur de prendre des risques, d’oser, de savourer chaque petit bonheur. Aujourd’hui nous pensons que tout cela était bien naïf, notre leitmotiv “la vie est un combat” ne nous quitte jamais.  
 
Et si pour une fois nous laissions l’enfant qui est en nous prendre les commandes. Et si pour une fois nous acceptions de vivre pleinement, pour que le jour où la maladie ou la mort frappera à notre porte, nous puissions l’accueillir avec sérénité…
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7 Comments

  1. bea says:

    Un article très émouvant. Comment ne pas réagir, moi qui est perdu mon fils de 17ans décédé dans un accident de la route il y a 5 ans. Un beau billet, bonne journée Marie, bises.

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  2. •✰ •✰ •✰ •✰ •✰ •✰Tu as tout à fait raison chère Marie. J'aime l'idée de laisser parler l'enfant qu'il y a en nous.Passe un bon après-midiGROS BISOUS ensoleillés d'Asie jusqu'à chez toi :)•✰ •✰ •✰ •✰ •✰ •✰

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  3. Tu as raison, on se dit qu'il faudrait revenir à l'essentiel, savourer chaque instant, profiter de ses proches parce que qui sait si demain nous serons toujours là ? Mais le fait-on vraiment ? Je suis désolée pour la personne que tu as perdu…

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  4. Merci Nancy! J'ai l'impression que si nous laissions à l'enfant de la place, il nous guiderait vers une plus belle version de nous-même. Much love from France!

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  5. Il faudrait arriver à le faire, c'est un combat contre beaucoup de forces contraires, mais c'est un combat qui vaut le coup – demain ne devrait jamais être le gouffre de nos regrets.Des bises et merci

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  6. Ma chère Béa…….je ne peux qu'imaginer la perte d'un enfant, la déchirure et la plaie qui ne se referme jamais. Douces pensées.

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  7. Merci pour ce billet très touchant. Dire les choses, ça aide.

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